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Orange : l’ère Stéphane Richard définitivement terminée

AFP

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L’ère Stéphane Richard est définitivement terminée: l’actuel président de Valeo Jacques Aschenbroich a été officiellement nommé jeudi président non exécutif d’Orange, complétant avec Christel Heydemann la nouvelle direction du groupe de télécoms. Sa nomination effective a été entérinée par le nouveau conseil d’administration d’Orange, qui s’est réuni jeudi dans la foulée de l’assemblée générale du groupe.

Le départ contraint de Stéphane Richard, PDG d’Orange depuis 2011, condamné en novembre dans l’affaire Tapie/Crédit Lyonnais, avait précipité la nomination d’une nouvelle direction, dans le cadre d’une gouvernance dissociée entre la direction générale et la présidence non exécutive. M. Aschenbroich, dont la candidature avait été notamment soutenue par l’Etat actionnaire, va former un tandem avec Mme Heydemann, 47 ans, devenue directrice générale début avril.

Pour compléter le duo et aller au bout de son mandat de quatre ans à la présidence du groupe, M. Aschenbroich, 67 ans, dépassera nécessairement la limite d’âge, que les statuts de l’entreprise fixent à 70 ans. C’est pourquoi le conseil d’administration d’Orange a présenté jeudi à l’assemblée générale une modification des statuts pour qu’un mandat puisse se terminer au-delà de l’âge limite. Après avoir un temps indiqué vouloir voter contre une telle modification, le conseil de surveillance du fonds actionnarial salarié FCPE Orange actions (6,6% du capital et 10,02% des droits de votes) a décidé de soutenir « par un vote majoritaire » la résolution visant la nomination de M. Aschenbroich, avait-il annoncé dans un communiqué mi-avril. Cette résolution a été adoptée par les actionnaires à plus de 90%.

Stéphane Richard renonce à son indemnité

Autre enjeu au menu de l’assemblée générale: le vote sur la résolution concernant les rémunérations des dirigeants. Initialement sur le départ fin janvier, M. Richard avait obtenu du conseil d’administration une « indemnité exceptionnelle brute » de 475 000 euros pour être finalement resté jusqu’au terme de son mandat. « Néanmoins, face à l’incompréhension de certains actionnaires qui considèrent que cette attribution n’est pas conforme aux principes qui doivent s’appliquer à la rémunération des mandataires sociaux et que cette modalité aurait dû être prévue et anticipée ».

M. Richard avait décidé de renoncer à cette rémunération exceptionnelle deux jours avant l’assemblée générale, avait annoncé Orange. « Mais j’ai l’intention de rester actionnaire d’Orange », a-t-il dit jeudi lors de cette assemblée générale, tout sourire, alors qu’il est pressenti pour rejoindre la banque d’affaires américaine Perella Weinberg, selon La Lettre A. La proposition de rémunération de ses deux successeurs a reçu le feu vert des actionnaires. Mme Heydemann, première femme à diriger le groupe, aura un salaire fixe de 900 000 euros par an, inférieur de 50 000 euros à celui de son prédécesseur.

« Condamnation des dysfonctionnements »

Mais sa rémunération globale, part variable comprise, sera en nette hausse pour atteindre entre 1,8 et 2,35 millions d’euros par an, si tous les objectifs sont atteints. Pour le nouveau président du conseil d’administration, la rémunération est fixée à 450 000 euros par an. La résolution sur la rémunération, « adoptée à seulement 50,5%, a été rejetée par 80% des actionnaires externes. Il s’agit d’une opposition massive à la politique de rétribution des dirigeants », a réagi la CFE-CGC, premier syndicat du groupe, dans un communiqué.

« C’est aussi la manifestation claire de la condamnation des dysfonctionnements d’une gouvernance entravée par l’Etat », ajoute le syndicat, alors que son représentant Sébastien Crozier briguait le poste de président du groupe. « Les critiques exprimées, de natures différentes selon les investisseurs, ont conduit un grand nombre d’investisseurs à ne pas pouvoir voter +pour+ cette résolution unique, ou bien à s’abstenir », a déclaré Orange dans un communiqué. Le conseil d’administration « a pris acte de ce vote plus faible qu’usuellement » et « a analysé les différents types de reproches formulés à son encontre », a encore indiqué l’entreprise.

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