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Notre start-up n’a plus d’argent. Quel impact sur l’avenir? Les explications.

Billet publié sur la page Facebook de la start-up.

Bonjour à tous,

Voila, c'est dit. Pas simple à avouer en tant qu'entrepreneur, mais ça a le mérite d'être honnête.

A ce rythme, dans quelques mois, nous devrons mettre fin à l'aventure MoiChef.

Le contexte

Romain et moi avons lancé MoiChef à Toulouse en décembre 2014, après avoir quitté nos entreprises, et nos emplois (plutôt bien payés pour nos âges, respectivement 28 et 29 ans à l'époque) parce que nous avions un rêve.

Ce rêve, c'était tout simplement d'accessibiliser la cuisine des plus grands chefs afin que n'importe qui puisse cuisiner des plats exceptionnels, avec des ingrédients de qualité. Pour réaliser ce rêve il fallait affronter deux obstacles (en plus de quitter nos jobs confortables) :

1) Les chefs vont-ils livrer leurs secrets si jalousement gardés?

2) Comment "n'importe qui" pourra refaire seul, chez lui, des recettes qui ont nécessité des années de pratique aux grands chef ?

Je peux -avec assurance- dire qu'aujourd'hui, nous avons relevé ce défi, pas sans peine, mais nous avons réussi :

1) En entretenant une vraie relation de confiance avec les chefs et en mettant un point d'honneur à mettre en avant leur savoir faire. Livrer les meilleurs ingrédients possibles (les mêmes que ceux sélectionnés par les chefs), des photos de grande qualité (merci à notre gourou Emilie Gentils) et une Direction Artistique irréprochable (Thomas, t'es un artiste). Avec aujourd'hui plus de 30 chefs, dont les plus grands (Sébastien Bras, Yves Camdeborde, Christian Constant…), je considère cette mission comme accomplie.

2) En faisant le choix de ne proposer qu'une seule recette à la fois, nous avons pu consacrer beaucoup de temps à chacune d'entre elles, les faire et les parfaire jusqu'à ce qu'il ne reste plus aucune place au doute.

Nous avons permis à nos clients d'apprendre de nouvelles techniques, de découvrir de nouvelles saveurs sans pour autant avoir besoin d'acheter le robot de cuisine dernier cri. Avec plus de 1 500 plats vendus et des retours extrêmement positifs : mission accomplie. Mais ça ne fait pas tout.

La triste réalité du chômage

Malgré ces belles réussites, la réalité économique fait que nous sommes aujourd'hui au chômage. Nous ne nous sommes pas versés le moindre centime depuis la création de MoiChef : tout est réinvesti dans notre startup.

Nous avons investi 30 000€ de notre argent personnel dans MoiChef (indemnités de licenciement + vente de la voiture). Cette somme a fondu progressivement pour payer nos prestataires, notre site web, nos locaux, de la communication en ligne et hors ligne…

Si d'ici la fin de l'année, nous n'augmentons pas suffisamment le chiffre d'affaire de MoiChef, nous ne pourrons pas nous payer, et nous n'aurons plus le chômage. Ce sera donc la fin de cette aventure.

Pourquoi cet article ?

Déjà parce que ça fait du bien. Voilà.

Aussi, ça évitera probablement de recevoir des messages du type "Bande de capitalistes, vous avez quitté Toulouse pour vous en mettre plein les poches !" (Véridique) Enfin, parce que rien n'est joué, je suis toujours convaincu que nous pouvons emmener MoiChef très loin. Tous les gens qui ont pu tester notre service en ont été extrêmement satisfaits.

Cet article y contribuera peut être. L'espoir Pour vendre, il faut être connu. D'autant plus à Paris où le marché est actuellement saturé d'offres autour de la "food". Aucune d'entre elles ne fait concurrence à MoiChef, seule positionnée sur le haut de gamme avec exclusivement des plats de grand chefs. Encore faut-il réussir à faire passer ce message aux Parisiens.

