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Au-delà de VivaTech, la stratégie coréenne pour ancrer ses startups dans l’écosystème européen

Avec la KISED

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Dans la compétition mondiale pour attirer les talents, les capitaux et les technologies, les grands salons de l’innovation jouent un rôle qui dépasse largement la simple mise en relation commerciale. Ils sont devenus des espaces où se dessinent des alliances, où se testent des ambitions internationales et où les écosystèmes nationaux cherchent à gagner en visibilité auprès des investisseurs, des industriels et des décideurs.

Dans ce contexte, la présence coréenne à VivaTech ne relève plus d’une démarche de représentation. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large : accompagner l’internationalisation des startups du pays et créer les conditions de collaborations durables avec les principaux pôles d’innovation mondiaux.

Depuis plusieurs années, la Corée du Sud s’est imposée comme l’un des environnements technologiques les plus dynamiques d’Asie. Portée par une infrastructure numérique de premier plan, une forte culture industrielle et un soutien public structuré à l’entrepreneuriat, elle a vu émerger une nouvelle génération de startups capables de se positionner sur des enjeux mondiaux : intelligence artificielle, cybersécurité, transition énergétique, robotique ou encore industrie intelligente.

Pour ces entreprises, la question n’est désormais plus seulement de réussir sur leur marché domestique. L’enjeu consiste à transformer leur avance technologique en présence internationale.

C’est précisément l’objectif poursuivi par la Korea Institute of Startup & Entrepreneurship Development (KISED), principal organisme public coréen dédié au développement des startups, qui pilote cette année encore le Pavillon K-Startup à VivaTech.

Une relation franco-coréenne qui entre dans une nouvelle phase.

L’édition 2026 de VivaTech revêt une dimension particulière. Elle coïncide à la fois avec le dixième anniversaire de l’événement parisien et avec les 140 ans de relations diplomatiques entre la France et la Corée.

Au-delà du symbole, cette convergence illustre une réalité plus profonde : les deux pays disposent aujourd’hui de nombreux points de rencontre dans leurs stratégies d’innovation.

La France s’est progressivement affirmée comme l’un des principaux centres européens de l’intelligence artificielle, des climate tech, des deeptech et de l’innovation industrielle. De son côté, la Corée bénéficie d’une forte capacité d’industrialisation, d’une culture technologique avancée et d’un marché particulièrement favorable à l’expérimentation rapide de nouvelles solutions.

Pour la KISED, l’Europe représente désormais un terrain stratégique de développement. L’objectif n’est pas uniquement de permettre à des startups coréennes d’exposer leurs technologies lors d’un événement international. Il s’agit également de créer des opportunités concrètes d’investissement, de preuve de concept, de partenariats industriels, de distribution et d’innovation ouverte.

Cette approche traduit une évolution plus large observée dans de nombreux écosystèmes technologiques : la valeur ne se mesure plus uniquement à la qualité d’une technologie, mais à la capacité à l’intégrer dans des réseaux internationaux de partenaires, de clients et d’investisseurs.

Choi Yeolsoo, architecte des coopérations global de la KISED.

Au cœur de cette stratégie se trouve Choi Yeolsoo, Directeur général des Affaires globales de la KISED

Son rôle dépasse largement l’organisation de délégations ou la participation à des salons internationaux. Il consiste à construire des passerelles entre les écosystèmes, à identifier des partenaires institutionnels, industriels et financiers, et à accompagner les startups coréennes dans leur accès à de nouveaux marchés.

Cette mission reflète une conviction forte : dans un environnement technologique devenu mondial, les innovations les plus prometteuses ne peuvent plus se développer de manière isolée.

Selon lui, l’un des principaux défis auxquels sont confrontées les startups consiste à transformer leur excellence technologique en opportunités économiques réelles. Une vision qui guide aujourd’hui l’action de la KISED à l’international.

Entretien avec Choi Yeolsoo

FW.MEDIA : Quels sont les principaux défis et opportunités que vous souhaitez mettre en avant concernant l’écosystème mondial des startups ?

Choi Yeolsoo : L’un des enjeux majeurs de l’écosystème mondial des startups consiste à relier les technologies innovantes à de véritables opportunités de marché. Le marché européen accorde une grande importance à la fiabilité technologique, à la durabilité, à la conformité réglementaire et aux partenariats de long terme. Cet environnement représente une opportunité importante pour les startups coréennes disposant de technologies solides, leur permettant de valider leur compétitivité internationale et de développer leurs activités.

FW.MEDIA : Quel rôle l’innovation internationale doit-elle jouer dans le développement des startups ?

Choi Yeolsoo : L’innovation mondiale ne peut être portée par les entreprises seules. Elle exige une coopération internationale entre des acteurs variés : institutions publiques, investisseurs, grands groupes, accélérateurs, universités et centres de recherche.

