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[Tribune] Fabrice Le Parc, CEO de Smartdate publie une lettre ouverte à Nicolas Sarkozy

Le fondateur de Smartdate,  site de rencontres entre célibataires créé en avril 2010 et revendiquant 20 000 nouveaux utilisateurs quotidiens, a profité du eG8 pour diffuser une tribune libre à destination de Nicolas Sarkozy: « M. Le Président, les start-ups françaises ont besoin d’aide ».

Il en profite pour soumettre huit propositions, détaillées ci-dessous, qui ont le mérite de proposer des bases de discussion:

  • Définissons un statut « start-up » !
  • Administratif et juridique : on simplifie et on fait tout en ligne
  • Fiscalité et TVA : on empêche les montages et on rend la France très attractive
  • Charges sociales : une start-up n’a pas les moyens de payer le double du salaire net de ses employés
  • Créons une flexibilité de l’emploi et faisons évoluer la culture du travail
  • Formons un écosystème, notamment par l’éducation
  • Facilitons l’accès aux capitaux…
  • Et assurons l’investissement !

Voici le texte complet de cette tribune:

« M. Le Président, les start-ups françaises ont besoin d’aide »

Aucune start-up française n’est devenue un hit planétaire. La France (ou même l’Europe) accouchera-t-elle un jour d’un Google, d’un Facebook, d’un Twitter ?

Oui, nous avons de belles success stories locales que nos medias glorifient comme des prophètes, mais elles peinent à s’exporter.

Si l’on prend l’exemple de 2 fondateurs omniprésents dans nos journaux et de leur réussite « made in France »:

Meetic est devenu leader en Europe en rachetant les marques locales qu’il a parfois du garder et devait être racheté par le leader mondial… l’Américain match.com

Vente Privée a une présence embryonnaire hors de France et son récent partenariat avec American Express était sa seule voie pour une internationalisation.

Pourquoi les Américains parviennent-ils à installer leurs produits web universellement, et pas une seule entreprise européenne, encore moins française ?

Nous sommes pourtant capables de créer des champions internationaux dans d’autres secteurs, les L’Oréal, Danone, LVMH, Accor…

Alors que dans le web, Criteo est vite parti du 11e arrondissement pour l’eldorado de la Valley, et dans les années 90 Business Objects avait du suivre le même chemin pour devenir un leader mondial.

Les Etats-Unis sont seuls sur le terrain de l’innovation – la Chine, malgré son poids démographique et le phénomène de mode chez les investisseurs, est pour l’instant simplement capable de sortir des copycats destinés à son marché intérieur.

Pour l’anecdote, j’avais d’abord écrit ce billet en anglais.

Ca m’avait semblé naturel : l’anglais est notre lingua franca dans le « web ».

D’ailleurs qui dirait je travaille dans les « Nouvelles Technologies », euh, dans une « Jeune Pousse » ?

En plein cœur de Paris, on communique chez Smartdate en anglais, comme avec la plupart de nos partenaires. Un mail à mon « Board » (Conseil d’Administration en français) est cryptique pour les non-initiés, à coups de « scaler », « R2FO », « team meeting», « BP updaté»…

On lit Techcrunch, Business Week, Wired, en anglais, les conférences se tiennent à Paris en anglais (Le Web, TED…).

Récemment, un candidat français m’a déclamé avec un accent à faire frémir son « action plan », car il ne savait pas (plus) exprimer ses idées en français.

Des amis français commentent mes post Facebook ou « tweets » en anglais, tenus comme moi par la peur qu’un étranger n’entende pas leur bonne parole.

Il est temps de comprendre que la suprématie américaine dans notre secteur est un vecteur fort d’impérialisme culturel, sans doute plus que la TV et les films désormais.

J’ai la chance de participer à l’eG8 les 24-25 mai et on m’a demandé de penser à quelques propositions pour rendre les start-up françaises plus compétitives au niveau mondial, et comment elles pouvaient émerger sans devoir se relocaliser aux Etats-Unis.

Les 8 propositions (nous sommes au G8 et c’est mon jour de naissance) que je vais faire seront perçues comme utopistes, injustes ou irréalisables par beaucoup. Elles sont volontairement peu détaillées et car je veux surtout parler de principes.

