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Fonds Google: la presse historique rafle 90% des fonds, les pure-players ramassent les miettes

Les titres nés sur Internet totalisent moins de 1,6 million d’euros tandis que les cinq titres de la presse traditionnelle les plus aidés empochent à eux seuls plus de 9 millions d’euros sur un total de 16, 38 millions.

Le quotidien numérique du Nouvel Observateur, la plate-forme big data du groupe Express-Roularta, le projet de curation automatisée de Slate… voici quelques uns des projets soutenus  financièrement l’an dernier par le fonds Google-AIPG – ce fonds fruit d’un accord entre le géant américain de l’internet et l’Association de la presse d’information politique et générale. Créé il y a 8 mois, le fonds pour l’innovation numérique de la presse  (FINP) a pour objet de soutenir des projets d’innovation numérique dans le domaine de la presse d’information politique et générale. Il finance des projets à hauteur de 60% de leur budget au maximum et dans la limite de 2 millions d’euros. Ces projets doivent être calibrés pour générer de nouvelles sources de revenus pour les éditeurs de  presse en ligne grâce à la production de contenus innovants. Les éditeurs de presse papier historiques sont ceux qui se partagent la plus grosse part du gâteau en matière de sommes perçues.

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Répartition des projets soutenus en 2013

Le fonds pour l’innovation numérique de la presse (FINP) a publié jeudi 15 mai son bilan d’activité sur 2013. A la lecture des chiffres, on s’aperçoit que les fonds profitent essentiellement à la presse traditionnelle… largement représenté au sein du fonds. Au total, ils obtiennent 9,004 millions d’euros. Le Nouvel Observateur obtient 1,99 million d’euros pour son projet de quotidien numérique. Membre de la présidence tournante du fonds, Nathalie Collin est aussi directeur général du groupe Nouvel Observateur et co-présidente du directoire du magazine depuis 2011. Le groupe Express-Roularta perçoit 1,97 million pour sa plate-forme big data. Le Monde reçoit 1,84 million pour son projet « mobility first ». En quatrième position, Le Figaro engrange 1,82 million d’euro pour son projet « Figaro.tv ». Le directeur général du plus ancien quotidien français Marc Feuillée, fait partie des quatre représentants de la presse au sein du  FINP. Enfin, Ouest France est doté de 1,384 million d’euros pour son projet d’éditions numériques « Ednum ».

5 projets de pure-players retenus, contre 18 proposés par des titres historiques

En face, les 5 pure-players ayant recueillis un aide totalisent 1,599 million d’euros soit 9,76% du total. Dans le détail, 131 000 euros vont à Marsactu, 29 000 à Economie matin, 758 000 à Slate, 240 000 à rue89 et 441 000 à Contexte. Ils n’ont pas de représentant au sein du FINP sauf rue89 qui est entré dans le giron du Nouvel Obsevateur au 31 décembre 2011. Claude Perdriel, le fondateur et patron du Nouvel Observateur avait alors racheté la totalité du capital du pure-player

Pour rappel, le Fonds pour l’innovation Numérique de la Presse (FINP) est doté  d’un capital de 60 millions d’euros sur trois ans. Parmi les administrateurs du fonds, on compte notamment Mats Carduner, ex-président de Google France, Francis Morel, PDG des Echos, et Marie-Christine Levet (actionnaire de Frenchweb), administratrice à la Bpi France et de Iliadces investissements sont  encadrés par des plafonnements par an et par projet. Cet accord avait fait l’objet de critiques l’an dernier. Certains dont le Spiil, le Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne, craignaient déjà que les éditeurs historiques bénéficient d’une large part des aides au détriment des pure players.

Ce fonds avait été créé suite à un conflit ouvert entre Google et l’Association de la presse d’Information politique et générale (AIPG) créée en 2012 dont le conseil d’administration est composé de représentants de la presse historique tels que Nathalie Collin et Francis Morel (Les Echos). Au début de l’an dernier, au vu du revenu publicitaire que génère le référencement d’articles pour Google, les éditeurs de la presse française exigeaient le paiement de droits. Google avait d’abord menacé de boycotter les médias hexagonaux, avant de se raviser et de se pencher sur l’accord à l’origine du FINP.

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Adeline Raynal

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