FW.MEDIA : Quelle place occupe VivaTech dans cette dynamique ?

Choi Yeolsoo : VivaTech est une plateforme capable de favoriser concrètement ce type de collaboration. Elle constituera un point de connexion essentiel pour renforcer la coopération en matière d’innovation entre la Corée et la France.

L’IA, le climat et la confiance numérique comme terrains de convergence.

Parmi les thématiques mises en avant au sein du Pavillon K-Startup, plusieurs apparaissent particulièrement alignées avec les priorités actuelles des entreprises européennes.

La première concerne l’intelligence artificielle.

Alors que l’adoption de l’IA générative s’accélère dans les organisations, la question n’est plus seulement celle des performances des modèles. Les entreprises cherchent désormais à garantir la fiabilité des systèmes, à maîtriser les risques et à répondre aux nouvelles exigences réglementaires.

La gouvernance de l’IA, la sécurité des agents autonomes et la gestion des risques liés aux hallucinations deviennent ainsi des sujets stratégiques.

La deuxième convergence porte sur la transition énergétique et les climate tech.

Face aux objectifs de décarbonation et à la montée des contraintes environnementales, les entreprises européennes recherchent des solutions capables d’améliorer leur efficacité énergétique tout en réduisant leur empreinte carbone.

Enfin, la cybersécurité et l’identité numérique apparaissent comme des enjeux structurants dans un contexte marqué par l’augmentation des menaces et par la généralisation des usages numériques.

Autant de domaines dans lesquels les startups coréennes cherchent aujourd’hui à nouer des coopérations avec des partenaires européens.

Trois startups qui illustrent l’évolution de l’écosystème coréen.

Pour illustrer cette dynamique, la KISED met notamment en avant trois entreprises représentatives des nouvelles priorités de l’écosystème coréen.

YATAV, intervient sur un sujet devenu central : la confiance dans l’intelligence artificielle.

L’entreprise développe des technologies permettant d’évaluer la fiabilité des systèmes d’IA générative, de contrôler les droits d’accès des agents intelligents et d’accompagner les organisations dans la mise en œuvre de cadres de gouvernance adaptés.

À l’heure où l’AI Act européen redéfinit les exigences applicables aux systèmes d’intelligence artificielle, cette approche répond à une préoccupation croissante des entreprises : sécuriser l’adoption de l’IA sans freiner l’innovation.

Ninewatt se positionne sur l’optimisation énergétique des bâtiments.

Grâce à l’intelligence artificielle, l’entreprise cherche à améliorer la gestion énergétique et à réduire les émissions de carbone associées aux infrastructures urbaines. Son positionnement résonne directement avec les objectifs européens en matière de transition énergétique et de développement de villes plus durables.

Fornatures développe des infrastructures biologiques dédiées à la capture du carbone et à l’amélioration de la qualité de l’air urbain.

À travers cette approche, l’entreprise s’inscrit dans un mouvement plus large visant à intégrer les technologies environnementales dans les stratégies d’aménagement urbain et de résilience climatique.

Au-delà de leurs secteurs respectifs, ces trois entreprises partagent un point commun : elles répondent à des problématiques mondiales et recherchent désormais des partenaires capables d’accélérer leur déploiement international.

Une logique de coopération plutôt que d’exportation.

Ce qui ressort de la stratégie portée par la KISED n’est pas seulement une volonté d’exporter des technologies coréennes. L’ambition apparaît plus large : favoriser des collaborations permettant à chaque partie de bénéficier des atouts de l’autre.

La Corée apporte sa capacité d’exécution, son excellence technologique et sa rapidité d’industrialisation. La France et l’Europe offrent un environnement riche en talents, en investisseurs, en industriels et en infrastructures d’innovation.

Dans un environnement où l’innovation se joue désormais à l’échelle mondiale, la capacité à créer des passerelles entre écosystèmes devient presque aussi stratégique que la technologie elle-même. Les défis liés à l’intelligence artificielle, à la transition énergétique, à la souveraineté numérique ou encore à la transformation industrielle dépassent les frontières et appellent de nouvelles formes de coopération.

Pour les startups comme pour les grands groupes, l’enjeu n’est plus seulement d’identifier où émergent les innovations les plus prometteuses. Il consiste à repérer les environnements capables de les faire passer à l’échelle, de les confronter à de nouveaux marchés et de les connecter aux partenaires qui accéléreront leur développement.

C’est dans cette logique que la KISED envisage sa présence à VivaTech. Plus qu’un espace d’exposition, le Pavillon K-Startup se veut un point de convergence entre acteurs publics, investisseurs, industriels et entrepreneurs. Une plateforme de dialogue et de collaboration conçue pour transformer des rencontres en projets, et des opportunités en partenariats durables entre les écosystèmes coréen et européen.

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