Mais si le Président Sarkozy commence à comprendre que le déclin de la France, et de l’Europe, se joue aussi sur le terrain de l’innovation, je crois qu’il est temps d’exprimer, à l’aune de mon expérience de jeune entrepreneur, des propositions radicales. »

Les 8 propositions:

1 – Définissons un statut « start-up » !

La JEI (Jeune Entreprise Innovante) est un bon début, mais il reste trop marqué par le sceau de la « R&D ». Ce n’est pas parce qu’on ne fait pas de recherche scientifique qu’on n’est pas innovant.

Il manque des critères simples pour délimiter les entreprises qui seront éligibles aux avantages que je propose.

Pourquoi « avantager » un secteur comme l’internet, et pas la boulangerie du coin? c’est pour les mêmes raisons qu’on assiste le cinéma et la production télévisuelle française, la musique, l’agriculture…. Parce que le web est un vecteur culturel puissant et que pour l’Europe, pour la France, les bénéfices à créer des champions en la matière seront cruciaux dans les décennies à venir.

–                    Entreprise créée depuis moins de 3 ans

–                    créée par des individus, et encore contrôlés par ceux-ci à plus de 50% (hors fonds d’investissement)

–                    créée ex-nihilo et ne représentant pas une vitrine d’une marque établie, et n’ayant aucun lien avec un autre groupe

–                    qui réalise 100% de son activité sur le web ou par des applis mobiles

–                    dont plus de 25% de la masse salariale située en France est vouée au développement informatique

–                    dont le bénéfice net ne dépasse pas 2M€

Voilà, c’est simple et le dossier pourrait être soumis et accepté en ligne. Finis les 6 mois de travail pour convaincre OSEO qu’on répond à ses critères, finis les dossiers et documents administratifs qui s’amoncellent sans visibilité d’une aide éventuelle. Chaque entreprise serait contrôlée annuellement par un organisme dédié, sachant que tout pourra être recoupé puisque tous les documents comptables, salariaux, financiers, seront stockés en ligne.

Ces entreprises, des « SU », seraient soumises à des statuts simples et standards, idem pour les pactes d’actionnaires, assortis d’un type de gouvernance imposé.

 

2 – Administratif et juridique : 100% en ligne

La constitution et l’ensemble des documents relatifs à la société « SU » seraient 100% en ligne et sans aucun frais.

Les pactes d’actionnaires étant quasi-standards, la négociation avec des investisseurs porterait essentiellement sur la valorisation.

On doit cesser de devoir dépenser des dizaines de k€ en frais juridiques pour toute opération. Il y a une énorme destruction de valeur (temps, argent) qui résulte d’un système de constitution de société et d’investissement dans ces sociétés inadapté.

Ces pactes fourniraient un certain nombre d’options claires pour un investisseur et l’entrepreneur, des cases à remplir en somme, qui tout en les protégeant permettraient d’économiser un temps infini – surtout à l’entrepreneur qui préférera se concentrer sur son activité.

Par la suite, la comptabilité et les documents financiers seraient également à remplir en ligne, puis systématiquement audités par un indépendant contre un forfait annuel.

 

3 – Formons un écosystème, notamment par l’éducation

Un des facteurs de succès de la Silicon Valley (et maintenant de New York ou Boston) est l’écosystème qui a été créé là-bas.

Les start-up s’installent aux portes des meilleures universités (Stanford, Harvard, MIT…), qui elles-mêmes attirent les talents du monde entier.

L’initiative de Simoncini, Niel et Granjon de créer une Ecole du Web est excellente.

Il en existe quelques autres, mais elles n’ont pas de vocation élitiste. Les étudiants les plus talentueux doivent être encouragés à la création d’entreprise et pas seulement à travailler dans la finance.

Oui, il y a un manque flagrant de compétences, en développement informatique, en produit et dans une moindre mesure en marketing. Que ce soit du côté des Ecoles de Commerces ou d’Ingénieurs ou de l’Université, il faut proposer des cursus purement web. Il faut des stages dès l’après-bac, et sans doute revoir les programmes des classes prépa, qui développent beaucoup la mémoire mais moins le sens des affaires – enfin là c’est un vaste débat.

Au final l’écosystème ne se décrète pas, mais Paris a des atouts forts pour devenir un centre du web – notamment son accessibilité géographique et sa concentration.  Des événements internationaux comme Le Web se multiplieront quand on saura que la France est un terrain favorable aux start-ups.

