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Le malaise Groupon, peuvent-ils continuer dans cette voie ? par Marc Thouvenin

Depuis quelques semaines, les médias s’acharnent sur Groupon, la société apparemment satanique qui ferait beaucoup de mal aux petits commerçants locaux. L’émission de Capital sur M6 puis sur FranceTV, sans compter les autres médias, ont largement diabolisé l’entreprise. J’avoue que j’accorde généralement peu de crédit aux médias sur ces sujets car ils sont souvent plus à la recherche du spectaculaire, plutôt que de chercher à informer le public de manière impartiale. En plus, quand il s’agit de l’Internet, c’est encore plus ridicule : Souvenez-vous du reportage de Envoyé spécial à charge sur Facebook, qui avait généré une levée de boucliers, même au sein de la communauté des journalistes.

Cela faisait bien longtemps que j’avais envie d’écrire sur le sujet de Groupon, mais je n’avais jamais pris le temps. Pourtant il y a beaucoup de choses à dire, sur ce sujet, en bien et en mal. Et j’avoue que les évènements récents avec Mme Sylvie Pastur de Escale Design, m’y ont poussé. Voir ici son témoignage sur son litige avec Groupon.. Groupon a réagi depuis sur son blog. Le lien original a été effacé, probablement par Mme Pastur elle-même, je doute que Facebook puisse censurer. Ceci laisserait penser que Groupon ait trouvé un terrain d’entente avec elle pour étouffer l’affaire.

Mais laissons de coté les polémiques et les faits divers pour nous concentrer sur les fondamentaux :

Le concept de base

Il s’agit de pousser des promotions énormes (minimum -50%), à durée déterminée. Même si Groupon oeuvre principalement dans les services (Spa, Massage, Cours de pilotage, Saut en parachute, etc), ils ont parfois aussi des deals « nationaux » dans le commerce des biens physiques ou virtuels.

Le métier de Groupon consiste donc à acquérir et entretenir une base email énorme, et à lui pousser quotidiennement des offres négociées avec ses « partenaires ».

A qui est imputée la réduction offerte ?

Comme vous pouvez vous en douter, la réduction est entièrement imputée au commerçant, qui doit proposer une offre à au moins 50% de réduction (condition sine qua none).

Mais ce n’est pas tout : sur ce qu’il reste (moins de 50%), Groupon prend (au moins) la moitié.

Dans le meilleur des cas, le commerçant touche donc 25% de son prix public habituel.

Evidemment, l’offre doit rester identique à celle dont bénéficient les autres clients, pour un revenu quatre fois inférieur.

Les astuces pour limiter la réduction

Il y a bien sûr des astuces pour que le commerçant touche plus de 25% du prix classique : il s’agit de vendre un bon d’achat d’une valeur inférieure sur laquelle on fait -75% de réduc.

En gros, -75% un bon d’achat d’une valeur de 80€ à valoir sur un saut en parachute d’une valeur de 240€. In fine, le client paie 20€ son bon d’achat qui n’est utilisable que pour l’achat d’un saut à 240€, donc il paie 240-80+20 = 180€, soit 75% du prix public. Voir cet exemple.

Il semble que dans le cas de Escale Design, ceci n’est pas été autorisé car la commerçante prétend que tous les clients ont acheté uniquement les petits produits pas chers…

Les faiblesses du modèle Groupon

Une relation très déséquilibrée entre le commerçant et Groupon

Pour attirer les clients, Groupon impose des réductions très importantes, et gagne à chaque fois 50% de la valeur du coupon. De son coté, c’est le commerçant qui fait tout l’effort financier, jusqu’à perdre de l’argent pour avoir l’opportunité d’apparaitre sur Groupon. De son coté, Groupon monopolise toute la valeur, le site ne prend pas de risque et n’investit pas (hormis l’acquisition de sa base email, ce qui est quand même relativement onéreux).

Des offres basées sur la vente à perte

Oui, car c’est bien de vente à perte qu’il s’agit. En dehors du coté illégal de la vente à perte (difficile à caractériser dans ce cas, car il s’agit principalement de vente de services), il y a un vrai problème de pérennité du modèle si certaines parties prenantes sont perdantes.

