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ALIBABA étend son cloud en Europe

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Alibaba Cloud prévoit d’ouvrir des régions en Finlande et aux Pays-Bas et de renforcer sa présence en France et en Allemagne. Derrière ces annonces, le groupe chinois construit une offre qui associe centres de données, puces et modèles d’intelligence artificielle.

À Hangzhou, lors de sa conférence Apsara, Alibaba a ajouté trois nouvelles régions à sa feuille de route internationale : la Finlande, les Pays-Bas et la Turquie, avec une ouverture annoncée dans les douze prochains mois. Le groupe prévoit aussi d’étendre ses installations en France, en Allemagne, en Malaisie, aux Émirats arabes unis et à Hong Kong. La Turquie appartient à cette expansion internationale, sans être une implantation dans l’Union européenne.

En France, Alibaba ne part pas de zéro. Sa région cloud ouverte en juin 2026 comprend deux zones de disponibilité. Elle s’ajoute à des infrastructures déjà présentes en Allemagne et au Royaume-Uni. Le groupe annonce aujourd’hui une extension de son empreinte française, mais ne détaille pas la capacité supplémentaire ni les services qui y seront déployés.

Des puces aux modèles, Alibaba veut tenir toute la chaîne

L’enjeu dépasse l’immobilier numérique, pour Alibaba, il s’agit de concevoir ses accélérateurs d’IA, exploiter les centres qui les accueillent, développer les modèles Qwen et vendre aux entreprises les outils nécessaires pour les utiliser.  Cette continuité simplifie potentiellement le passage à la production, t donne aussi au fournisseur une place plus profonde dans les systèmes de son client.

Le groupe a présenté le Zhenwu V900, un accélérateur destiné à l’entraînement et à l’inférence, dont la production de masse et la commercialisation sont annoncées pour le premier trimestre 2027. Qwen 4 est en cours d’entraînement ; les modèles de 5 000 à 10 000 milliards de paramètres correspondent à des versions ultérieures envisagées par Alibaba.

Mistral AI cherche, de son côté, à associer modèles, capacité de calcul et services aux entreprises. Verda veut dépasser la simple location de GPU pour construire une plateforme cloud IA. Si les moyens, les technologies et les marchés de ces acteurs diffèrent, leur pari commun est plus lisible : lorsqu’un modèle peut être comparé ou remplacé, la capacité à le faire fonctionner de façon fiable, à proximité du client et dans ses contraintes devient elle-même un produit.

Vingt gigawatts, mais où et pour quels clients ?

Alibaba donne à cette stratégie un horizon spectaculaire, dépasser 20 gigawatts de capacité mondiale de centres de données exploités d’ici 2032. I

Derrière ce chiffre il faut voir puces, bâtiments, réseaux, du refroidissement, des raccordements électriques et des clients capables de payer durablement leur utilisation. Le projet de campus IA à Fouju, en Seine-et-Marne montre déjà que les projets de calcul se rapprochent, par leur puissance et leurs besoins fonciers, des grandes infrastructures industrielles.

Un serveur en Europe ne règle pas toutes les questions de contrôle

Pour un client, choisir une région française ou néerlandaise peut répondre à des besoins très concrets : proximité avec les utilisateurs, disponibilité du service, localisation de certaines données et organisation de la reprise d’activité. Mais la géographie ne décrit qu’une partie de la relation et ne signifie pas souveraineté. Qui administre les machines ? Où sont traitées les données nécessaires au support ? Qui détient les clés de chiffrement ? Quels sous-traitants interviennent, et à quelles conditions le client peut-il déplacer ses applications ailleurs ?

Le sujet travaille déjà les fournisseurs du continent. OVHcloud cherche à étendre son réseau de régions européennes, tandis que Scaleway développe une offre tournée vers les projets d’IA. Leur nationalité ou celle de leurs actionnaires ne dispense pas d’examiner leurs dépendances matérielles et logicielles. Elle change, en revanche, la nature de certaines questions de gouvernance juridique.

L’Europe veut davantage de calcul sans perdre la main

Alibaba arrive sur un marché européen pris entre deux nécessités. Les entreprises ont besoin de calcul pour développer et exploiter leurs applications d’IA. Les pouvoirs publics cherchent, eux, à réduire les dépendances qui pourraient peser sur des services critiques. La Commission européenne inscrit ces deux objectifs dans son projet de cadre pour le cloud et l’IA : augmenter les capacités de centres de données et mieux apprécier les différents degrés de souveraineté des offres.

La demande sera le juge le plus utile de l’expansion d’Alibaba. Des entreprises présentes à la fois en Europe et en Asie pourraient trouver un intérêt à son réseau international et à Qwen. D’autres privilégieront une offre européenne, une architecture répartie entre fournisseurs ou des garanties particulières pour leurs données sensibles. L’évolution de Mistral vers le calcul et l’infrastructure rappelle que la concurrence ne porte plus seulement sur la qualité des modèles.

 

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