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Stéphane Distinguin: « La Grande École du Numérique ne doit pas ajouter une nouvelle forme d’élitisme »

On en savait peu sur le projet de «Grande Ecole du Numérique » annoncé le 5 février à l’Elysée par le Président de la République. Voici que celui-ci commence à prendre forme. Le Premier ministre a mandaté le 24 mars trois experts pour en préciser la portée et sa mise en place: Gilles Roussel – président de l’université de Marne La Vallée, le consultant François-Xavier Marquis et Stéphane Distinguin, le président du pôle de compétitivité Cap Digital. Ils remettront leur rapport le 15 mai à Manuel Valls.

Lire la lettre adressée par Manuel Valls à Stéphane Distinguin, Gilles Roussel et François-Xavier Marquis

Des précisions sur ce projet avec Stéphane Distinguin, qui est également le fondateur de l’agence de développement Fabernovel :

FrenchWeb: En quoi consistera ce projet de « Grande Ecole du Numérique » ? 

Stéphane Distinguin: Il s’agit de libérer le potentiel du numérique à créer des emplois, susciter des vocations, et saisir la chance pour la France de faire participer ses jeunes. Certains sont à la fois exclus du système scolaire, mais aussi de cette révolution numérique qui doit justement changer la donne.

Comment bâtir un monde nouveau sans penser d’abord aux plus jeunes ? Et surtout comment ne pas penser un monde plus ouvert, plus « divers ». On fait souvent le reproche à la Silicon Valley d’être en fait très peu représentative en termes de profils et d’origines; c’est une faiblesse évidente. Le numérique doit être une chance et donner l’exemple. C’est notre responsabilité et c’est aussi une urgence. D’ici trois ans, ce système doit permettre la formation de 10 000 personnes à ces nouveaux métiers et à leurs enjeux.

Savez-vous quand sera-t-il opérationnel ? 

L’objectif est d’être opérationnel dès la rentrée prochaine. On parle d’octobre pour être plus exact.

Quels sont les objectifs que vous a précisé le gouvernement concernant ce projet ?

Il s’agit d’une mission de préfiguration. J’insiste pour dire que s’il reste encore à inventer et à bouger les lignes, il existe déjà d’excellentes initiatives qui visent à fédérer et à « faire passer à l’échelle » comme on dit dans le monde des start-up.

Notre objectif est de définir une gouvernance, un modèle de financement, un système de labellisation des formations et… de trouver un nom pour ce projet de « Grande Ecole du Numérique ». Il prendra la forme d’un réseau, partout en France. Le modèle ne sera donc à la fois ni unique, ni aligné sur le modèle traditionnel de la grande école à la française. Si vos lecteurs ont des idées, qu’ils n’hésitent pas, c’est la beauté des internets; ils sauront comment me trouver et m’écrire !

Comment cette nouvelle approche éducative pourra-t-elle s’inscrire dans le cadre du parcours de formation des étudiants français ? Ce projet peut-il conduire l’Etat à reconnaître des formations privées (du type  école 42 par exemple) ?

C’est tout l’objectif. Mais le point de départ reste de former des personnes qui sont éloignées ou qui ont quitté le parcours plus balisé de l’enseignement. C’est là que réside notre ambition.

Comment ce projet s’inscrira-t-il dans le réseau des formations diplômantes à l’international ? Quelle coopération avec des institutions reconnues comme Standford ?

Nous sommes déjà en contact avec Polytechnique, le 42, l’ESCP Europe, des MOOC, et beaucoup d’autres. Nous veillerons à donner accès à l’excellence, mais notre enjeu n’est pas encore celui de l’ouverture à l’international ou d’entrer dans le classement de Shangaï. Au contraire même ! Il faut inventer, changer, bouleverser ces classements. C’est tout l’enjeu de l’association entre l’enseignement et le numérique. Je suis un entrepreneur et je crois que c’est d’abord pour cette raison que le gouvernement m’a confié cette mission.

Quelle seraient selon vous les formations à proposer et à qui s’adresseraient-elles en priorité ?

Je le répète : les formations seront d’abord destinées à donner accès à l’emploi à des personnes qui en sont éloignées. Il y a un vrai problème de pénurie dans nos entreprises et de chômage dans la société. Il ne s’agit pas de concurrencer des systèmes qui fonctionnent déjà, ou d’ajouter une nouvelle forme d’élitisme. L’objectif est bien de casser cette situation paradoxale qui deviendra criminelle si elle devait s’installer durablement.

Crédit photo: FrenchWeb, tous droits réservés
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Microsoft Experiences les 3 et 4 octobre 2017

Adeline Raynal

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