Leur approche est basée sur l’idée que c’est un budget d’acquisition de clientèle. Le commerçant se dit « OK, je perds de l’argent cette fois, mais après ces clients vont me connaître et revenir dans l’avenir sans réduction et en payant le prix fort »

Un postulat de repeat business probablement faux à terme

Mais est-ce que c’est réél ? Est-ce que les clients qui ont bénéficié d’un coupon Groupon vont effectivement revenir au prix fort ?

Rien n’est moins sûr, car les inscrits à Groupon qui vont avoir des propositions de prix cassés tous les jours dans d’autres enseignes concurrentes vont être sévèrement tentés de toujours profiter des bonnes affaires. Imaginez que vous allez chez le coiffeur tous les trimestres. S’il y a 4 deals de salon de coiffure par an dans votre ville, est-ce que vous serez fidèle à l’un d’entre eux en particulier ? J’en doute.

Bien sûr, dans une ville où il y a 1 ou 2 coiffeurs, la fidélité est plus probable mais dans ce cas, le coiffeur a-t-il besoin de Groupon pour se faire connaître ? J’en doute tout autant.

Une taille critique impossible à atteindre en hyper local

Et puis, se pose donc la question de la taille critique en dehors des grandes villes.

Toute la valorisation orbitale de Groupon (plus de 6 Md$ pour une société qui devrait faire 500 M$ de revenus en 2010) est basée sur le fait que la dissémination hyperlocale pourra démultiplier à l’infini les offres et les clients.

Mais quand on parle d’hyperlocal aux USA, ça veut dire des villes de plus d’un million d’habitants, et en France, il n’y en a que 4 : Paris, Marseille, Lyon et Lille (il y a en apparemment 52 aux USA). En France, Groupon gère des villes comme Cannes et Antibes (70 et 75 000 habitants).

Et encore, ils se sont calmés car du temps de Citydeal (vendu à Groupon l’an dernier), pour la surenchère du nombre de villes ouvertes, il y avait même des villes comme Lorient (50 000 habitants).

A ce niveau de population, quel pourrait être l’ordre de grandeur du CA généré par Groupon ?

Faisons un rapide calcul :

Si on prend Lyon, par exemple. Sur les 10 derniers deals échus à ce jour, Groupon a vendu 196 850€, soit environ 20 000€/deal, avec une moyenne de 600 coupons, soit 33€ de panier moyen.

Lyon et l’agglomération représentent environ 1,8 millions d’habitants. Supposons qu’on puisse trouver autant de bons deals dans une ville de 50 000 habitants que dans l’agglomération de Lyon (ce qui est loin d’être évident).

On arriverait donc à un CA annuel de 20 000€/j x 220 jours ouvrés x 50 000 / 1 800 000 = 120 200€, soit une marge brute de 60 000€ annuels environ.

A Lyon, le CA annuel serait de 20 000€/j x 220 j = 4 400 000€ annuels

Après on peut faire plusieurs deals par jour, mais bon. C’est clair que sur des petites villes, ça ne permet même pas d’ouvrir un bureau sur place avec un commercial sur l’année… Ou alors, on met uniquement des « deals nationaux » ou ecommerce dans ces petites villes, mais cela n’a plus la même attractivité et ce n’est plus lié à la ville.

Les conséquences de ce bad buzz pour Groupon

Qu’on le veuille ou non, Groupon s’offre ainsi une visibilité incroyable dans les médias, et cela va avoir un impact énorme sur sa notoriété. Son image va certainement en pâtir mais cela est-il si important ?

Car au fond, il faut distinguer deux types d’interlocuteurs pour Groupon :

  • Les commerçants qui offrent les deals
  • Les clients qui les achetent

Puisqu’on est dans un modèle piloté par l’offre, les deux sont importants. Sans commerçants, pas de deals et donc pas de clients. Sans clients, pas ou peu de ventes, donc pas de marchands intéressés.

Les conséquences du point de vue des clients

L’acharnement des médias contre Groupon va avoir un effet très bénéfique sur les inscriptions spontanées, probablement plusieurs dizaines de milliers avec ce battage médiatique énorme. En gros, les clients s’en fichent que les commerçants travaillent à perte, ils vont comprendre que c’est intéressant pour leur porte-monnaie de profiter de l’aubaine.

Donc, on en revient toujours au même. Dans la communication, peu importe qu’on parle de vous en bien en mal, il faut juste qu’on parle de vous. J’aime bien aussi l’histoire du Benzene de Perrier.

Les conséquences vis-à-vis des partenaires

Il se peut qu’il y ait deux effets contradictoires conjugués.

