ActualitéAffaires publiques

[3 questions à…] Guy Mamou-Mani / Le Collectif du Numérique pour « l’avantage » de la France

« Le Gouvernement doit faire du numérique le centre de sa stratégie industrielle et du redressement productif ». C’est le message qu’à souhaité faire passer le Collectif du Numérique, dans un communiqué publié ce matin. Le collectif, qui regroupe 21 associations professionnelles du secteur, interpelle notamment le gouvernement sur l’avantage numérique de la France. Frenchweb revient, en trois questions, sur ce point avec Guy Mamou-Mani, Président du Syntec Numérique et porte-parole de cette prise de position.

ville-numerique

[FW] Qu’entendez-vous par « avantage numérique » ?

Guy Mamou-Mani : « Premièrement, c’est un signal fort que la France veut être un leader du numérique dans le monde dont nous souhaiterions que les pouvoirs publics et les acteurs économiques s’emparent et qu’ils relaient. Le numérique est aujourd’hui une donnée de plus en plus importante des comparatifs internationaux sur l’attractivité des pays. La France en a les moyens. Elle en a les talents, les entrepreneurs, les entreprises, les technologies.

Deuxièmement, c’est en quelque sorte un « principe », que nous aimerions que le gouvernement reprenne : en amont de la définition de toute politique publique, de tout projet de réforme ou d’infrastructure, dans l’administration, la santé, l’école, les collectivités territoriales, la question devrait d’abord être posée comment le numérique peut transformer les process, améliorer les organisations, réduire les coûts et améliorer le service. Ce serait en quelque sorte « un principe de précaution » permettant de penser les politiques et les projets à partir de la capacité que le numérique a d’agir comme levier de transformation.

Enfin, l’avantage numérique, c’est l’avantage des outils du numérique auxquels les citoyens, les TPE, les PME, les commerçants, les professions libérales, devraient avoir accès, afin d’en tirer profit dans leur vie quotidienne, leurs activités, leurs métiers. »L’avantage numérique », c’est un changement de paradigme, pour permettre à la France de profiter dans les meilleurs conditions de la nouvelle révolution industrielle. »

[FW] Quels sont les progrès notables qui pourraient être réalisés ?

Guy Mamou-Mani : « Nous demandons d’abord un agenda précis à moyen terme, afin que la révolution des usages du numérique accompagne véritablement le plan THD qui va être lancé. Nous souhaitons ensuite un véritable pilotage transversal au niveau des pouvoirs publics et du gouvernement. Nous y rencontrons des ministres, des conseillers dans les cabinets, des directeurs d’administrations très engagés, convaincus par les bénéfices du numérique, mais il manque à mon goût une force d’impulsion interministérielle pour pousser la problématique de l’avantage numérique. Nous souhaitons que le calendrier des grands chantiers d’infrastructures annoncés dans le Pacte pour la Croissance, la Compétitivité et l’Emploi, soient d’abord des chantiers numériques, tel l’e-administration et l’e-santé.

Nous souhaitons qu’un véritable « Small Business Digital Act » puisse être enfin élaboré en France, tandis que même les pays voisins les moins étatiques s’engagent à bien plus que 2% de la commande publique adressée aux PME innovantes. Nous souhaiterions que les questions de fiscalité et d’environnement juridique soient une bonne fois pour toute réglées afin de soutenir la croissance des entreprises du numérique, et qu’elles ne viennent plus entamer l’attractivité de la France en termes d’investissement. Enfin, nous demandons qu’un effort important soit fait afin de répondre à la demande des entreprises du numérique en matière de formation, ce qui nécessite à la fois une refonte de la pédagogie et l’amélioration de l’attractivité des filières technologiques et de faciliter l’embauche et le maintien dans l’emploi de profils qualifiés. »

[FW] Quelle est votre réflexion en matière de fiscalité sur les activités numériques ?

Guy Mamou-Mani : « Nous l’avons dit tous ensemble avec le Collectif du Numérique, si rééquilibrage de la fiscalité il doit y avoir pour tenir compte de la transformation de l’économie du fait de la révolution numérique, cette fiscalité ne peut être sectorielle, elle devra s’inscrire dans un cadre européen, et surtout ne pas décourager les investissements étrangers en France dans ce domaine. Les activités numériques ne relèvent plus d’un seul secteur, le numérique est partout, il pénètre toute la société, toute l’économie. A partir de ce moment là, s’il est intéressant, voire légitime, d’envisager de repenser l’assiette de la fiscalité en fonction du déplacement ou de la modification de la chaine de création de valeur dans l’économie, il serait contre-productif d’imaginer que le numérique, en temps que secteur, en soit la cible unique, alors qu’il mérite d’être consolidé afin de lui permettre justement de développer la valeur qu’il génère. »

La rédaction

Pour communiquer sur FrenchWeb ou le Journal des RH, devenez partenaire, cliquez ici.

Un commentaire

  1. « faciliter l’embauche et le maintien dans l’emploi de profils qualifiés » ?
    => Sur ce point là la balle est dans VOTRE camp, M. le pdt du Syntec Numérique !
    Or les politiques RH de vos SSII consistent surtout à dégager les quinquas pour recruter majoritairement des jeunes !
    (et tout particulièrement chez GROUPE OPEN d’ailleurs…)

Bouton retour en haut de la page
[3 questions à…] Guy Mamou-Mani / Le Collectif du Numérique pour « l’avantage » de la France
Accenture s’apprête à acquérir le cabinet OpusLine pour se renforcer dans la santé
HR Tech: les annonces qu’il ne fallait pas manquer depuis juin
Puces informatiques: dans un secteur en ébullition, AMD acquiert Xilinx pour 35 milliards de dollars
Vinted poursuit sa conquête de l’Europe avec le rachat de son concurrent United Wardrobe
Comment réussir son entretien en visio?
Médias: les Français moins enclins à payer pour s’informer que la moyenne mondiale