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La startup du jour : Artistics, pour acheter des œuvres directement auprès des artistes

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La startup surveille de près le développements de l’imagerie 3D

  • L’entreprise de demain
Chaque jour, Frenchweb met en avant une jeune entreprise en croissance pour découvrir sa stratégie et ses objectifs de développement.

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Frenchweb vous propose aujourd’hui de découvrir Artistics, une startup parisienne permettant d’acheter des œuvres directement auprès des artistes mais qui refuse l’étiquette d’intermédiaire. Son objectif est de laisser « une totale liberté » auprès des sculpteurs, peintres ou dessinateurs. La société se rémunère grâce une commission de 25% sur les ventes.

Plus de détails avec Sonia Rameau, la fondatrice.

 

FW : Comment avez-vous eu l’idée de votre société ?

Sonia-Rameau

Sonia Rameau : Je pratique la sculpture depuis une douzaine d’années. Cela m’a amené à rencontrer un bon nombre d’artistes et, occasionnellement, à acheter quelques oeuvres. En multipliant les contacts, j’ai constaté que certains artistes, souvent très talentueux, étaient tenus à l’écart des circuits de l’art contemporain, et cantonnés à des réseaux de distribution très locaux.

Travaillant depuis 15 ans dans le monde du web, j’ai compris que l’internet pouvait leur apporter une exposition et une diffusion beaucoup plus large. Le moment m’a par ailleurs semblé propice pour lancer une initiative comme Artistics : plusieurs études récentes indiquent une accélération dans la « digitalisation » du marché de l’art, avec pour conséquence l’apparition d’une nouvelle catégorie de collectionneurs.

FW : A quel besoin apportez-vous une réponse ?

En tant qu’acheteuse occasionnelle, je me suis rendue compte que pousser la porte d’une galerie peut rester un exercice intimidant. Quand on ne se voit pas soi-même comme un « collectionneur », avec toute l’imagerie que cela comporte, on peut hésiter à demander un prix ou même simplement une information. Le web permet d’éliminer cette barrière et offre une transparence qui est sécurisante pour l’acheteur.

Par ailleurs, je crois que la rencontre avec l’artiste fait partie intégrante du plaisir de collectionner : en créant Artistics, nous avons voulu redonner toute son importance à cette rencontre en donnant la parole aux artistes, notamment au travers de la vidéo : sur son profil, chaque artiste expose sa démarche, sa vision, son travail au travers d’une vidéo tournée directement dans son atelier. Enfin, du point de vue des artistes, Artistics offre une exposition permanente, internationale et l’accès à des collectionneurs qui ne fréquentent pas nécessairement les galeries.

FW : Très simplement, comment gagnez-vous de l’argent?

Le modèle économique d’Artistics repose uniquement sur la commission de 25% que nous prélevons sur les ventes. Un taux qui est en moyenne inférieur de moitié à ce que prélèvent habituellement les galeries « physiques ».

FW : Qui sont vos compétiteurs ?

Pour l’heure, très peu de galeries physiques ont mis en place une solution marchande sur leur site. En termes de concurrents « pure players », nous avons identifié deux types d’acteurs : d’une part des agrégateurs de galeries du type Artspace et Artsy, qui constituent un nouvel intermédiaire entre le collectionneur et l’artiste ; d’autre part, des plateformes comme Saatchi Online, ouvertes à quiconque souhaite vendre ses œuvres en ligne, sans aucune sélection ni distinction entre artistes amateurs ou « professionnels ».

artistics2

FW : A quoi ou à quelles sociétés vous compare-t-on par erreur ?

Lorsqu’on présente le projet, il arrive qu’on nous dise « D’accord, donc, vous êtes une galerie en ligne ». Cela ne correspond pas à notre vision. Artistics ne cherche pas à se positionner comme intermédiaire entre le collectionneur et l’artiste. Les œuvres restent dans l’atelier de l’artiste, celui-ci reste maître du discours qui entoure son travail et nous ne cherchons pas à influer sur sa production.

À partir du moment où ils sont sélectionnés, les artistes jouissent d’une totale liberté dans le choix des œuvres qu’ils présentent et celui des prix de vente.

FW : Quelle a été l’une des premières problématiques dans votre développement, et comment y avez-vous fait face ?

Notre principale problématique, c’est de trouver les moyens de lever les freins liés à l’achat d’œuvres d’art en ligne. D’abord, l’absence de contact direct avec l’œuvre, ce que nous essayons de pallier en optimisant la présentation visuelle des œuvres : zoom, mise en situation, prises de vue multiple pour les œuvres en volume, vidéo… Nous suivons de près les développements de l’imagerie 3D et toute solution technologique qui permettrait de restituer l’expérience directe de l’oeuvre.

Le second frein est lié au montant du panier moyen, qui est élevé, et à la confiance que cela implique. Notre réponse consiste à mettre en place un service client optimum sur Artistics, que nous nous efforçons sans cesse d’améliorer : assistance téléphonique à l’achat, garantie satisfait ou remboursé de 14 jours dans l’Union Européenne, organisation du transport dans les meilleures conditions de sécurité et de rapidité…

FW : Sur ce marché, quel est votre principal atout ?

J’en citerais deux : d’une part, je pense que nous arrivons au bon moment, car ce marché de l’art en ligne n’est pas encore complètement structuré mais la demande est réelle. Par ailleurs, il y a dans l’équipe d’Artistics une réelle expertise dans le domaine du e-commerce et du service client online, et je suis convaincue que cela sera un facteur clé de succès dans le développement du commerce d’œuvres d’art en ligne.

FW : Quel est le meilleur conseil que l’on vous ait donné et par qui ?

En ce qui concerne ce projet, le conseil le plus pertinent que l’on m’ait donné est celui d’axer dès le départ le développement sur le marché international. En raison du plus grand nombre de collectionneurs dans les pays asiatiques et aux Etats-Unis, mais aussi parce que leurs habitudes d’achat sont davantage compatibles avec un positionnement « pure player ».

Ce conseil m’a été donné par un professeur de l’Insead, très enthousiaste sur le projet, qui parcourt le monde et est passionné de l’Asie. Cela nous a notamment obligé à aborder dès le lancement les problématiques de TVA et de droits de douane, particulièrement complexes dans le domaine des ventes d’œuvres d’art.

FW : Quelle est la personnalité que vous admirez le plus ?

Il y en a beaucoup, mais je suis particulièrement sensible aux personnes qui font preuve de courage et d’un dévouement extrême envers les autres. Je citerais donc Mère Teresa et Muhamad Yunus.

Fondatrice : Sonia Rameau

Investisseurs : autofinancement pour l’instant

Date de création : mai 2013

Nombre de salariés : 4 personnes dont 1 salarié

Chiffres d’affaires : non significatif

Société basée à : Paris

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Olivier Harmant

Journaliste chez FrenchWeb - DECODE.MEDIAPour communiquer sur FrenchWeb ou le Journal des RH, devenez partenaire, cliquez ici.

5 commentaires

  1. Et avoir le lien vers le site web d’Artistics dans l’article, ce serait possible ?

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