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Franck Annese (So Press) : «Nous ne créons pas de rapport de force entre le journaliste et le lecteur»

La casquette toujours vissée sur la tête, l’air décontracté et arborant un t-shirt «Don’t be scared», Franck Annese ne passe pas inaperçu dans le journalisme. Et pour cause, ce Breton passé par les bancs de l’ESSEC a fait un pari un peu fou : lancer des magazines papier à l’heure où la presse ne jure que par le numérique.

En 1999, son idée se concrétise une première fois avec le lancement du magazine culturel Sofa. Mais faute de rentabilité, le magazine disparaît. Il tire alors les enseignements de cet échec et réfléchit à un nouveau projet autour de sa passion : le football. Avec Guillaume Bonamy et Sylvain Hervé, il lance ainsi So Foot en 2003. Ce magazine sera le premier d’une galaxie de titres de presse, à savoir Doolittle, magazine sur l’enfance, Pédale ! sur le cyclisme, So Film sur le cinéma, Tampon ! sur le rugby, The Running Heroes Society sur le running, ou encore Society pour traiter des sujets de société. «De So Foot, tout a découlé de manière naturelle et sans réelle stratégie», précise ce «Orelsan du journalisme» à l’occasion du sommet des Napoléons qui s’est tenu à Arles cet été. Tous les magazines du groupe sont rassemblés sous l’entité So Press.

Travailler avec les marques «en bonne intelligence»

Personnage atypique dans un secteur qui cherche à se renouveler, Franck Annese assume ses choix, notamment au sujet du brand content. «Nous n’avons rien contre les marques, mais il faut que la collaboration se fasse en bonne intelligence», reconnaît-il. Et d’ajouter : «Souvent, les marques viennent nous voir pour de bonnes raisons, avec des intentions louables.» De cette philosophie, est né en 2009 le magazine musical Greenroom en partenariat avec Heineken.

Pour Franck Annese, l’essentiel est de ne pas pervertir la façon de travailler des journalistes de So Press qui a permis d’insuffler le ton, le style et l’identité éditoriale propres aux magazines du groupe de presse. «Nous ne sommes pas forcément les plus forts pour garantir une audience et de la quantité aux marques. Par contre, nous pouvons leur garantir de la qualité. Et de cette qualité, nous essaierons de faire naître une quantité, mais une quantité qualitative», explique Franck Annese.

Prenant soin de ne pas prendre parti en politique, So Press tourne autour d’une idée simple : raconter la complexité du monde avec un ton simple. «Nous ne créons pas de rapport de force entre le journaliste et le lecteur», assure le patron de presse. A ses yeux, Society, qui couvre des thèmes sociétaux de manière transversale, de la politique au cinéma, en passant par l’humain ou l’humour, en est la meilleure illustration.

 

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Maxence Fabrion

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