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Mondes virtuels d’entreprise: comment réinventer le bureau dans l’espace numérique?

AFP

Les confinements ont dopé l’intérêt des entreprises pour les mondes virtuels, où les salariés, clients, « prospects » ou fournisseurs peuvent se retrouver sous forme d’avatars et entrer en relation de manière moins austère qu’avec des outils numériques traditionnels comme les messageries ou les vidéo-conférences. « Nous travaillons de plus en plus avec des grands comptes pour les accompagner vers l’utilisation des mondes virtuels », explique Laurent Chrétien, le directeur général du salon Laval Virtual qui s’ouvre mercredi.

Dans le cyber-espace, le nombre de mondes virtuels d’entreprise est en train d’exploser, poursuit-il, en faisant le parallèle avec l’apparition des premiers sites internet d’entreprise aux débuts de la Toile. « Nous en avions identifié une quarantaine avant le confinement, mais il y en a aujourd’hui au moins 200 », indique-t-il. Au début des confinements en mars et avril 2020, « nous avons vu les demandes d’information sur notre site web être multipliées par cent », confirme Adam Michaelson, le directeur des partenariats de Virtway, éditeur espagnol de mondes virtuels qui compte une trentaine de salariés. « Le marché est en train de venir là ou nous étions depuis longtemps », se réjouit-il.

Les entreprises « veulent absolument trouver des moyens de rassembler à nouveau leurs salariés » malgré l’éloignement, explique-t-il. Créer une sorte de doublure du lieu de travail réel accessible sur n’importe quel écran d’ordinateur permet notamment de retrouver le plaisir des rencontres non prévues, en utilisant les fonctionnalités permettant des apartés et des conversations privées, expliquent les promoteurs des mondes virtuels. En télétravail classique, « tout rendez-vous doit être planifié », rappelle Cédric Chane, le directeur général d’Aptero, un éditeur de logiciel de monde virtuel récompensé par un prix de Facebook en 2019. « Les personnes se sentent isolées et il y a un grand manque de spontanéité dans les échanges ».

« Sentiment de présence »

« Notre sujet, c’est de remettre de l’humain dans des technologies qui sont très inhumaines et maintiennent de la distance », abonde Clément Merville, le directeur général de Manzalab, un autre créateur de monde virtuel. Cette PME parisienne et aixoise d’une cinquantaine de personnes, éditrice du logiciel de création de monde virtuel Teemew, a été créée il y a plus de dix ans par des fondateurs venus du milieu du jeu vidéo. « Même sur un écran plat, on peut générer un sentiment de coprésence » avec ses collègues de travail, explique Clément Merville. « Quand toutes les têtes (des avatars) se tournent vers la personne qui parle, cela recrée un sentiment de présence que l’on perd complètement en visio-conférence », explique-t-il. Manzalab travaille avec des partenaires comme la BNP, EDF ou Capgemini pour mettre au point un outil qui viendrait s’intégrer dans Teams, la plateforme collaborative de Microsoft.

« Dans une réunion Teams, on pourrait décider à un moment donné de basculer en 3D et de retrouver toutes les personnes avec leurs avatars, pour faire un break, retrouver un peu d’informel, et pouvoir faire des apartés avec qui on veut », explique-t-il. L’idée pourrait être aussi « de se retrouver dans l’agora de la société », une sorte de machine à café virtuelle qui « permet la détente mentale et où l’on peut retrouver des personnes qui n’ont rien à voir avec notre projet actuel », décrit-il. Selon Laurent Chrétien, une quinzaine d’entreprises sont aujourd’hui en train de tester un monde virtuel avec Komodal, la structure de conseil spécialisée créée par Laval Virtual. « Dans 5 à 10 ans, toute entreprise qu’elle soit start-up ou non voudra avoir son bureau virtuel, personnalisé selon ses goûts », pronostique de son côté Cédric Chane.

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