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Rakuten versus SoftBank: la bataille de deux géants du web japonais

SoftBank achète le Finlandais Supercell, et multiplie les acquisitions…

1,53 milliards de dollars (soit 1,13 milliards d’euros) : c’est ce qu’aura déboursé le japonais SoftBank –  spécialisé dans les telecoms, le digital et l’e-commerce – pour acquérir 51% du capital de la société finlandaise Supercell, éditrice des jeux « Clash of Clans », disponible sur iPhone et Android, et « Hay Day », dont le chiffre d’affaires frôle les 180 millions de dollars. Il faut dire qu’elle dégage pour 2,4 millions de dollars de ventes quotidiennes grâce à ses produits.

Il s’agit de la première opération dépassant le milliard de dollars dans le secteur des jeux pour téléphone mobile depuis le rachat de PopCap par Electronic Arts en 2011 pour 1,3 milliards de dollars.

SoftBank, 3ème opérateur mobile au monde

SoftBank, qui est l’un des plus gros opérateurs téléphoniques au pays du soleil levant, accélère les opérations de croissance externe ces derniers temps. Parmi les entreprises dont elle possède des parts on retrouve Yahoo! Japon bien sûr mais également des géants du e-commerce comme le Chinois Alibaba ou l’américain Gilt Groupe, des agences publicitaires avec CreativeBank ou des spécialistes du broadcasting sur internet avec Ustream.

Mais SoftBank voit de plus en plus son avenir au-delà de ses frontières et hors-Asie en élargissant ses activités aux Etats-Unis et en Europe. Avant le finlandais Supercell, SoftBank a pris une part majoritaire dans l’opérateur américain Sprint dont l’opération a été bouclée en juillet 2013 lui permettant ainsi de devenir le troisième opérateur mobile au monde, la plus grosse opération réalisée par une firme japonaise à l’étranger.

L’emblématique Masayoshi Son

Il faut dire que Masayoshi Son, le fondateur de SoftBank en 1981, tout aussi connu sous la casquette d’investisseur tous azimut dans l’internet et les télécommunications, étend ses activités hors de ses frontières traditionnelles: rapport à une démographie nippone en baisse, et la volonté d’être global.

ofrbs-usa-sprint-softbank-20130512_paysage360Celui qui constitue la troisième plus grande fortune du pays avec plus de 9 milliards de dollars, selon le magazine américain Forbes, et recense plus de 1,9 millions de followers sur Twitter, poursuit donc ses objectifs coûte que coûte et semble prêt à y mettre le prix, y compris lorsque l’agence Standard & Poor’s abaisse la notation de SoftBank en catégorie spéculative à cause de l’endettement provoqué lors de l’acquisition de Sprint.

Figure emblématique au Japon, le patron de SoftBank fait don de 120 millions de dollars en 2010 au nom de la société pour venir en aide aux victimes du tremblement de terre qui a secoué le pays, en plus d’une contribution sur ses deniers personnels. Suite à la catastrophe, il n’avait d’ailleurs pas hésité a se déplacer sur le terrain politique en interpellant le Premier ministre de l’époque pour contester le redémarrage trop rapide de certaines centrales nucléaires.

Face à lui, Hiroshi Mikitani, le PDG de Rakuten, la plus grande plateforme d’e-commerce au Japon avec 50 millions d’utilisateurs, et rival de Masayoshi Son. [voir notre interview de Hiroshi Mikitani en 2012]

Hiroshi-Mikitani-rakuten-550x355Une rivalité qui s’est renforcée lorsque Yahoo! Japon, en partie détenu par SoftBank, a décidé de baisser les frais mensuels des marchands inscrits sur le portail. Une politique agressive qui aurait abouti à plus de 10 000 demandes de souscription émanants de commerçants et 16 000 d’individus, parfois au détriment de Rakuten, dirigé par M. Mikitani.

Pourtant, les deux hommes-phares de l’internet japonais se connaissent bien, et ce depuis les années 1990 lorsque ce dernier conseillait le fondateur de SoftBank alors qu’il travaillait à la Banque industrielle du Japon.

En s’intéressant tous deux au secteur du commerce en ligne, les deux entreprises sont désormais de plus en plus souvent concurrentes frontalement, et si SoftBank semble multiplier les prises externes, Rakuten accélère lui aussi sa politique d’acquisition avec Buy.com pour 250 millions de dollars et le français PriceMinister pour 200 millions d’euros en 2010, le Canadien Kobo, spécialiste des ebooks, pour 315 millions de dollars en 2011 et, récemment, la plateforme de vidéo Viki basée à Singapour pour une valeur estimée à 200 millions de dollars.

La bataille n’est donc pas terminée dans l’internet japonais. Après le rachat de Supercell cette semaine, SoftBank confirme être en discussion avec le distributeur américain de téléphones mobiles Brightstar en vue d’un probable rachat. La transaction pourrait franchir le cap du milliard de dollars (730 millions d’euros). Affaire à suivre.

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