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Les 3 secteurs qui vont tirer l’économie collaborative dans les prochains mois

Airbnb, Blalacar… Les modes de consommation ne cessent d’évoluer et de bousculer les acteurs historiques. Et la tendance ne fait que commencer, selon une étude réalisée par Ipsos pour ING, qui estime que 150 millions de consommateurs en Europe prévoient de mettre à disposition un de leurs biens à d’autres particuliers. A un tel niveau, le recours à la «sharing economy», l’économie dite collaborative, reste encore moins répandu en Europe (5%) qu’aux Etats-Unis (9%). Mais le mouvement devrait se poursuivre puisque 32% des consommateurs européens envisagent d’y participer.

Pour parvenir à ces résultats, la banque s’est basée sur l’étude de 15 000 consommateurs dans une quinzaine de pays. Mais d’ailleurs, qu’est-ce que la «sharing economy», ce terme controversé, utilisé à outrance ? Le cabinet la définit comme l’ «utilisation de biens, qui seraient soit inutilisés soit laissés vacants, contre un paiement en retour».

Crédit: ING.
Crédit: ING.

Voitures et logements font la course en tête

Avec une définition aussi large, il faut dire que tous les secteurs ou presque sont concernés. Sans surprise, les voitures arrivent en tête des biens les plus loués (9%) ces douze derniers mois, des acteurs comme Blablacar pour le covoiturage, ou Uber, pour les transports urbains, ayant largement tiré le marché.

Pourtant, dès l’année prochaine, ce sont les logements qui devraient prendre le dessus puisque 42% des consommateurs envisagent, d’ici à un an, de rémunérer une autre personne pour louer sa maison. Une solution qui permet à de nombreux ménages de diminuer leurs frais de vacances, sur fond d’une crise économique qui a changé les mentalités, mais aussi les usages.

D’autres biens restent encore à la marge.  C’est par exemple le cas des vêtements, les biens électroniques ou encore les appareils ménagers (4% chacun), selon l’étude. Mais ils devraient bientôt connaître une croissance importante puisque de nombreux consommateurs envisagent de les mettre à disposition d’autres personnes, contre rémunération, dans les 12 prochains mois. Ainsi, au-delà des logements et du transports qui rencontre du succès, 33% des répondants de l’étude envisagent de louer des produits électroménagers.

Cet engouement des consommateurs européens s’explique avant tout par la volonté d’économiser de l’argent, qui est le facteur le plus cité par les répondants de l’étude (58%). Il faut dire que la crise est passée par là. Ainsi, en France, par exemple, le budget moyen des Français pour leurs vacances d’été s’est stabilisé à 892 euros en 2015, après trois années de baisses consécutives, selon une étude OpinionWay.

2 500 euros gagnés en moyenne

Economiser de l’argent, certes. Mais aussi en gagner, la volonté d’obtenir des revenus supplémentaires étant avancée par une majorité des répondants (52%). D’ailleurs, l’étude estime à 2 500 euros en moyenne le complément de revenu moyen perçu. Cependant, 74% des répondants ont gagné 1 000 euros ou moins l’an passé. Des considérations environnementales (53%) entrent également en jeux.

Dans tous les cas, la «sharing economy» est tirée par de nombreuses plateformes qui viennent structurer une offre économique jusqu’à présent sous-utilisée (logements vides pendant les vacances, voitures garées sur le parking…) pour répondre à une demande déjà préexistante. Ces dernières viennent donc souvent marcher sur les plates-bandes des acteurs traditionnels (les hôteliers, les loueurs de voitures…). Et la tendance ne devrait que se confirmer puisque, plus on descend dans la pyramide des âges, plus sont nombreux ceux qui prévoient de participer à la «sharing economy». Ainsi, 40% des 18-24 prévoient d’y augmenter leur participation d’ici à un an, contre 30% chez les plus de 45-54 ans. Cela dit, près du tiers des plus de 55 ans prévoient d’augmenter leur participation, ce qui signifie que le phénomène concerne tout le monde.

Si ces nouvelles start-up pouvaient encore faire rire chez les grands groupes il y a quelques années, ce n’est plus le cas, tant les méga-levées de fonds se sont multipliées. Uber serait ainsi valorisée plus de 40 milliards de dollars, Airbnb à 24 milliards de dollars, et Blablacar a bouclé un tour de table de 100 millions de dollars l’an passé.

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Crédit: ING.

«Sharing» economy, really ?

Par conséquent, certains acteurs ont décidé d’investir dans ces nouveaux acteurs. Dernier exemple en date, la SNCF a acquis la semaine dernière la plateforme de location de véhicules entre particuliers Ouicar pour 28 millions d’euros. Leroy Merlin a de son côté pris une participation dans Frizbiz, une plateforme de jobbing et d’échange de services.

Reste que dans de nombreux cas, ces sociétés sont confrontées à des défis réglementaires importants, comme l’illustre le conflit entre les taxis et les VTC, à Paris comme dans d’autres villes. Aussi, le terme même de «sharing» economy est lui-même controversé, certains accusant les acteurs de galvauder le mot. En effet, contrairement à certaines plateformes qui reposent sur l’échange sans transaction, nombreux de ces nouveaux géants – parfois en situation de domination de marché – reposent sur une logique marchande : une offre, une demande, une transaction.

Méthodologie : étude réalisée par Ipsos entre le 16 janvier et le 2 février, dans 15 pays.
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Olivier Harmant

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