 

4 – Fiscalité et TVA : empêchons les montages et rendons la France attractive

Une TVA à 5,5% pour tous les biens immatériels vendus dans l’Union Européenne, et pas de TVA hors EU.

Les restaurateurs l’ont obtenue, à notre tour ! ça éviterait les délocalisations pénibles à Chypre, Malte, Gibraltar, Luxembourg ou Delaware.

Les e-commerçants continueraient d’appliquer la TVA en vigueur dans le pays de l’acheteur.

En ce qui concerne l’impôt sur le bénéfice éventuel d’une SU, il se limiterait à un forfait de 15%.

Là encore c’est le seul moyen d’empêcher les délocalisations et montages complexes. A 33%, la France est le 2e pays le plus taxateur au monde.

 

5 – Charges sociales : une start-up n’a pas les moyens de payer le double du salaire net de ses employés

Pourquoi pas une exonération totale ? bien sûr tant que l’entreprise relève du statut de start-up. Ce sera un accélérateur formidable pour l’emploi. L’Etat doit, outre dépenser moins, plutôt regarder du côté des grands groupes et de leurs bénéfices colossaux, souvent peu taxés.

 

6 – Créons une flexibilité de l’emploi et faisons évoluer la culture du travail

Le CDI et ses contraintes est peut-être adapté pour une grande entreprise, mais il faut que les français qui s’engagent dans une aventure start-up comprennent que ce n’est pas en travaillant à peine 35h avec le sentiment d’un emploi à vie qu’ils seront compétitifs face aux américains qui, eux, travaillent 70h avec un sens de l’urgence.

Je propose une flexibilité totale, avec des préavis réduits. Si une start-up pense qu’un employé ne correspond pas ou plus, à quoi bon l’entraver pour le licencier ? même les périodes d’essai sont risquées tant il est facile et souvent lucratif pour un employé de saisir les Prud’hommes.

Rejoindre une start-up doit être vécu différemment que l’entrée dans une entreprise établie et en toute connaissance de cause.

En contrepartie, tous les employés doivent obtenir un plan de stock-options, et le pool attribué doit être de 10% minimum.

Les Américains produisent des produits web supérieurs, d’une part parce qu’ils travaillent plus, d’autre part parce qu’ils sentent qu’ils font partie d’une aventure, où l’innovation est permanente et où tout se vit en accéléré.

Les « start-upers » doivent savoir qu’ils peuvent gagner des années de salaire en cas de succès, il faut qu’ils en aient des exemples autour d’eux.

Les fonctions de développement informatique et de produit doivent être revalorisées.

Trop souvent un développeur français va vouloir devenir chef de projet puis CTO (enfin DSI) alors qu’il n’a pas toujours d’envies managériales. Mais il voit ça comme le seul moyen de gagner plus, alors qu’il pourrait devenir un développeur de plus en plus senior et être valorisé en conséquence comme aux Etats-Unis.  Un très bon développeur est plus productif que 10 médiocres.

 

7 – Facilitons l’accès aux capitaux…

Une des autres forces majeures des Etats-Unis est l’abondance des capitaux qui sont injectés dans la web economy.  Les VC Européens sont plus frileux, et investissent moins d’argent sur des projets comparables.

Outre les pactes simplifiés qui rendraient les négociations plus rapides, on peut imaginer que les plus-values réalisées sur des actions de start-up soient défiscalisées.

La loi TEPA pourrait être étendue, et pas forcément réservés aux redevables de l’ISF, mais à tout investisseur personnel.

 

8 – Et assurons l’investissement !

Un des meilleurs moyens de débloquer les capitaux en France serait de proposer une assurance couvrant le montant investi. Un organisme étatique serait en charge de gérer les montants de cotisations, avec un système de prime supplémentaire à verser en cas d’investissement réussi – mais un remboursement total de l’investissement en cas d’échec à moins de 3 ans.

Par ailleurs l’accès à un organisme type Coface, qui s’adresse plutôt à l’industrie, devrait être facilité aux start-ups françaises qui veulent développer leur activité à l’étranger, et notamment en Asie et aux Etats-Unis, où les investissements sont souvent lourds et risqués.

Cette « assurance développement étranger » serait un coup de pouce pour que chaque entrepreneur français conçoive son projet comme international dès le départ.

