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Télécoms: les « fréquences d’or » comme complément de la 5G?

AFP

Surnommée les « fréquences d’or » pour sa capacité de couverture et sa pénétration des bâtiments, la bande des 700 mégahertz (MHz), payée au prix fort mais sous-utilisée par les opérateurs français, pourrait enfin être utile, en complément des fréquences 5G attendues fin 2019, selon des experts.

Fin 2016, les opérateurs avaient versé 2,8 milliards d’euros à l’État, qui cherchait alors à boucler son budget Défense, pour une fréquence qui n’était pas totalement libérée, un montant élevé qui « a eu un impact sur la capacité d’investissement des opérateurs», explique Arthur Dreyfuss, le président de la Fédération française des télécoms (FFT). Car, occupée par la télévision, cette « fréquence d’or » n’est devenue que progressivement utilisable par les télécoms: « cela s’est fait petit à petit sur l’ensemble du territoire, la 700 n’est réellement totalement disponible que depuis trois mois», rappelle Sylvain Chevallier, associé au sein du cabinet Bearing Point.

Surtout, disposant de la bande voisine des 800 MHz, aux propriétés proches, les opérateurs n’en ont pas encore l’utilité, à l’exception notable de Free qui « n’avait pas accès à cette bande de 800 MHz », étant arrivé le dernier sur le marché, souligne Frédéric Pujol, directeur d’études pour l’Idates. Ainsi, si Bouygues Telecom, Orange ou SFR disposent de plus de 17 000 sites chacun sur la bande 800 MHz, ils ont en revanche, à eux trois, activé trois fois moins de sites 700 MHz que Free, qui en a déployé 9 000.

Une fréquence déjà embouteillée

Alors que l’Etat va désormais attribuer les fréquences de 3,5 GHz, officiellement estampillées « fréquences 5G », la question de l’utilité des « fréquences d’or » se pose désormais. La 5G doit permettre aux opérateurs d’absorber l’augmentation du trafic de données et dans le même temps commencer à proposer de nouveaux services, tant aux consommateurs qu’aux entreprises, grâce à ses débits démultipliés.

A l’inverse, la bande des 700MHz ne pourra pas répondre à ce type de besoin, ce qui en limite potentiellement l’intérêt. « Ce n’est pas la bande la plus adaptée pour fournir des débits importants. Mais, combinée à d’autres fréquences, elle peut proposer un débit malgré tout intéressant sur la 4G ou même la 5G», confirme Frédéric Pujol.

L’une des raisons est que les fréquences les plus élevées sont déjà moins utilisées, quand les plus basses doivent être partagées avec d’autres usages: TNT, radars de l’aviation civile, Galileo et le GPS ou encore systèmes militaires se les partagent, ne laissant que peu d’espace libre aux télécoms. Or, avec des blocs de fréquence réduits, il est difficile de faire transiter beaucoup de trafic.

« Pas pour tous les usages »

« Ce sont de toutes petites quantités de fréquences, 10 à 20 MHz par opérateur», souligne Thomas Coudry, analyste télécoms pour Bryan, Garnier and Co, « à l’inverse de la bande 3,5 GHz dont plus de bande sera disponible même si ses propriétés physiques sont moins bonnes». « On ne peut pas faire des débits monstrueux sur la 700MHz», renchérit Sylvain Chevallier, associé au sein du cabinet BearingPoint, « mais combinée à de la 800 MHz par exemple, c’est une excellente réponse à la saturation des réseaux». « Elle va avoir beaucoup d’utilité mais en complément de la bande 3,5 GHz», insiste également M. Dreyfuss.

Car sur la bande des 3,5 GHz, les opérateurs devraient disposer de blocs plus importants qui leur permettront d’absorber plus de trafic de données et éviter ainsi la saturation potentielle de leur réseau, avec cependant une limite: une portée nettement moins bonne que sur les fréquences jusqu’ici employées dans le mobile. « Cette fréquence ne sera pas pour tous les usages», souligne un spécialiste du secteur, « on peut imaginer que pour les usages professionnels plus locaux ou pour les objets connectés, la bande 700 MHz aura plus d’utilité».

Une répartition via les fréquences qui rappelle également une réalité pour l’heure peu avancée par l’industrie: la 5G, qui n’arrivera pas tout de suite, ne sera sans doute pas déployée partout, laissant encore une large part du territoire à la 4G, qui répondra à la plupart des besoins.

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