  • de nombreux marchands vont se méfier et Groupon aura du mal à les convaincre
  • d’autres vont connaître Groupon par ces évènements et contacter spontanément Groupon, en se disant que, contrairement aux plaignants, ils sauront profiter du volume de Groupon sans se faire avoir

Par contre, à long terme, si la politique actuelle de Groupon se maintient, les commerçants vont se regrouper pour contrer les opérateurs comme Groupon. C’est déjà un phénomène qui se produit vis à vis de Smartbox and co. Et je ne serais pas surpris que des syndicats professionnels se réunissent en GIE pour proposer des alternatives de couponing à but non lucratif.

Le développement illimité ou la saturation et le déclin prochain ?

Lorsque la majorité des commerçants auront compris que le repeat business promis n’aura pas lieu, ils vont arrêter de vendre à perte. La proposition de Groupon tiendra si les clients continuent à acheter avec des réductions plus raisonnables à -25%, et si Groupon accepte de réduire sa commission à 20% du prix du coupon. Le commerçant touchera donc 80% de 75%, soit environ 60% du prix public, ce qui lui laissera une petite marge.

Sinon, Groupon devra aller chercher de plus en plus loin, les commerçants qui acceptent de perdre de l’argent. Le taux de satisfaction des consommateurs baissera largement, car ces derniers seront tentés de dégrader les prestations aux acheteurs de coupons pour inciter les clients « plein pot » à justement payer le prix fort pour un meilleur service.

Mais tout ça pourra durer bien longtemps, car il y a encore de nombreux commerces qui cherchent de la visibilité sur internet et pourront facilement se faire avoir.

Cela me fait vraiment fortement penser à Cortix, connu pour ses techniques d’arnaques très perfectionnées qui ont d’ailleurs été rendues publiques lors de l’introduction en bourse de la société… qui a déjà commencé à décliner.

Marc Thouvenin

Fondateur de Regioneo et Neovira

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36 thoughts on “Le malaise Groupon, peuvent-ils continuer dans cette voie ? par Marc Thouvenin”

  1. Oui, Quentin, mais voilà, il remonte à la surface et il est toujours d’actualité. Il manque peut-être l’annonce des pertes pharaoniques de Groupon annoncées pour l’IPO, mais à part ça, tout reste valable.

  2.  » Mais ce n’est pas tout : sur ce qu’il reste (moins de 50%), Groupon prend (au moins) la moitié.  »

    Ce point la n’est pas correct. La commission de Groupon ne dépasse jamais la moitié du prix du coupon et elle est souvent en deçà de 50%.

    très bon article merci.

  3. Yahooooo, est-ce que tu es sûr de toi ? As-tu des exemples de deals où Groupon prend moins de 50% du prix du coupon. Car les (nombreux) témoignages publics là-dessus sont unanimes : Groupon prend au moins 50%, parfois jusqu’à 100% sur des prestations à très fortes marges, comme le conseil.
    C’est notamment ce qu’avait affirmé « Sylvie Pastur » sur la partie « coaching déco » sur laquelle elle avait accepté de travailler gratuitement (100% du prix du coupon revenait à Groupon), pensant ensuite vendre des meubles… ce qui s’est avéré ne pas se produire d’ailleurs.

    1. Oui c’est vrai, il peut y avoir quelques exceptions.

      Mais pour la majorité des deals, Groupon propose à ses partenaires de partager (sur la base d’un 50-50) les gains de son opération.

      Groupon peut d’ailleurs baisser ses marges pour pouvoir attirer des partenaires prestigieux et générer du traffic sur son site.

      D’autre partenaires ont des coûts élevés en matières premières (pour les instituts de beauté par exemple) et ne peuvent pas laisser à Groupon une commission trop importante.

      Certains deals rapportent donc peu d’argent, mais permettent d’acquérir du traffic.

      1. « Certains deals rapportent donc peu d’argent, mais permettent d’acquérir du traffic. »
        -> je dirais même plus que la majorité des deals génèrent une perte.
        Donc cette action est de fait un investissement et non une méthode d’acquisition immédiatement rentable.
        Toute la question est donc de savoir quel est le ROI et quand ce ROI arrive-t-il (2e, 3e achat du client, etc)

  4. moi j’entends plutôt parler de 40% de moyenne et d’expérience perso c’est en dessous…

    mais vu que 40 est une moyenne il y a donc des montants supérieurs (50) ET inférieurs (30) .. c’est qu’une question de volume (deals nationaux) et de « prestige »….
    un salon de massage thaï à Brest doit être à 50….