Fabrice Le Parc, CEO de Smartdate

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35 thoughts on “[Tribune] Fabrice Le Parc, CEO de Smartdate publie une lettre ouverte à Nicolas Sarkozy”

  1. C’est très bien tout ça, peut être un peu trop libéral sur certain point..

    Mais je ne comprends pas le point 6, très franchement rien n’empêche les salariés motivés de startup de s’investir plus de 35h par semaine… Et encore moins les startups de mettre en place des plans de stock-options.

    D’ailleurs, il ne me semble pas qu’aux Etats-Unis on est attendu – que l’état donne des aides, crée des plans et des statuts « StartUp » etc – pour créer The Valley, Facebook, Google, Foursquare, Twitter, Amazon….

    1. Oui c’est le but que ce soit libéral :)
      Non rien n’empêche les salariés de s’investir mais j’ai constaté qu’en France ils ne comprennent pas bien le système de stock-options.
      Mon point est qu’on est très en retard par rapport aux US. Dans notre secteur on est regardé avec une certaine condescendance, justifiée.
      Le système Américain est depuis toujours libéral avec une forte culture entrepreneuriale, mon point est qu’on peut faire pareil mais que l’on doit changer la culture française.
      Et en France, ça passe par une intervention de l’Etat.
      Evidemment que les US n’n ont pas eu besoin, en attendant ce n’est pas en France ou en Europe que se créent ces boites.

  2. « 1. qui réalise 100% de son activité sur le web ou par des applis mobiles »
    Il n’y a pas que dans le Web que les startup existent, il serait temps de s’en rappeler…

    1. certes, mais il faut bien délimiter le statut : toutes les PME même technos n’ont pas forcément les mêmes besoins.
      Il faut néanmoins rappeler la fracture entre les grands groupes en France et les PME, qui sont soumis aux mêmes règles.
      Pour moi c’est un problème.
      Quand on rentre en CDI chez Danone, c’est normal qu’ils te « garantissent » un emploi, que tu puisses sécuriser ta famille… mais si tu choisis une start up ce n’est pas possible d’avoir le même été d’esprit. Il faudrait venir pour l’aventure et l’upside des stocks.

  3. Que de bonnes idées et de bouffés d’oxygène pour développer nos startup ! si on organisait une pétition pour appuyer cette démarche ?

  4. @Fabrice, je partage beaucoup ton constat et ton point de vue (je suis développeur ;)) et effectivement il faut changer les mentalités. Mais surement ça doit plus venir des entreprises privés que de l’état.

    En France on ne voit que très peu de grands groupes investir dans des startups innovantes (surement par peur). En général, beaucoup de boites « Hi-Tech » sont frileuses et préfèrent s’inspirer (ou copier) plutôt qu’innover, et on mise tous sur le marketing laissant la technique jouer le rôle de figurant.

    D’ailleurs, je ne crois pas qu’il y ait une seule boite française qui est mis en place le temps de travail à 80-20, qui a permis à Google de faire naitre des outils devenus indispensables.

    Avez vous mis en place ce genre de politique de l’emploi novateur chez SmartDate ? ;)

    Pour résumé, je crois que cette tribune s’adresse autant directement à notre président qu’au monde Hi-Tech français.

    En tout cas bravo pour l’initiative et pour ta start-up et le site que j’utilise ;)

  5. je partage tes très bonnes idées!
    pour le 8) j’ai bien peur que ce soit très difficile…
    je voudrai juste rajouter que de manière général, les startups subissent des lourdes pertes pendant leurs 2 ou 3 premiers exercices… ce qui ferment toutes les portes des prêts bancaires (c’est pas une surprise), mais aussi les portes de coface… on aimerait des interlocuteurs qui comprennent ce qu’est l’innovation, et les projets internationaux!

  6. Ahhh, le bon vieux mythe du travailleur qui abat 70h par semaine et qui serait donc « plus productif ».

    Il est connu depuis le début du siècle que dans les profession dites « intellectuelles », la productivité n’est pas proportionnelle au temps de travail. Il est étonnant de retrouver des raisonnements arriérés dans la bouche d’un entrepreneur qui se veut moderne.

