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Alain Rousset (PS) VS Virginie Calmels (Les Républicains): leurs priorités sur le numérique

(voir partie 1 : le bilan d’Alain Rousset)

Frenchweb: Après le bilan de votre présidence à la tête de la région, quels sont vos projets à venir pour les 5 prochaines années en matière de numérique ?

visite Peillon, Anngret Karrenbauer Aérocampus 20-01-14Alain Rousset, Président du Conseil régional d’Aquitaine: Tout d’abord, c’est amplifier la dynamique de projets déjà lancée en valorisant les initiatives numériques. De nombreuses levées de fonds ont été effectuées en 2014 et 2015. Elles doivent montrer la voie aux jeunes-pousses. Le dispositif « Aquitaine Start up » lancé à l’été 2015 prévoit un plan d’actions très précis pour accompagner les start-up notamment dans l’accès aux financements.

Nous comptons beaucoup sur la mise en route de nombreux projets structurants que la Région a lancé ou accompagné depuis plus de deux ans comme le pôle Digital Aquitaine, conçu comme un pôle de compétitivité et regroupant tous les acteurs privés et publics du numérique qui doit nous permettre d’accompagner plus de projets dans une logique de «pair à pair».

Le centre de transfert de technologies numériques appelé CATIE permet quant à lui aux entreprises de la filière de tester ou d’améliorer l’usage des technologies clés dans la mise en place de leurs produits. Il permet de rendre accessible une R&D performante à de toutes petites structures.

Autre projet structurant : la Cité Numérique, en partenariat avec l’EPA Bordeaux-Euratlantique, la ville de Bègles, et la métropole bordelaise, qui verra le jour en 2017 et sera pour la Région, le futur centre régional de l’innovation numérique par les usages. Avec à terme une superficie de 27 000 m², elle offrira tous les services permettant d’accélérer la croissance des acteurs du secteur. À terme, 800 emplois qualifiés directs sont attendus sur le site.

Dans le domaine de l’éducation à la révolution numérique en cours, nous avons besoin d’une Université du Futur dédiée aux nouvelles technologies exponentielles. Un peu sur le modèle de ce que fait très bien Google dans la Silicon Valley à travers la Singularity University. On y enseignerait les technos NBIC (Nanotechs, Biotechs, Informatique, et sciences Cognitive, c’est à dire l’IA) et la robotique, qui sont les secteurs de croissance de demain. L’éducation traditionelle n’enseigne pas ces technologies. Il y a urgence à former les citoyens à ce nouveau monde en pleine mutation technologique.

Et enfin un mot sur la perspective de la nouvelle Région Aquitaine – Limousin – Poitou-Charentes, qui ouvre de belles opportunités pour le développement numérique de la filière. Trois exemples sont particulièrement marquants : les domaines de l’économie créative, de la e-santé et de l’e-éducation qui seront très sérieusement renforcés avec l’arrivée des pôles d’Angoulême, de Poitiers et de Limoges.

Parmi cet inventaire, quel est le dossier prioritaire ?

Incontestablement, l’objectif prioritaire est celui de réussir les premiers investissements pour le Très Haut Débit. Les premières plaques de fibre optique à l’abonné seront construites en début d’année 2016. Les collectivités ont raté l’enjeu de visibilité et de lisibilité de l’action publique dans ce domaine. Nous ferons un effort particulier pour aller vers les habitants, expliciter l’action publique d’investissement et les inviter à passer à la fibre.

Quel rôle doit jouer selon vous la ville-capitale par rapport à sa région, et à l’échelon national ?

Elle doit jouer un rôle de tête de réseau et de visibilité. Même si la majorité de la filière s’installe naturellement dans la ville-capitale de la Région, le numérique a cette faculté de pouvoir se développer n’importe où. Nous considérons que la taille pertinente de développement de l’écosystème numérique est régionale et que la mise en réseau avec les différents pôles régionaux (Bidart, Pau, Périgueux, Dax,…) est vitale pour le développement de la filière. D’autant plus que le futur chantier de la transformation numérique des entreprises traditionnelles concernera toutes les entreprises du territoire aquitain…

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[tab title= « Virgine Calmels, adjointe au maire de Bordeaux Alain Juppé, candidate Les Républicains région Aquitaine-Poitou-Charentes-Limousin »]

Frenchweb : En cas de victoire, quels seraient vos chantiers prioritaires en matière de digital?