  5. Très bien résumé. Je pense aussi que le modèle actuel doit évoluer pour être viable.

    Un point que j’ajouterais pour aller plus loin et qui selon moi est essentiel, c’est la qualité de la relation entre Groupon et les commerçants.

    Sur un modèle B to B to C, il faut prendre soin de cette première cible afin qu’elle offre un service de qualité au client final. Les commerçants ont souvent le sentiment de se faire arnaquer et donc le client se retrouve avec un service dégradé.

    J’ai aussi remarqué que la sélection des commerçants se dégradait. Ayant grillé ses premières cartouches avec les grands noms du centre-ville (tous secteurs confondus), Groupon se rabat sur des petits commerçants qui n’ont pas les moyens d’assurer la prestation : « nous sommes complet jusqu’à la clôture du deal » !

    Et donc le principe initial du client qui en amène d’autres par le bouche à oreille ne fonctionne pas toujours.

  6. Bonjour,

    Pour tous les business qui reposent sur des taux d’occupation (spa, hôtellerie, restauration, transport, etc.), je ne vois pas la pertinence de la critique de cet article.

    Pour les autres commerçants, si effectivement ils font moins de 75% de marge et que la vente effectuée n’implique pas réellement de transaction ultérieure (type abonnement, Nespresso et ses capsules, etc.), ils seront perdants avec les grouponlikes.
    Mais sont-ils si naïfs, d’autant plus qu’ils sont maintenant mis en garde par les bad buzzs en question ?

    Et, surtout, le business model de Groupon et consorts ne pourrait-il pas simplement être viable sans eux, c’est à dire seulement avec des acteurs qui gagnent aussi à l’opération ?

  7. Il y a effectivement de la naiveté chez les commerçants, Paul.
    Mais il y a aussi une tromperie sur les bénéfices rééls à long-terme d’un deal.
    Ce n’est pas parce qu’une table est vide, que cela n’a pas de coût d’y servir un client. Il y a la nourriture à payer (au moins).
    Et puis, il y aussi l’effet de cannibalisation, car le client qui a acheté son coupon à 50% a quand même envie de l’utiliser le samedi soir comme tout le monde et pas spécialement quand justement cette table est libre. Même s’il y a parfois des restrictions d’usage des coupons, ceux-ci ne sont jamais vendu à l’avance, mais plusieurs semaines voire plusieurs mois avec l’usage du bon.
    Donc le coté « Groupon remplit les tables vides » c’est un super argument marketing, mais ça ne correspond pas du tout à la réalité, sauf peut-être pour ceux qui viennent de lancer leur resto.
    Mais là, où le mensonge se poursuit, c’est sur la récurrence présumée suite à l’usage d’un bon.
    Est-ce qu’on peut raisonnablement croire qu’un client qui achète régulièrement des coupons, retournera de lui même dans ce restaurant en payant plein pot, alors que Groupon continue à vendre des coupons à 50% pour les restaurants aux alentours ?
    Ceux qui le croient sont naifs, oui.

  8. Je ne pensais pas me retrouver ainsi avocat de Groupon (il y a de quoi critiquer : valorisation financière, nombre d’acteurs excessif, faiblesse éditoriale…) mais je dois admettre que l’argument du « pauvre commerçant local » m’irrite.

    Les termes de l’échange me semblent plutôt clairs, et je ne vois pas où est le problème. Même une PME locale peut prendre sa calculette et juger de la qualité de l’opportunité, y compris en prenant en compte l’effet de canibalisation.

    C’est certes une erreur grossière de se laisser convaincre par la récurrence présumée, voire l’effet de notoriété, mais je ne pense pas que ce soit un levier essentiel pour la majorité des commerçants qui acceptent l’offre de Groupon.
    Et de là à parler de mensonge…

    Il me semble qu’il suffit de voir comme souvent les mêmes offres reviennent chez Groupon et ses concurrents pour se dire qu’un bon nombre de vendeurs a dû y trouver son compte, y compris en prenant une calculette a posteriori.

  9. Sur la question de la récurrence, il y a vraiment un « mensonge », car c’est l’argument principal et il est faux.
    Par contre, je te rejoins sur le fait que certains business ont intérêt à travailler avec Groupon, je pense effectivement que c’est utile et profitable dans leur cas.