    Ars.Technica en parlait pas plus tard qu’aujourd’hui pour le domaine du jeu vidéo : http://arstechnica.com/gaming/news/2011/05/the-death-march-the-problem-of-crunch-time-in-game-development.ars

    37signals l’a érigé en principe : http://37signals.com/svn/posts/902-fire-the-workaholics

    On peut encore creuser, mais l’idée de faire bosser 70h les employés de startups est fondamentalement une mauvaise idée et elle est même nocive pour le bon fonctionnement de la boîte. La propager est tout autant nocif.

    On est en 2011, si on continue avec des méthodes de management d’un autre âge dans des entreprises qui se veulent pionnières, on n’est pas rendu.

    1. Oui on n’est pas rendu avec ce genre de comment.
      Ou est-ce que je parle de 70h par semaine?
      Il ne suffit pas de dire n’importe quoi juste pour avoir l’air d’avoir une opinion ;)

      1. « Le CDI et ses contraintes est peut-être adapté pour une grande entreprise, mais il faut que les français qui s’engagent dans une aventure start-up comprennent que ce n’est pas en travaillant à peine 35h avec le sentiment d’un emploi à vie qu’ils seront compétitifs face aux américains qui, eux, travaillent 70h avec un sens de l’urgence. »

        J’ai peut-être mal compris cette phrase, pourtant il me semble qu’elle était parfaitement claire.

  7. Bravo Fabrice pour cette prise de position. L’emploi sur le web, ce sont les starts-up qui les créent. Or la prise de risque reste énorme pour les entrepreneurs ! Cela mérite d’être plus entendu.
    J’appuierai en particulier ton point 6. On recrute souvent sur un pari, en anticipant la croissance … mais cela reste un pari. Il y a peu de raisons quand on y pense d’avoir la même réglementation quand on a quelques mois / années d’existence que quand la société est durablement installée.
    Et cela permettrait de moins hésiter avant de recruter, dans les premiers mois.

    1. Oui le CDI est un obstacle majeur à l’emploi dans les PME. J’en discutais avec un dentiste donc ce n’est pas lié à notre secteur. Par exemple, j’ai eu 2 employés remerciés en période d’essai qui m’ont fait perdre des jours et des k€ aux Prudhommes juste par vengeance. Après c’est sûr qu’on hésite bcp à employer pour l’essai.

      1. Encore heureux que les employés puissent se défendre. Les mesures proposées sont dans l’ensemble plutôt bonnes, mais une personne n’est pas un script, et doit pouvoir se battre contre un employeur quand celui-ci dépasse les bornes.

        1. j’ai encore jamais vu un employeur de start’up gagner aux prud’hommes…
          vous vous méprenez: ce ne sont pas les employés que se défendent… mais ce sont eux qui attaquent!!
          quel serait la motivation d’un startupeur de ne pas satisfaire un employé qui le satisfait pleinement?? c’est déjà tellement difficile de trouver quelqu’un de bien, qui ne vous fasse pas de chantage toutes les semaines…

          1. Oui les Prud’hommes sont un vrai problème tant ils favorisent les employés et ont en général des convictions limite communistes.
            Des gens qui piquent dans la caisse gagnent, chaque commerçant pourra en témoigner.
            Ca ne fait que ralentir le dynamisme de la création d’emploi.

          2. C’est marrant de voire troller Fabrice sur une notule qui parle de sa propre initiative…

            Fabrice : faite du web, essayez d’améliorer votre site (pourquoi nous présenter des femmes qui n’habitent même pas notre région ?), mais ne faites jamais de politique…

          3. @Fabrice : Je serai toi je ne donnerais pas de leçon de français ;)

            Bon arrêtons, je ne vais pas troller plus que tu ne le fais déjà.

            Sache seulement que ta lettre ouverte semblait plutôt intéressante et bon point de départ d’un grand débat…

            Mais toutes tes interventions ici manquent de nuance et frôlent le ridicule quand elles ne sont pas polémiquement stériles. Dignes d’un débat de comptoir.

            Tu desserts ton combat, modère tes propos si tu espères un soutient unanime (il n’y a pas que les anarchistes de droite qui bossent dans le web à Paris qui pensent qu’il faudrait soutenir un peu plus les startups ;))

  8. Tres bonnes mesures a part une seule. Pourquoi Paris ?
    C’est pollue, il y a trop de gens, le logement est hors de prix, loin de la mer, loin de la montagne, pas assez de soleil, pas pratique pour les enfants (a moins d’habiter en banlieue et la, c’est la galere cote transport).

