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Paris déroule le tapis rouge pour les entrepreneurs étrangers, et pour la France

Paris est l’ambassadrice du tissu entrepreneurial français dans le monde. C’est le rôle qu’elle s’est vu attribuer, à l’occasion de la présentation du label «French Tech Ticket» cette semaine à l’Hôtel de Ville. Le dispositif, taillé sur mesure pour la capitale aux 40 incubateurs, offre la possibilité à 50 entrepreneurs étrangers de venir développer leur start-up dès janvier 2016, intra-muros, pendant six mois. De fait, le ministère de l’Economie et la Ville partagent un objectif à la fois commun et distinct. D’un côté, Bercy veut montrer au monde le rayonnement économique de la France numérique, à travers Paris. De l’autre, Paris, qui veut devenir la capitale mondiale des start-up.

Pour en parler, Frenchweb a reçu Axelle Lemaire, Secrétaire d’Etat chargée du Numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet, présidente du groupe UMP au Conseil  de Paris et Jacques-Antoine Granjon, PDG fondateur de Vente-privee.com

Au final, tout le monde s’y retrouve, et le French Tech Ticket avance ses arguments pour attirer les talents étrangers. Londres qui veut séduire avec la Tech City, Berlin, Amsterdam soutenue par l’europénne Neelie Kroes… Paris devait donc réagir pour tailler sa place face à la concurrence des voisines. Sa première arme est de faciliter les étrangers à obtenir un visa d’entrepreneur. Une promesse du président de la République finalement tenue, deux ans après son annonce lors des Assises de l’entrepreneuriat.

Autre argument pour détourner la fascination pour la Silicon Valley, un ticket de 12 500 euros octroyé aux créateurs pour la durée de leur séjour. Paris ouvre d’ailleurs grand les portes de ses incubateurs, privés comme publics (Paris & Co, Numa, 104 Factory entre autres), pour un hébergement entièrement gratuit. Cerise sur le gâteau, les entrepreneurs n’auront pas à apprendre le français administratif. Ils auront un «référent» pour les aider à y voir plus clair.

Trouver la bonne équation pour les régions

Côté financements, la BPI qui prend en charge la totalité du programme, va dédier une enveloppe de 5 millions d’euros par an. Pour Paris, pas de financements directs, la capitale optant depuis quelques années pour un désengagement du public en faveur des initiatives privées. «Elle met à disposition son parc immobilier, et pourra recommander les pépites auprès du fonds Paris Innovation Amorçage (PIA), dans un second temps», explique Jean-Louis Missika, adjoint au maire en charge de l’urbanisme.

Dans l’immédiat, le label French Tech Ticket et son «FTT» doivent résonner à l’international et susciter l’intérêt auprès des cibles (étudiants et jeunes entrepreneurs). C’est le très large réseau diplomatique représentant la France à l’étranger qui doit s’en charger. Mais avant de franchir les frontières du monde, FTT (.paris) est aussi censé profiter aux villes labellisées «French Tech» qui ont inspiré son nom. Il faudra pourtant une année d’expérimentation avant à Paris pour pouvoir déployer le label aux métropoles qui « en feront la demande », répond Axelle Lemaire, la secrétaire d’État au Numérique. Il faudra aussi que toutes les équipes, en régions, à la French Tech, et à Bpifrance trouvent très bientôt une équation simple pour adapter le label parisien aux écosystèmes locaux. Tous les acteurs sont prêts à s’y mettre, mais il n’est pas certain que les entrepreneurs étrangers les attendent.

Jeanne Dussueil

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