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Clap de fin pour Allo, l’application de messagerie de Google, deux ans après son lancement

Nabila aurait fait savoir son mécontentement auprès de Google.

Google n’y arrive décidément pas sur le marché des applications de messagerie. Attendue depuis plusieurs mois, la disparition de Google Allo, service de messagerie instantanée lancé en septembre 2016, a été officialisée par la firme de Mountain View. L’application n’est jamais parvenue à s’imposer dans la jungle des messageries où règnent Apple, avec iMessage, et Facebook, avec Messenger et WhatsApp. 

Allo fermera définitivement ses portes en mars 2019, le temps que les utilisateurs du service puissent exporter l’historique de leurs conversations depuis l’application. Le géant américain a indiqué avoir cessé ses investissements dans Allo plus tôt cette année. Malgré cet échec, Google estime que cette application a constitué un laboratoire d’innovations pour rebondir rapidement. «Nous avons beaucoup appris d’Allo, en particulier de ce qui est possible lorsque vous intégrez des fonctionnalités de machine learning, comme Google Assistant, dans une messagerie», a expliqué Google dans un billet de blog.

Google veut remplacer les SMS 

Allo appartenant désormais au passé, Google ne renonce pas pour autant au marché des applications de messagerie. «Compte tenu de la bonne dynamique de Messages, nous avons décidé de cesser de soutenir Allo pour se concentrer sur Messages», a ainsi précisé la filiale d’Alphabet. Messages, une application de messagerie pour les smartphones Android pour laquelle Google revendique plus de 175 millions d’utilisateurs par mois, fait partie d’un projet de plus grande envergure. La firme américaine cherche en effet à imposer un nouveau standard de communication dans le monde qui vise à remplacer les fameux SMS et MMS, dont la technologie n’est plus forcément adaptée aux usages des centaines de millions d’utilisateurs aux quatre coins du globe.

Le projet repose sur le RCS (Rich Communication Services), un standard qui permet de proposer des fonctionnalités améliorées par rapport au SMS traditionnel. A la différence du SMS, la norme RCS s’appuie sur le protocole IP, de manière à pouvoir passer par le réseau Internet 4G, tandis que le SMS passe par le réseau GSM. Par rapport au SMS, le RCS permet d’échanger plus facilement des textes, des documents, des images et des vidéos au sein des conversations. Si le MMS a élargi les possibilités du SMS, le RCS se montre de son côté beaucoup plus souple puisqu’il n’impose aucune limite de taille pour les fichiers envoyés.

Le RCS, un marché de 74 milliards de dollars à l’horizon 2021

Comme sur iMessage, le RCS permet notamment de savoir si un message a été lu et quand le destinataire est en train de répondre. Si ces fonctionnalités ne sont pas nouvelles, car déjà employées par la concurrences, elles seraient cette fois à la main des opérateurs, qui restent pour l’heure impassibles face à l’essor des messageries instantanées comme Facebook Messenger ou WhatsApp. La firme de Mountain View s’est ainsi attelée à faire le tour des opérateurs du monde entier pour les fédérer autour du RCS et en faire le remplaçant officiel du SMS dans un futur proche.

La route est encore longue pour Google mais sa nouvelle stratégie commence à payer. Ainsi, la firme américaine a d’ores et déjà réussi à réunir une cinquantaine d’opérateurs (Orange, Rogers, AT&T…), une dizaine de constructeurs (Alcatel, HTC, Samsung, Huawei, LG…) ainsi que Microsoft pour soutenir cette initiative. Selon GSMA Intelligence, le marché du RCS pèsera plus de 74 milliards de dollars d’ici 2021. Dans ce contexte, il semble logique que Google concentre ses forces sur Messages pour en faire l’application de référence de SMS et de RCS sur Android.

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Maxence Fabrion

Journaliste chez FW - DECODE MEDIA

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