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Apple, Google, AdBlock… mauvais temps pour la publicité sur mobile?

Alors que l’onde de choc des ad blocks continue d’affecter le marché publicitaire en ligne, Apple, Google et AdBlock Plus multiplient les initiatives défavorables à la publicité en ligne. Sont concernés le Web mobile et les applications. Ces dernières étant d’ailleurs l’un des piliers des modèles économiques des de Google et Apple qui, avec leurs systèmes d’exploitation mobiles iOS et Android, équipent la quasi-totalité des smartphones dans le monde.

Google s’attaque aux interstitiels «app-instal» trop encombrants

Crédit: Google.
Crédit: Google.

La firme de Mountain View a annoncé qu’elle veut limiter les publicités trop encombrantes qui incitent les internautes à télécharger une application mobile lorsqu’ils naviguent sur un site Web mobile. «Parfois, un utilisateur peut cliquer sur un résultat de recherche depuis un appareil mobile et voit un interstitiel (publicitaire), qui cache une part importante de contenu, et invite l’utilisateur à installer une application. Notre analyse démontre que cela ne correspond pas à une bonne expérience de recherche et que cela peut être frustrant pour les utilisateurs, car ils attendent avant de voir le contenu de la page Web», explique Google.

L’enjeu est important pour les éditeurs de sites Web. En avril, Google réalisait son «Mobilegeddon», une évolution de son algorithme qui favorise le référencement des sites «mobile-friendly» après une recherche sur mobile et tablette. Or, le moteur précise désormais qu’après le 1er novembre, les sites Web mobiles qui continuent d’afficher des interstitiels «app-install» de trops grandes tailles ne seront plus considérés comme «mobile-friendly». Et donc moins bien référencés.

En attendant la date fatidique, Google a mis à jour son «Mobile-Friendly Test», qui propose aux éditeurs de savoir si leur site Web est concerné. Mais force est de constater que la décision de Google suscite déjà les critiques.

Apple complique la tâche des annonceurs avec iOS 9

Par exemple, Jeremy Stoppelman, le PDG de Yelp, le site de recommandation de bonnes adresses, dénonce un «conflit d’intérêts». Dans une tribune, il estime que «Plus un utilisateur télécharge des applications, moins il est probable que cet utilisateur effectue des recherches sur le Web avec Google (…)», c’est-à-dire là où le géant californien affiche ses propres publicités.

Google n’est donc pas dans une croisade anti-pub – son chiffre d’affaires l’an passé ayant été réalisé à 90% par la publicité – et adopte une stratégie en escalier, dont l’argument est l’amélioration de l’expérience utilisateur. C’est ainsi que les publicités sur YouTube (l’une de ses filiales) et Spotify s’affichent depuis le navigateur Chrome (édité par Google), depuis une récente mise à jour, même pour les utilisateurs ayant installé un logiciel d’ad block.

De son côté, Apple a récemment introduit dans iOS 9, son système d’exploitation pour iPhone et iPad, un dispositif, «App Transport Security» (ATS), qui exige des développeurs qu’ils utilisent des protocoles plus sécurisés (HTTPS, plutôt que HTTP). Ainsi, certaines publicités mobiles pourraient être bloquées, et donc ne pas s’afficher, si elles ne respectent pas ces nouvelles normes de sécurité. Le message suivant serait affiché à la place : «Application Transport Security has blocked a cleartext HTTP (http://) resource load since it is insecure», comme le révèlent des discussions sur le forum dédié aux développeurs d’Apple.

AdBlock Plus débarque sur mobile

De quoi contraindre les plateformes publicitaires mobiles à s’adapter… ou contourner le système. Google a en effet publié sur son blog consacré aux développeurs publicitaires un tutoriel pour passer outre le dispositif et «s’assurer que les publicités continuent d’être délivrées sur iOS 9». Mais la firme de Mountain View précise qu’il ne s’agit que d’une solution à court terme.

Autre mauvaise nouvelle pour le secteur, Eyeo, l’éditeur allemand d’Adblock Plus, le principal logiciel de blocage de publicités en ligne, a lancé «Adblock Browser», la version mobile de sa solution.

Disponible sur iOS en Android, l’application d’Eyeo pourrait donc séduire un nombre croissance de mobinautes. Pis, Apple préparerait lui-même un ad block pour les futurs mises à jours de son système d’exploitation mobile. Ce qui compliquerait toujours un peu plus la tâche pour les éditeurs et les annonceurs, sur un marché de la publicité sur mobile estimé à 100 milliards de dollars d’ici à 2016, selon une étude d’eMarketer.

Crédit photo: Fotolia, banque d’images, vecteurs et videos libres de droits
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Olivier Harmant

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4 thoughts on “Apple, Google, AdBlock… mauvais temps pour la publicité sur mobile?”

  1. Bonjour, je suis en désaccord avec la phrase suivante de votre chapeau :  »

    Apple, Google et AdBlock Plus multiplient les initiatives défavorables à la publicité en ligne. »

    Comme vous l’évoquez finalement plus bas, Google n’a pas une initiative défavorable à la publicité en ligne. Il préfère juste que les internautes consultent Internet via le web plutôt que via les apps. Dans la mesure où c’est par le premier canal qu’il réalise son chiffre d’affaire, c’est tout à fait normal non ? Il n’y a rien de défavorable à la pub en ligne dans tout cela.

    En revanche, il est exact que son approche est hypocrite. Reste qu’il est bien obligé, puisqu’on le présente comme le diable incarné dès qu’il cherche à avantager ses offres plutôt que celles de ses concurrents. Ce qui est, à mon sens, la moindre des choses…

    1. C’est une extension de Google-chrome il faut aller dans les paramètres, extensions et taper  » adblock plus » et il est à installer en extensions, une extension s’active ou se désactive à la demande

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