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10 raisons pour lesquelles Facebook a fermé Parse

En résumé: pourquoi s’embêter avec 600 000 développeurs quand on touche déjà 1 500 000 000 d’utilisateurs?

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L’analyse concise de Keith Rabois, ex-COO de Square.com et partner chez Khosla Ventures

Depuis l’annonce de la fermeture de Parse vendredi 28 janvier, les spéculations vont bon train, alimentées par la grogne généralisée de la communauté des développeurs.

Aux dernières nouvelles, plus de 600 000 développeurs utilisaient Parse et doivent soudainement se tourner vers des services alternatifs, sous peine de perdre des datas cruciales pour leur business.

Deux tiers de ces développeurs environ, utilisaient Parse pour son service «Core» d’hébergement cloud, et un tiers environ pour son service «Push» de notifications push & CRM mobile.

Alors pourquoi fermer un service leader dans sa catégorie, immensément populaire, et très apprécié des développeurs?

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Tweet de Julien Lesaicherre, ex-patron Europe de Parse,qui a depuis rejoint l’équipe de Facebook at Work EMEA.

6. Pas de Facebook connect.​ L’offre de Parse était principalement utilisée pour son service Core (hébergement cloud), puis Push (notifications pushs). En regardant dans le détail, on voit donc peu d’incentive pour les développeurs à connecter leurs applications à Facebook au travers du fameux “Facebook Connect”. Finalement, le service ne servait pas tant que cela les intérêts supérieurs de Facebook (connecter la planète).

7. Concurrence interne.​ Parse évoluait, sans réelle synergie, à coté du SDK Facebook (celui qui permet d’ajouter le Facebook Connect, le tracking des Mobile Ads, le Facebook Audience Network, les Facebook Analytics, etc. – bref LE service principal de Facebook pour les développeurs). Ce besoin de simplification de l’offre a du aussi motiver la décision d’arrêter le service.

8. Une situation financière entièrement différente.​ En 2013, au moment du rachat de Parse, les revenus de Facebook n’avaient rien à voir avec les 3,5 milliards d’EBITDA constatés en 2015, notamment grâce à l’essor des Mobile Ads qui ont littérallement explosé la même année, grâce au partenariat avec Apple. À cette époque, la concurrence frontale dans le cloud avec Google, Microsoft et Amazon, pouvait sembler beaucoup plus logique.

9. Une position difficile.​ Comme on le constate aujourd’hui, être responsable de l’infrastructure d’autrui (600 000 développeurs sur Parse aux derniers chiffres annoncés) est une responsabilité importante et un véritable sacerdoce dont Facebook a sans peut-être souhaité se débarrasser – la grande majorité étant de toute façon des clients à faible potentiel de monétisation. L’ADN de Facebook réside dans la gestion algorithmique et humaine de centaines de millions d’utilisateurs sur ses réseaux sociaux, peut-être un peu moins dans le « customer support » pénible et couteux d’une communauté de développeurs. Les développeurs de Parse devaient de toute façon répondre eux même à leurs questions techniques sur des forums.

10. Une vision différente du futur.​ Enfin, comme toujours avec Facebook – qui n’est pas du genre à sacrifier un cavalier sans raison – il est probable que la conférence Facebook F8 d’avril réserve ses surprises. On ne serait pas étonné de voir l’équipe de Parse se réincarner d’une manière ou d’une autre dans la très attendue «Messenger Platform» à laquelle Ilya Sukhar – l’ex CEO et fondateur de Parse – avait contribué avant son départ.

Pour résumer, l’arrêt de Parse est une petite bombe dans le landerneau des services mobile: pour les éditeurs de solutions concurrentes, cette disparition redistribue durablement les cartes, notamment dans l’hébergement cloud et le CRM mobile.

Pour les éditeurs d’applications, ça n’est sans doute qu’un grincement de dents passager.

D’abord, beau joueur, Parse a open-sourcé une partie de son code. Ce qui permettra aux développeurs de déployer leur propres serveurs Parse sur des plateformes comme AWS, Digital Ocean ou autre. Ou alors de se tourner vers des alternatives comme Firebase, le service de Google. Dans tous les cas, cette solution se fera sans évolution et sans maintenance.

Enfin, c’est un énième rappel. Qu’il vaut souvent mieux faire confiance à de petits acteurs spécialisés, dont la technologie et le service sont la finalité, plutôt qu’à de grandes plateformes “freemium” dont la stratégie peut changer en une nuit, au gré de la stratégie de la maison mère.

batch-logoSimon Dawlat est le CEO de Batch.com. Batch.com est LA solution de push segmenté, utilisée par plus de 2,000 médias, marques, start-ups et m-commerçants dans le monde. Une solution vers laquelle les développeurs Parse se tournent aujourd’hui grâce à un o​util de migration automatisée de Parse vers Batch,​ ou en utilisant l​’intégration dont Batch dispose avec Firebase​ (le service d’hébergement cloud de Google).

 
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