    Par ailleurs, je pense que leur business est respectable.

    Mon propos est plutôt de montrer les faiblesses de leur approche qui peuvent créer de grandes difficultés pour eux et pour leurs partenaires :
    1/ à la fin, s’il n’y a plus que des ecommerçants ou des marques sur Groupon et plus de commerces locaux, Groupon ne sera plus vraiment Groupon
    2/ à force de marteler au consommateur qu’il peut avoir son repas tous les jours à 50%, il finit par penser que les restaurateurs sont des voleurs et ces clients ne voudront plus jamais payer le prix fort
    -> regardez ce que cette approche a créé sur Internet, où tous les contenus étaient réputés gratuits et donc où tous les business notamment dans la musique et la vidéo sont aujourd’hui bancals

    Si Groupon continue comme ça, le risque c’est qu’il n’y ait plus de commerce candidats à être sur le site, où alors ceux qui ont intérêt à y être mais qui n’intéressent pas les clients, qui bouderont le site.
    Granjon a dit « c’est l’évènement qui fait le trafic », si les meilleurs commerçants ne voient pas leur intérêt, il n’y aura plus d’évènement, et les deals seront sur des boutiques de philatélie.

  10. Après le tweet de @ThomasBCN (tu peux nous dire aussi ce que tu en penses, Thomas !), je me dois de continuer la discussion :)

    Sur le fait que la récurrence soit l’argument principal des commerciaux de Groupon, je n’ai pas grand chose à dire, faute d’avoir pu entendre moi-même leur discours.
    Si c’est le cas, c’est effectivement assez malhonnête. S’ils l’affirment comme une garantie, c’est même effectivement un mensonge.
    Mais cela me surprend. Pourquoi leur argument principal ne serait pas le plus évident : la garantie d’un volume de vente ?
    Je crois que c’est un argument de choc qui pourra continuer à attirer les commerces candidats.

    Quant à leur avenir : je ne vois pas pourquoi il y aurait seulement des ecommerçants ou des marques et plus de commerces locaux (les deux groupes s’opposent ?) sur Groupon.

    Le dernier point est de la valeur des produits et services dans la perception du consommateur.
    Effectivement les conséquences du passage d’un marché de la vente au détail à la vente en gros, et de la coexistence nécessaire des deux options, sont difficiles à mesurer. Je suis aussi assez accord à propos de la nécessité de tirer des enseignements de l’absence de solution correcte rencontrée jusqu’ici pour le marché de la musique par exemple.

    Mais il faut peut-être d’abord s’en remettre aux fondamentaux : la valeur réelle d’un produit ou service dépend exclusivement de la rencontre de l’offre et de la demande.
    Une fois encore si l’on exclu l’absurdité dans les comportement des commerçants (accepter de vendre à perte), il n’y a pas de problème.
    Peut-être que les repas en question ne seront plus tous les jours à -50%, mais que ce sera le prix qu’ils vaudront dans ce modèle…

    Bien sûr différents équilibres peuvent coexister : il suffit de voir par exemple les différences entre les prix payés par les différents passagers d’un avion.

  11. J´ai lu en bonne partie, intéressant. Rien de nouveau sous le soleil, mais l article et les réflexions en commentaires prennent en compte pas mal de facteurs du modèle groupon.

    @paul > J´essaierai de repasser par ici laisser mon commentaire lorsque ma to-do list me le permettra.

  12. Le volume est un bel argument mais d’un point de vue business, c’est douteux, si on perd de l’argent à chaque vente.

    ça ne se justifie que dans le cadre de la promotion d’un commerce et notamment pour l’acquisition d’une notoriété

    dans le commerce local, la notoriété est beaucoup moins utile que pour une marque qui a de nombreux canaux de vente.

    Pour moi, on ne peut pas comparer les avions et les restaurants. Une place occupée de plus a un coût significatif dans un restaurant, dans un avion, c’est peu significatif car uniquement le prix du panier qui est de quelques euros comparés au prix du billet.

    Pour moi, l’analogie aux avions, c’est les concerts, car pour le coup, une personne de plus ou de moins, ça n’a pas de cout, et on peut supposer que les clients ne vont pas trop attendre le dernier moment pour payer moins cher, sinon, ils ne pourront plus entrer (si le concert est sold-out)
    Bien sûr ça ne marche que pour les concerts qui ne sont pas sold-out, donc les meilleurs concerts, ceux qui attirent les clients ne seront jamais vendu par ce biais.
    Donc Groupon serait condamné à ne vendre en réduc que les concerts dont les gens ne veulent pas trop.

