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Alexandre Mars: la philanthropie pour un partage plus juste des technologies

Interview avec Alexandre Mars, fondateur et président-fondateur d'Epic Foundation

En 2017, il existait près de 260 000 organismes de philanthropie dans le monde, selon le Global Philanthropy Report du Hauser Institute for Civil Society de l’université Harvard (réalisé en partenariat avec UBS). Le secteur est relativement jeune: réparties entre 38 pays, presque trois quarts de ces fondations ont été lancées après 1992. Au total, 60% de ces organismes se situaient en Europe et 35% en Amérique du Nord. Toujours selon le rapport, 90% des fondations philanthropiques dans le monde sont indépendantes, surtout aux Etats-Unis (96%) et en Europe (87%). En Amérique du Sud, les fondations d’entreprise représentent la moitié du secteur, tandis que les fondations gouvernementales sont majoritaires en Chine (38%) et aux Émirats arabes unis (73%), et les fondations familiales dominent en Afrique.

La moitié des fondations philanthropiques dans le monde disposaient en 2017 de budgets de moins d’un million de dollars et d’aucun membre du personnel salarié. Seuls 10% des organismes disposaient de plus de 10 millions de dollars d’actifs. Au total, les fondations philanthropiques géraient plus d’1,5 milliard de dollars d’actifs, dont la majorité devait aller vers l’éducation, devant les services et le bien-être sociaux, la santé, puis l’art et la culture.

En 2010, une campagne intitulée « The Giving Pledge » a participé à l’institutionnalisation de la philanthropie chez les « individus les plus riches du monde ». Elle fut lancée par Bill Gates et Warren Buffett, dont les fortunes dépassent respectivement les 96 milliards et les 82 milliards de dollars. Elle incite les milliardaires à « consacrer publiquement la majorité [plus de 50%, NDLR] de leur fortune à la philanthropie » et à « donner plus, plus tôt, et de manière plus intelligente ». Aujourd’hui, la campagne revendique 204 « pledgers » issus de 23 pays. L’opération a toutefois fait l’objet de plusieurs critiques : il s’agirait plus d’un engagement moral qu’une promesse juridiquement contraignante, l’initiative ne spécifie pas quelles utilisations seront faites des dons ou si ceux-ci doivent être effectués directement ou un jour futur, les « pledgers » s’engageraient de manière ostensiblement publique pour limage…

La « promesse du partage »

Un entrepreneur et philanthrope français, Alexandre Mars, considère que cette campagne, même s’il s’agit d’une « initiative extraordinaire », va à l’encontre de sa propre philosophie de la philanthropie. Dans son livre La révolution du partage, M. Mars — fondateur en 2002 de Phonevalley (agencée marketing vendue à Publicis Groupe en 2007), en 2006 de Scroon (start-up spécialiste du social marketing rachetée par Blackberry en 2013), et en 2014 de la société de capital-risque blisce/ (qui a notamment investi dans Spotify, Pinterest, Blablacar ou Bird) et de la fondation philanthropique Epic Foundation — souligne que le don minimum requis de 50% de sa fortune favorise la stigmatisation plutôt que l’encouragement et la bonne volonté: chacun devrait pouvoir donner ce qu’il veut et peut.

Il considère également que convaincre les grandes entreprises de faire don d’une partie de leurs profits est devenu plus facile au fil du temps, en raison d’une certaine pression en termes de gestion des collaborateurs et de fidélisation des clients, plus susceptibles de favoriser une entreprise ayant un bon programme de RSE. Si l’exposition est ce qui motive les entreprises à devenir plus socialement responsables, alors il faut tirer profit de cela tout en encourageant un vrai changement généralisé des mentalités, estime-t-il.

A l’occasion de l’édition 2019 de la conférence USI, FrenchWeb s’est entretenu avec Alexandre Mars pour aborder:

  • la transition de l’entreprenariat technologique à la philanthropie
  • l’action d’Epic Foundation (28 organisations dans 11 pays aujourd’hui, six bureaux dans le monde)
  • Epic, une fondation qui fonctionne comme une start-up (financée entièrement en fonds propres)
  • qu’est-ce que la « révolution du partage »?
  • la solution « la promesse du partage »
  • les entrepreneurs et investisseurs français qui accompagnent Epic Foundation

Retrouvez l’interview d’Alexandre Mars, fondateur et président-fondateur d’Epic Foundation:

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Patrick Randall

Journaliste chez FW - DECODE MEDIA. Pour contacter la rédaction : redaction.frenchweb@decode.media
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