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Startups : 15 avantages et risques d’une entrée en bourse

Une entrepreneuse côtée en bourse, un investisseur et un stratégiste apportent leurs réponses

Avec Twitter au New York Stock Exchange jeudi et Numéricable sur la place de Paris en compartiment A ce vendredi, la semaine est chargée du côté des entrées en bourse. Si l’on se focalise sur des sociétés de plus petites tailles, quels sont les avantages et inconvénients à entrer en bourse ?

Frenchweb a interviewé trois personnalités pour décrypter le sujet.

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Yseulys Costes est co-fondatrice de 1000mercis, une startup entrée en bourse en 2006. Elle a précédemment travaillé à l’IAB (Interactive Advertising Bureau.

  • 1. L’accès au marché : la bourse offre une source de financement alternative pour déployer sa stratégie, réaliser des opérations de croissance externe, procéder à des investissements. C’est souvent la première des motivations.
  • 2. Un facteur de notoriété : Elle met un coup de projecteur sur des compétences, des équipes, des savoir-faire. L’introduction en bourse a été pour nous une étape qui nous a permis de mieux nous faire connaître auprès d’un plus large public.
  • 3. Une plus grande transparence : la bourse contraint les entreprises à plus de clarté dans la stratégie, les publications périodiques des résultats, les échanges avec la communauté financière… J’ai la conviction que cet exercice peut constituer un vecteur de croissance.

 

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Frédéric Fréry est Directeur Scientifique de la Chaire ESCP Europe/KPMG Stratégie des Risques et Performance. Il est spécialiste de la stratégie, de l’innovation et des entreprises virtuelles.

  • 4.L’introduction en bourse permet d’apporter les fonds nécessaires à la croissance : au-delà d’un certain besoin de financement, le recours aux investisseurs de type business angels ou fonds d’investissement ne suffit plus.
  • 5. Fluidifier le marché : cela permet également aux investisseurs de départ, business angels, fonds d’investissement, entrepreneurs, collaborateurs rémunérés par des des actions… de réaliser une plus value en revendant tout ou partie de leurs parts.
  • 6. Gagner en crédibilité sur son marché : entrer en bourse, c’est pour beaucoup d’entrepreneurs une forme de consécration, c’est acquérir une crédibilité supérieure : devenir une société cotée, c’est faire partie de l’aristocratie des start-ups.

 

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Jean-David Chamboredon est président exécutif de Isai Gestion, un fonds tenu par des entrepreneurs reconnus (Skype, Lastminute, PayPal, Netscape, Meetic, Free…)

  • 7. Lever des fonds plus rapidement qu’auprès des acteurs du capital-investissement : une entrée en bourse permet pour une société de lever de l’argent. Il est probable que la création du PEA-PME créera une demande à Paris et qu’une telle levée de fonds soit dans certains cas plus facile (ou moins dilutive) qu’une levée réalisée auprès des fonds de capital investissement.

Ce scénario n’est envisageable que pour des sociétés ayant atteint une certaine taille avec un business model valide et explicable au marche boursier, plutôt que pour les startups…

 

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Frédéric Fréry est Directeur Scientifique de la Chaire ESCP Europe/KPMG Stratégie des Risques et Performance. Il est spécialiste de la stratégie, de l’innovation et des entreprises virtuelles.

  • 1. La complexité : l’introduction en bourse est un processus complexe, coûteux et risqué : il faut généralement faire appel à une banque spécialisée, qui achète les titres avant de les revendre au marché. Or, ces intermédiaires réclament une rémunération conséquente, et de temps à autre – comme cela a été le cas pour Facebook – ils se trompent dans leur estimation de cours d’introduction, ce qui nuit à l’image de l’entreprise.
  • 2. Une exposition qui requiert une très grande discipline : être une société cotée entraîne une série d’obligations d’information auprès du marché boursier : il faut détailler précisément tous les éléments de l’activité dans des communications financières régulières, ce qui impose une grande discipline de gestion et des systèmes d’information exhaustifs. Une société cotée est beaucoup plus exposée et doit être beaucoup plus transparente.
  • 3. Etre soumis à « la loi du marché » : être coté, c’est aussi devoir se soumettre aux exigences des analystes, qui peuvent contraindre l’entreprise à changer de stratégie lorsqu’ils estiment que cela leur sera plus profitable. Paradoxalement, alors que l’introduction en bourse permet de lever des fonds supplémentaires, elle peut donc se traduire par une perte d’indépendance stratégique. C’est pour regagner cette indépendance que Dell cherche actuellement à se retirer de la bourse.
  • 4. Une plus grande vulnérabilité face aux OPA : être côté, c’est s’exposer au risque d’OPA. Pour éviter ce risque, l’exigence de performance devient incontournable.

 
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Jean-David Chamboredon est président exécutif de Isai Gestion, un fonds tenu par des entrepreneurs reconnus (Skype, Lastminute, PayPal, Netscape, Meetic, Free…)

  • 5. Sous-représentées à Paris, certaines valeurs internet sont sorties de la bourse : la bourse de Paris compte très peu de valeurs internet, beaucoup de sociétés entrées de 2004 à 2007 en sont ressorties (seloger, meetic, emailvision, meilleurtaux, leguide…) – il est donc probable que les analystes chargés des small caps (petites capitalisations boursières, ndlr) ne soient pas aussi pointus que ceux du Nasdaq, que les volumes d’échanges sur les titres soient très modestes et les cours de bourse très volatiles… La vie boursière de ces ex-startups sera donc pour beaucoup d’entre elles difficile et ingrate mais, au moins, elles auront levé du cash lors de leur introduction.

 

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Yseulys Costes est co-fondatrice de 1000mercis, une startup entrée en bourse en 2006. Elle a précédemment travaillé à l’IAB (Interactive Advertising Bureau.

  • 6. Une opération qui requiert beaucoup de temps et de ressources : il faut être conscient qu’une introduction en bourse est un processus qui mobilise beaucoup d’énergie et prend du temps. L’équipe dirigeante est très sollicitée et il faut une organisation particulièrement efficace pour gérer, en plus d’une activité en croissance, les relations avec les partenaires qui vous accompagnent. Je me souviens par exemple avoir passé quelques nuits au bureau sur notre document de référence.
  • 7. Une opération coûteuse : l’entrée en bourse a également un coût en terme de cotation, tenu de compte, honoraires de conseil, recrutement le cas échéant. C’est un point qu’il ne faut surtout pas négliger au moment de se lancer dans l’aventure.
  • 8. Des réglementations qui changent régulièrement : l’introduction en bourse a été pour 1000mercis l’occasion d’associer les équipes au capital de l’entreprise à travers notamment l’attribution d’actions gratuites. Lorsque nous sommes entrés en bourse début 2006, c’était un dispositif particulièrement motivant pour les équipes. On peut regretter que l’alourdissement progressif de la fiscalité sur les actions gratuites l’ait de fait rendu inopérant.

 

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Olivier Harmant

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