  13. « Une place occupée de plus a un coût significatif dans un restaurant » –> oui, mais leur marge sur coût variable est supérieure à 75%.

    « Donc Groupon serait condamné à ne vendre en réduc que les concerts dont les gens ne veulent pas trop. » –> Groupon ne peut structurellement que vendre des produits ou services peu demandés : aucun vendeur ne cède 75% à un intermédiaire s’il vend déjà sans problème tout ce qu’il veut.

    Je crois que notre conclusion est la même et est assez évidente : les commerçants ne doivent pas envisager de vendre à perte, et ils doivent prendre en compte l’éventuel coût du cannibalisme.

    Si mon coût variable est supérieur à 25% de mon prix de vente public –> pas de Groupon.
    Idem si Groupon me fera perdre plus par cannibalisme que ce qu’il me rapportera.

    Typiquement pour un restaurant le calcul est très facile à faire.

    Le gain de notoriété ou la récurrence ne doivent pas entrer dans le calcul : ce sera seulement un potentiel bonus.

  14. Voilà, exactement, pour un commerce le gain de notoriété, c’est du bonus (et pas l’objectif principal)
    Par contre, pour une marque ou un marchand, ils peuvent utiliser la machine Groupon pour la notoriété comme objectif principal, ça a un sens.

  15. Marc,
    Je pense qu’il aurait pu etre plus intéressant d’avoir ton analyse sur les models alternatifs qui sont déjà en place… car la tu ne fais que pousser a l’amalgame sur des arguments assez inegaux en terme de vérité (ie. la politique commerciale de GPN n’est pas la meme dans tous les pays, et nous sommes probablement les moins bien servis dans le monde). Ajouté au fait que les arguments sont lus et relus (dépassés?), je trouve que ton article est moins pertinent que ce que tu as l’habitude d’ecrire.
    Au plaisir de lire ta vision d’entrepeneur innovant sur le model « Social/local Shopping »
    Bien à toi,
    Damien

  16. Merci Damien pour ton compliment ;-) [« moins pertinent que ce que tu as l’habitude d’écrire »]

    Désolé si je ne connais pas aussi bien le secteur que toi. J’avoue que je n’ai pas étudié en détail les différences de nombreux sites dans la lignée de Groupon.

    Je pense que ça vaudrait bien un article dédié sur Frenchweb qu’on pourrait co-écrire si ça te dit.

    D’ailleurs ma motivation à écrire cet article il y a quelques semaines (repris seulement aujourd’hui par Frenchweb) était justement que mon analyse n’était pas représentée dans tout ce que j’avais pu lire et j’avais trouvé qu’il manquait une synthèse sur le sujet. Si les arguments sont comme tu le dis lus et relus, c’est que j’avais pas assez regardé !

    Au plaisir d’échanger avec toi sur le sujet quand tu veux.

  17. J’ai l’impression qu’on voit apparaître des opportuniste.
    Exemple du robot aspirateur.
    J’achète 1000 robot aspi NONAME en chine 80€/pièce.
    Je créé une entreprise ‘Aspi robot’ et un site Internet vitrine bidon avec un prix de vente à 500€ le robot.
    je passe par groupon pour proposer mon aspi à 250€ au lieu de 500€ affiché sur mon site internet qui n’a jamais vendu un seul robot à ce prix.
    les clients sautent sur l' »aubaine » et se ruent sur l’offre…
    groupon se prend sa commission, mettons 75€ et moi je vend d’un seul coup mes 1000 pièces en faisant 75€ de marge par aspi.

    Revenu= 75€ * 1000 en un jour…
    reste à enlever mes charges je repart avec au moins 30 ou 40K€ dans ma poche, en 1 jour !

    je peux renouveler l’opération 2 ou 3 fois par an, ce qui me laisse un revenu confortable.

    c’est le problème de la remise bidon sur un prix public tout aussi bidon !