Virginie Calmels crédit Pierre Anthony Allard studioallard.comVirginie Calmels, l’adjointe au maire de Bordeaux Alain Juppé: Mon chantier prioritaire serait d’associer de façon transparente les élus et les représentants de tous les territoires de la Grande Région pour déterminer un modèle de couverture en très haut débit qui soit équitable et tenable.

Le débit est nécessaire, mais pas suffisant : il faut accentuer l’accompagnement des entreprises en lien avec les Chambres de commerce et d’industrie et les offres d’accompagnement privé, quitte à financer plus sérieusement que cela n’a été fait des chèques d’accompagnement à la transition. Une politique efficace exige en effet de faire des choix limités, avec un vrai contenu et de vrais résultats.

Je souhaite mener une politique sérieuse de e-tourisme. Il faut être réaliste : les réussites aquitaines tiennent bien plus à la qualité des acteurs tels que la MOPA et des personnels qu’à l’impulsion de l’exécutif sortant. Vendredi 19 Juin, en amont de la séance plénière du lundi 22, le président sortant a délivré la dernière mouture de sa vision économique, et a notamment listé les 10 filières prioritaires de la Région. Non seulement le tourisme n’y figurait pas, mais il se trouvait relégué comme un sous-chapitre de la « silver économie ». Tout est dit ! Avec des acteurs privés et publics de qualité, nous devrions faire mieux pour développer notre présence en ligne et en particulier étendre et diversifier le bassin de recrutement international de nos visiteurs.

En tant qu’adjointe d’Alain Juppé, votre vision est-elle de faire de Bordeaux la locomotive de la région en matière de numérique?

Alain Juppé a réussi à faire de Bordeaux une zone en croissance, par une politique claire suivant des axes forts en matière de renouvellement urbain, d’attraction des talents et de fédération des acteurs. Le bilan du Conseil régional sortant est loin d’être aussi flatteur en Aquitaine.

Je ressens un décalage, un fossé entre la concentration des entreprises à Bordeaux, le niveau d’internationalisation et de globalisation de certaines d’entre elles, et l’état de sous-investissement chronique dans le numérique qui caractérise le reste de la Région, à l’exception de quelques points lumineux sur la carte. C’est la Région toute entière qui doit bénéficier d’une politique numérique de long terme, dont les mots clés sont, je le répète, couverture équitable en Très Haut Débit, accompagnement des entreprises sur nos territoires, e-tourisme en particulier.

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[tab title= « La note de l’entrepreneur: Guy Mamou-Mani, président du Syntec Numérique et coprésident de Groupe Open »]

Guy MamouMani

Ma note : M. Alain Rousset : insuffisant. Mme Virginie Calmels : très insuffisant.

«Mon constat est que, sur les fondements, droite et gauche sont à peu près d’accord. Tous deux ont intégré la nécessité de la transformation numérique. Le haut débit est pour eux un sujet prioritaire. Ils ont raison de le mettre en avant, mais c’est une base, et non une finalité, comme semble le penser tous les élus! La couverture haut débit c’est le béaba ! Il y un manque de lucidité.

Pour le reste, Calmels et Rousset restent néanmoins sur des basiques. L’un comme l’autre n’ont absolument pas pris la mesure de la nécessite de la transformation numérique et de son inéluctabilité. Ils ne sont pas vraiment appropriés ce sujet : on est loin du compte sur ce que devrait faire une région pour se transformer sur le numérique. C’est du saupoudrage.

Ensuite, je m’étonne de lire Alain Rousset évoquer le projet d’une Singularity University. Avant d’en parler, il ferait mieux de nous faciliter la tâche sur l’alternance. Dans le numérique, l’un des points essentiels est la formation. Or, les régions nous empêchent d’en bénéficier en nous refusant des financements à nos profils Bac+5. Dans une autre région, nous avons par exemple reçu le courrier d’un président de région nous demandant de reverser notre taxe d’apprentissage vers une Chambre de formations de…fleuristes !

Enfin, comment modernise-t-on concrètement la vie publique ? Comment redessine-t-on tous les processus administratifs de la région à travers le numérique? Tous deux croient nous faire plaisir en parlant du «développement de la filière». On est loin du compte. De manière générale, ils ne sont pas au niveau des enjeux. Pour les deux c’est: «peut mieux faire».

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Jeanne Dussueil

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