Pour être connu, il faut communiquer et ça coûte de l'argent, beaucoup d'argent. Le fameux bouche à oreille -doux rêve de tout entrepreneur- fonctionne, mais beaucoup trop lentement. Nous sommes donc actuellement en train de chercher à lever des fonds auprès d'investisseurs. Ceux qui ont vu notre intervention télévisée sur BFM Business savent qu'un BA (Business Angel) est bien parti pour investir dans notre startup, mais tant que l'argent n'est pas sur le compte, le champagne reste au frigo.

Si en lisant ce message, vous vous dites que "quitte à défiscaliser pour l'ISF, autant que ce soit pour une belle startup" => Appelez moi tout de suite. Si votre oncle, votre tante ou votre voisin(e) paye l'ISF, envoyez lui cet article, avec un peu de chance il/elle s'arrêtera au paragraphe précédent. (…) Si vous êtes toujours là, vous pouvez juste nous envoyer un message d'encouragement, ou un tweet via Frenchweb. (…) Romain et moi ferons tout, jusqu'au bout, pour vous permettre de cuisiner chez vous les plats des plus grands chefs.

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Tristan LAFFONTASTristan Laffontas, est Co-Fondateur de MoiChef et Romain Priot.

Pour réagir: tristan@moichef.fr, romain@moichef.fr.

 

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La société a été créé fin 2014 à Toulouse. Elle est arrivée en février 2016 à Paris. Elle n'a réalisé à ce jour aucune levée de fonds. En tout, les fondateurs ont apporté 30 000 euros en tout comme capital de départ. Elle est incubée à Toulouse, à Ekito. 

«La photo a été prise ce week end, avec l'appareil qui sert à faire les photos pour nos plats». Un coup de com? «Il n'est pas calculé, mais clairement, on se rend que cela peut avoir un impact sur notre activité», admet à Frenchweb Tristan Laffontas

Sur ce secteur: 

Food Tech: quel est le véritable potentiel du secteur en Europe?

A Londres, Français et Britanniques bouillonnent pour la Food Tech

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Les Experts

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3 thoughts on “Notre start-up n’a plus d’argent. Quel impact sur l’avenir? Les explications.”

  1. 2 commentaires quand je lis cela :
    1- j’espère que cela va marcher pour vous et que vous trouverez non pas un investisseur, mais un marché
    Ce qui m’amène à mon autre commentaire :
    – quand on bout de 18 mois on n’arrive toujours pas à se payer, est-ce que ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de marché ? Aucun investisseur ne changera quoi que cela à ce fait. Quel est le business model ? Quel est le marché réel ? Quel client veut payer pour votre service ? Et combien de clients récurrents y sont prêts ?
    18 mois me paraissent très longs pour se poser ces questions que vous vous êtes sûrement déjà posés.

    En tout cas bonne chance, et si ce n’est pas cette entreprise, je suis certain que l’expérience accumulée servira pour votre prochaine creation…

  2. Le sujet auquel vous vous êtes attaqué est assez « touchy » en France. Mais passons.

    Mon propos ici est plutôt de questionner votre choix de dire, permettez la simplification toujours réductrice « nous sommes au bout du cash en réserve, nous risquons de fermer boutique, pitié aidez nous ».
    Je pense que c’était la moins bonne des options. Penser que faire appel à des investisseurs sur le mode « sauvez nous » fonctionne, j’ai de gros doutes, voire plus. Ou alors, il faut s’adresser à de vrais philanthropes…mais ils sont souvent aux US…

    Il faut faire envie (et surtout pas pitié). Il faut donner l’impression à un investisseur qu’il risque de perdre beaucoup « s’il ne fait pas parti de votre tour de table ». Qu’il faut « y en être ». Il faut montrer que vous avez la clé du succès et surtout pas que vous êtes à deux pas du gouffre.

    J’en conviens, ce n’est peut être pas évident…mais c’est la réalité du terrain de jeu des entrepreneurs.

  3. Ce que le témoigne ne dit pas, c’est quelles sont les principales raisons qui font que la chantilly ne monte pas. Qu’en est-il ?

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