  18. Bonjour à tous,

    Article sympa à lire, je voulais ajouter un point sur les premiers commentaires @yahooo :

    Sur la marge que va prendre groupon, il ne faut pas oublier le côté humain.
    C’est notre ami le commercial qui va apposer sa marge à la fin de son argumentaire.
    Dans le BtoB, face à une clientèle de TPE, le prix est souvent posé au feeling. Le commercial va y jouer la part variable de son salaire.
    Imaginez un commercial en fin de mois à qui il manque juste un contrat pour débloquer une prime ou un challenge et un autre en début de mois qui tombe sur une coiffeuse « bonne poire ».
    Je suis certain que la marge prise par groupon sera très différente..

    @marc
    « Les témoignages publics sont unanimes sur le fait que groupon prend de très forte marge ».
    Certainement car seul les mécontents se font entendre et ceux qui ont obtenus des commerciaux de bons tarifs sont plus occupés à gérer leur business qu’à se faire entendre dans divers médias web ou télé.

    Pour finir, j’ai l’impression que groupon a commencé à réagir avec son application « groupon now » qui laisserai aux commerçants plus de choix quant à la parution de leurs deals.

    à vous les studios ;)

  19. L’aspect magique du modele Groupon & Co est de pouvoir vendre en quantité ILLIMITEE au jour 0 un bon pour un service qui sera en pratique rendu selon la capacité limitée du marchand dans les mois qui suivent.

    Le site de deal gagne le plus de cash possible « upfront ». C’est ensuite au marchand de se débrouiller pour rendre les services vendus.

    N’oublions pas non plus le breakage (coupons non utilisés) qui tourne autour de 20-30% selon les produits. Je ne sais pas si c’est toujours le cas mais Groupon ne payait aux commercans que les coupons utilisés.

    Bref, un modèle génial.

  20. Je trouve quand même fou qu’un commerçant soit enclin à perdre 75% du revenu de sa prestation pour faire entrer des clients dans sa boutique.

    Est-ce pour favoriser le bouche à oreille à tout prix ?

    Et est-ce qu’il n’y aurait pas un d’autres moyens aussi efficaces d’amener des internautes dans un commerce traditionnel sans passer par une forte réduction ?

    Parce que l’appétit à l’air important du coté des commerçants…

  21. @Daniele Oui un modèle génial pour l’instant, avec une bonne barrière à l’entrée en faisant des deals exclusifs. Par contre, si les marchands ne trouvent pas leur intérêt et désertent le site, ils n’auront plus de business

    @Yahooo en fait, il ne perd pas forcément 75% de son revenu, car dans les faits une partie aurait été perdue de toutes façons si les clients n’étaient pas venus du tout. Pour un concert par ex, s’il reste 100 places 2 jours avant la fin, il vaut mieux les vendre à 25% que ne pas les vendre du tout. Pour les business où servir le client a un cout intrinseque, c’est différent

    @jean est-ce que tu peux citer tes sources. J’ai l’impression qu’il y a beaucoup d’informations subjectives sur le sujet, et je doute fort que Groupon ait publié ses vrais chiffres.

  22. Pour être un acteur du secteur, et pour avoir été confronté à la réalité du marché, chaque comme commerçant est unique et libre de choisir ce qu’il veut faire. Aucun contrat ne se ressemble et si un commerçant ne s’y retrouve pas je peux vous assurez que le deal ne se fait pas, ça c’est la première chose. Ensuite, concernant les bénéfices d’une opération pour un commerçant il faut prendre compte que c’est un modèle à la performance, vous ne payez rien tant qu’il n’y a pas acheteur. Si il y a acheteur, une commission comprise entre 15 et 30% (sisi) est demandé au commerçant cette commission varie en fonction de l’offre et de la réduction accordée, plus la réduction (min 40%)est grande plus la commission est faible…ce qui me parait logique car il sera plus facile d’attirer des acheteurs. Ensuite il faut faire en sorte que l’offre soit pertinente pour fidéliser ses nouveau clients ou en attirer de nouveaux. Exemple : Utilisation du coupon à certaines tranches horaire à certain jours, limité le nombre de coupon… Cela afin d’établir une relation gagnant-gagnant @Marc l’exclusivité est un mythe, concernant les clients qui ne viennent pas nous rétribuons aussi les commerçants pour ces clients là ce qui me parait normal du fait que les clients n’aurait pas acheter sans l’offre du commerçant, enfin de sources^^ opérationnelle la commission débute à 30% et peut finir à 15%: le but n’est pas de partir comme un voleur en ayant pris ce qui fallait prendre mais de faire en sorte que le commerçant renouvelle le partenariat dans une relation de confiance. Le but est de l’accompagner et non pas de l’enterrer… Ps: A prendre en compte que nous sommes un acteur récent spécialisé dans les sorties nocturnes (restaurants, bars et soirées)

  23. Le model groupon est surement la réussite du 21e siecle en e commerce avec le vente privée, cependant la gestion et la création d’un rapport win-lose en défaveur des commerçants va surement faire leur perte d’ici quelques années! C’est bien d’avoir des clients mais encore faut il avoir des fournisseur…

    Si la stratégie ne change pas, la société va décliner et dans de grande proportion!

