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Telecom Italia, une pierre de plus à l’édifice de Xavier Niel?

Xavier Niel veut poursuivre ses conquêtes dans le secteur télécom européen. Après avoir acquis Orange Suisse pour 2,3 milliards d’euros devenant «Salt», et 55% de Monaco Telecom pour 322 millions d’euros, la patron d’Iliad, est venu se placer parmi les actionnaires de Telecom Italia avec une prise de participation potentielle de 11,2% du capital. Rien de surprenant dans la stratégie de Xavier Niel, qui, depuis trois ans, poursuit ses emplettes dans le secteur et cherche à placer ses actifs.

L’hypothèse aurait pu en rester là, sauf que cet investissement dans le premier opérateur télécom italien, estimé à 1,7 milliard d’euros, vient doubler celui de Vincent Bolloré. Le patron de Vivendi avait investi 3 milliards d’euros dans le groupe transalpin qu’il détient à 20%. Du coup, les deux PDG français seront-ils rivaux ou futures partenaires?

Dans les prises de participation de Xavier Niel, deux choix semblent être privilégiés: les opérateurs secondaires (4e ou 5e au niveau national), mais qui sont de potentielles tête de pont vers d’autres marchés. En dehors de l’Europe, la patron d’Iliad a aussi investi cette année dans MyRepublic, un opérateur singapourien présent en Nouvelle-Zélande, et qui vise l’Australie et la Malaisie où la croissance des abonnements mobiles est exponentielle.

Golan et Hot Mobile discutent

Autre choix dans la stratégie de Xavier Niel, les 30% de parts qu’il détient dans Golan Telecom, dont l’ambition est de devenir le «Free israëlien» et qui rivalise avec la cablo-opérateur «Hot Mobile», la propriété de Patrick Drahi (Altice-SFR-Numericable). En se développant sur les services TV, Golan venait marcher sur les plate-bandes de l’entité d’Altice. Mais alors que la rivalité avait été pronostiquée entre les deux patrons français, la presse israëlienne a révélé jeudi 29 octobre que les deux opérateurs pourraient fusionner, dans le cadre de la revente des parts de son fondateur Michaël Boukhobza. Hot Mobile rachèterait Golan pour environ 124 millions de dollars, tout en créant de nouvelles synergies entre les deux acteurs, et faire gagner 15% de la valeur de Golan.

Plutôt que la rivalité, et sur qui des deux patrons possèdera le plus de parts de Telecom Italia, Bolloré et Niel pourrait aussi choisir de fusionner leurs parts, prenant ainsi le contrôle de l’italien. L’opération financière serait également plus facile à réaliser auprès de la Consob, l’autorité de contrôle de la Bourse de Milan.

Reste enfin le scénario ou Xavier Niel voudrait faire cavalier seul pour revendre plus cher ses parts dans Telecom Italia à Vincent Bolloré, et en faire une plus-value en vue de nouvelles acquisitions. Le groupe Vivendi prendrait alors seul le contrôle de Telecom Italia, aux côtés des investisseurs institutionnels italiens historiques.

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Jeanne Dussueil

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