ActualitéAmérique du nordBusinessMarketing & Communication

Face à iMessage et Facebook Messenger, Google travaille sur un projet pour remplacer les SMS

Google et les applications de messagerie, c’est loin d’être une histoire d’amour. En effet, la firme de Mountain View n’est jamais parvenue à imposer sa propre messagerie instantanée sur le marché. Pendant qu’Apple, avec iMessage, et Facebook, avec Messenger et WhatsApp, ont réussi à faire de leurs applications de messagerie des incontournables sur les terminaux mobiles du monde entier, Google est resté à quai. Pourtant, la filiale d’Alphabet a tenté sa chance à plusieurs reprises. Talk, Hangouts, Duo ou encore Allo, la dernière messagerie instantanée de Google lancée en septembre 2016… Aucune de ces messageries n’est parvenue à devenir une alternative durable aux SMS.

Dans ce contexte, Google a décidé de changer totalement de stratégie pour mettre fin à cette succession d’échecs. Plutôt que de créer une énième messagerie instantanée, au risque de renforcer davantage sa frustration déjà à son paroxysme, la firme américaine s’est ainsi mise en tête d’imposer un nouveau standard de communication dans le monde qui vise à remplacer purement et simplement les fameux SMS et MMS, dont la technologie n’est plus forcément adaptée aux usages des centaines de millions d’utilisateurs aux quatre coins du globe. Révélée par The Verge, l’information a été confirmée par Google.

Le RCS, remplaçant du SMS désigné par Google

Le projet, sobrement baptisé «Chat», repose sur le RCS (Rich Communication Services), un standard qui permet de proposer des fonctionnalités améliorées par rapport au SMS traditionnel. A la différence du SMS, la norme RCS s’appuie sur le protocole IP, de manière à pouvoir passer par le réseau Internet 4G, tandis que le SMS passe par le réseau GSM. Par rapport au SMS, le RCS permet d’échanger plus facilement des textes, des documents, des images et des vidéos au sein des conversations. Si le MMS a élargi les possibilités du SMS, le RCS se montre de son côté beaucoup plus souple puisqu’il n’impose aucune limite de taille pour les fichiers envoyés.

Comme sur iMessage, le RCS permet notamment de savoir si un message a été lu et quand le destinataire est en train de répondre. Si ces fonctionnalités ne sont pas nouvelles, car déjà employées par la concurrences, elles seraient cette fois à la main des opérateurs, qui restent pour l’heure impassibles face à l’essor des messageries instantanées comme Facebook Messenger ou WhatsApp. Et c’est peut-être là le tour de force de Google…

55 opérateurs dans le monde, dont Orange, soutiennent le projet 

En effet, la firme de Mountain View s’est attelée à faire le tour des opérateurs du monde entier pour les fédérer autour du RCS et en faire le remplaçant officiel du SMS dans un futur proche. La route est encore longue pour Google mais sa nouvelle stratégie commence à payer. Ainsi, la firme américaine a d’ores et déjà réussi à réunir 55 opérateurs (Orange, Rogers, AT&T…), 11 constructeurs (Alcatel, HTC, Samsung, Huawei, LG…) ainsi que Microsoft pour soutenir cette initiative. En France, on notera que seul Orange figure sur cette liste, au contraire de SFR, Bouygues et Free. Selon GSMA Intelligence, le marché du RCS pèsera plus de 74 milliards de dollars d’ici 2021.

Pour l’heure, aucun calendrier n’a été établi par Google et ses partenaires, mais il faudra vraisemblablement s’armer de patience. Et pour cause, tant que le RCS ne sera pas la norme sur l’ensemble du marché, les partisans de ce nouveau standard se heurteront à plusieurs difficultés majeures. Dans un premier temps, l’usage de la 4G est indispensable pour le RCS soit le plus efficace. Si la couverture 4G est en progression dans le monde, il reste encore de nombreuses zones à couvrir. De plus, le RCS nécessite un smartphone compatible aussi bien pour l’expéditeur que pour le destinataire. Si ce n’est pas le cas, le message sera transformé en SMS.

Par ailleurs, si Samsung et Huawei, deux acteurs majeurs du marché mondial des smartphones, sont dans la boucle de Google pour le déploiement du RCS, il manque un absent de taille : Apple. Or lorsque l’on sait qu’Apple a capté 86% des bénéfices de l’industrie des smartphones au quatrième trimestre 2017, cela constitue un frein pour la démocratisation du RCS. Cependant, Android tourne sur environ 80% des smartphones vendus dans le monde à l’heure actuelle, de quoi permettre à Google d’envisager sereinement la suite de son projet «Chat» pour ne plus rien avoir à envier à Apple et Facebook.

Tags

Maxence Fabrion

Journaliste chez FW - DECODE MEDIA

Sur le même sujet

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce contenu pourrait vous intéresser:

Close
Share This