  24. Article intéressant, mais en bonne partie erroné du fait d’un cruel manque d’investigation et de mise à jour. En effet, si au départ, le modèle GROUPON a pu entraîner quelques insatisfaction, je vous dirai que c’est tout à fait normal. Mais de là à dire que les commerçants sont naïfs envers leur proposition, j’en doute fort.
    Regarder les deals, les montants proposés par périodes au niveau des hôtels et vous comprendrez davantage. Un commerçant se doute bien que les prix cassés qu’il propose ne sont pas là pour faire connaitre son établissement mais pour toucher du client, surtout en période creuse. En effet en bradant une chambre à 50% (sans doute déjà amortie depuis longtemps) et en incluant quelques prestations BIEN CHOISIES ET CALCULEES (j’insiste là dessus), le commerçant va tout simplement rogner sur sa marge et par sur ses coûts fixes (autant dire qu’il ne va pas faire faillite) cette stratégie lui permet d’augmenter ses possibilité de rebond (elle permettre de récréer la marge perdue). Vous noterez également que le client a également la possibilité d’étendre son séjour. Exemple simple: Chambre d’hôtel 2 nuits + 4 petits dej + 2*50 minutes de hammam + 1 massage de 20 minutes = 100 € au lieu de 220 €. Oui mais j’aurai besoin de manger aussi donc restaurant de l’hôtel = 6*20 € (120€), je voudrai aussi un autre hammam = 15*2 € et un massage = 22 € donc finalement je devrai dépenser 172 € en supplément sans compter tous les autres services.

    Ne diabolisez pas GROUPON, c’est juste un annonceur, qui propose des réductions très intéressantes mais c’est au commerçant de proposer des offres calculées de la sorte à combler les périodes creuses (ex: brader un chambre mais faire fonctionner les autres services comme le restaurant, le salon de massage, la salle de sport) afin de récupérer une marge réduite mais belle et bien présente.

    Le client lui, ne voit que ce qu’il gagne, il ne reviendra pas dans l’établissement pour payer un prix classique mais cela n’empêche pas que tout le monde soit gagnant.

  25. Article très intéressant.

    Je suis partenaire groupon pour du service et je tiens à faire part de mon expérience.

    1/ Groupon prend une commission qui avoisine les 50%
    2/ La réduction qui m’a été imposée est de plus de 70% (100€ le prix de départ vendu 29€ par Groupon)
    3/ Lorsque un client ne vient pas, je ne suis pas rétribuée par Groupon. Sauf dans les cas où le client a téléphoné pour prendre RDV et que j’ai relevé ses codes. (Ceux qui me téléphonent la bouche en coeur qu’ils ont oublié le RDV et m’en demandent un autre, c’est niet !)
    4/ Les clients Groupon ne sont pas forcément enclins à dépenser au delà de leur coupon. Je les appelle les coureurs de bonnes affaires. Le genre de personne qui ne sera jamais un client.
    5/ Après avoir obtenu une prestation à bas prix, les « clients » ne sont pas prêts à payer le prix fort. Je le constate d’autant plus qu’ils me demandent si je ferai une autre offre avec groupon pour revenir.
    6/ Une étiquette prestataire low cost colle à la peau après une expérience Groupon.
    7/Je ne ferai plus d’offre avec Groupon.

  26. Bonjour,
    Je vois que beaucoup de personnes (particulier ou professionnel) ont été déçu de Groupon ou autres sites d’achat groupé.
    J’ai trouvé un site http://www.lesbonsechos.com qui propose un vrai partenariat équilibré pour les professionnels
    Et comme sur ce site les professionnels gèrent eux-mêmes les réductions ou le nombre de places, ils ne travaillent pas à perte. Ceux qui les motivent à faire un travail de qualité.
    De plus les particuliers qui ont bénéficié de l’offre peuvent donner leur avis après sur le site.

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