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Les enceintes pour enfants d’Amazon ne protégeraient pas leurs données personnelles

La nouvelle génération est-elle en train de perdre le contrôle de ses données personnelles dès le plus jeune âge? Des associations américaines le pensent et se sont alliées avec cette fois-ci Amazon en ligne de mire: après avoir mené leur propre enquête,elles urgent la Federal Trade Commission de se pencher sur le cas des enceintes intelligentes Echo Dot Kids sorties il y a un an à destination des enfants et qui selon elles viole le Children’s Online Privacy Protection Act (Coppa).

Données conservées même après qu’elles aient été supprimées par les parents, règles de confidentialité trompeuses… la liste des alertes publiées par la coalition des 19 défenseurs des droits des consommateurs et de la santé publique menée par la Campagne pour une enfance sans publicité (CCFC) et le Center for Digital Democracy (CDD), est longue. 

Des informations impossibles à supprimer

Les Echo Dot Kids d’Amazon embarquent l’assistant vocal Alexa et fonctionnent sous le même principe que la version classique. Ils se déclenchent à la voix une fois le mot Alexa prononcé et enregistrent la demande pour la traiter. Outre leur design pensé pour les enfants, Amazon expliquait avoir adapté le logiciel pour que les parents puissent contrôler les contenus accessibles ou encore la durée d’utilisation. Ils comprennent également un  abonnement d’un an à Amazon FreeTime Unlimited qui propose des contenus comme des livres audio pour enfants. Et surtout, étant donné la cible visée, le produit se doit d’être conforme au Children’s Online Privacy Protection Act, une loi entrée en vigueur des 2000 aux États-Unis pour protéger la vie privée sur Internet des enfants de moins de 13 ans. Avec son produit, Amazon vise les 5-12 ans.

Parmi les différents griefs, la coalition dit s’être rendue compte que l’appareil collecte et garde indéfinitivement les données récupérées auprès des enfants comme leurs enregistrements vocaux ou encore leurs habitudes de lecture. Et ce, même si les parents pensent avoir supprimé ces informations. Pour prouver ce point, une des associations, l’Institute for Public Representation, a publié une vidéo dans laquelle une enfant demande à Alexia de retenir plusieurs informations comme son numéro de téléphone. Un adulte se saisit ensuite de son téléphone pour supprimer ces informations comme le permet l’application dédiée. Or, quand l’enfant repose la question, Alexia s’en souvient encore… Pourtant, la Coppa exige des sociétés qu’elles autorisent les parents à supprimer les informations personnelles de leurs enfants.

Autres problèmes pointés du doigt: les skills que peuvent télécharger les enfants. Pour la coalition, Amazon se dégage de sa responsabilité en demandant aux parents de consulter les règles de confidentialité auprès de l’entreprise qui développe les skills. Fait encore plus dérangeant, selon la plainte, 85% d’entre elles n’ont pas de politique de confidentialité publiée. De plus, Amazon n’aurait rien mis en place pour vérifier que la personne qui consent est bien un des parents.

Des règles incompréhensibles, même pour des experts de la confidentialité

«Nous avons passé des mois à analyser Echo Dot Kids et la myriade de règles de confidentialité de l’appareil et nous ne savons toujours pas exactement quelles données sont collectées par Amazon et qui y a accès», explique Angela Campbell, membre du conseil d’administration de la  CCFC. «Si les experts en confidentialité ne peuvent pas comprendre le labyrinthe de la politique de confidentialité d’Amazon, comment un parent peut-il donner son consentement de manière significative à la collecte des données de leurs enfants? »

Amazon a de son côté réagi en rejetant en bloc les accusations via un communiqué stipulant que «FreeTime sur Alexa et Echo Dot Kids Edition sont conformes à la loi Coppa » et renvoyant les parents vers le site du géant américain pour plus d’informations. Pour l’instant, la FTC n’a pas officiellement réagi mais difficile de savoir si elle va lancer une enquête car elle révèle rarement l’information en amont.

Mais pour rappel, la FTC n’avait pas hésité à sanctionner l’application TikTok pour avoir illégalement collecté des informations sur des enfants de moins de 13 ans. Elle s’était ainsi vu infliger une amende de 5,7 millions de dollars. TikTok a dû se conformer à la Coppa et supprimer toutes les vidéos téléchargées par les utilisateurs qui tombent dans le champ du Children’s Online Privacy Protection Act.

Innocentia Agbe

Journaliste @FrenchWeb.fr et @LeJournaldesRH. Merci d'adresser vos communiqués de presse et informations à redaction.frenchweb@decode.media
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