    Ou est la plupart des startups qui reussissent aux US ? Pas a NY, pas a Chicago mais a San Francisco ! Ce n’est pas un hasard. Les gars qui ont reussi ne partent pas de San Francisco pour demenager dans des endroits ou la vie est meilleure. Ils restent sur place et deviennent a leur tour investisseurs dans d’autres startups. C’est un cercle vertueux.

    Pour en revenir a Paris, et part les vrais locaux (et encore), je connais une bonne partie d’entrepreneurs ou acteurs du web (developpeurs, designers, ..etc) qui revent de quitter Paris une fois la reussite acquise.
    Il faut promouvoir d’autres regions: cote d’azur ou bien le pays basque par exemple.

    Paris, ca suffit ! ;-)

  9. Il serait bon d’arrêter de croire que l’EEMI va changer la face de l’enseignement supérieur. Jusqu’à preuve du contraire, ce n’est qu’une campagne médiatique par 3 acteurs de l’internet. Le point 3 est à revoir sur bien des points.

    1. C’est avec des mentalités comme la tienne qu’on se traîne avec 1.5% de croissance en France. Ce que font Marc Simoncini, Xavier Niel et Jacques-Antoine Grangeon avec l’EEMI est juste génial, nécessaire et ouvre la voie à des formations moins théoriques et plus orientées métiers. Qui aident à trouver un job ou à devenir entrepreneur, en somme.

      1. Hmmm. Pourquoi faire une enieme ecole ? Tous les entrepeneurs americains avec qui je suis en contact n’ont pas fait une « ecole speciale web / internet / startup ». Certains memes n’ont aucun diplome en informatique !

        Le web, cela s’apprend en y mettant les doigts dedans ! Pt barre. Tu prends un gars d’une ecole d’ingenieur, en qq mois, c’est un vrai pro du dev web. Pareil pour les etudiants d’ecole de commerce pour le marketing web.
        Au passage, dotcloud.com vient de lever de 10 millions de $. Qui sont ils ? De jeunes francais qui viennent a peine d’avoir leur diplome.

        Et puis, une formation pour devenir entrepreneur, serieux ? Soit c’est de l’assistanat deguise ou au pire une « anarque » (le mot est un peu fort peut-etre) pour faire payer des gens credules. Je suis curieux de savoir quel est le prix d’une telle formation. Que Simoncini, Niel et cie, continuent a investir dans des startups. C’est la ou l’on a le plus besoin d’eux a l’heure actuelle.
        Et s’ils veulent transmettre leur savoir de maniere plus theorique, qu’ils dispensent alors des cours dans des ecoles d’ingenieurs / commerce. Si possible pas que des ecoles parisiennes et prestigieuses.

  10. M. Le Parc,

    Merci pour ce gentil buzz. J’honore toute tentative d’initiative créatrice d’autant que vous vous aventurez comme bien d’autres avant vous sur un terrain glissant.
    J’avoue ma presqu’ incompétence en la matière et je considère que vous devez savoir de quoi vous parlez, je me permettrai donc juste de décrire mon ressenti et non de donner un avis expert.
    Tout d’abord, je ne sais pas comment le dire, je trouve ça trop Parisien et trop WEB addict…certes vous parlez de l’eG8, mais bon…rien d’objectif, juste une sale impression.
    Franchement oui il y a utopie et c’est toujours la même ; celle des patrons qui veulent, sous couvert de « servir la France » ou tout du moins une certaine image de la France, revenir sur un certain héritage social, mais surtout des lois et des règles mises en place pour protéger les salariés de la voracité : quand bien même cet appétit répondrait à une hygiène irréprochable.
    Vous voulez plus de compétitivité ? Pourquoi ne pas rétablir l’esclavage après tout ? Ou pourquoi ne pas forcer nos prisonniers français à télé-travailler pour des startups, comme on a pu le lire récemment en chine avec W.o.w. Ce ne serait pas génial ça franchement ?
    Je force le trait volontairement je sais bien que vous ne dites pas ça.
    Je ne milite aucunement en votre défaveur et je suis moi-même patron mais je suis pour le moins interloqué que vous n’ayez pas de recul suffisant dans vos propos pour constater à quel point ce que vous proposez pourrait être la tentation ultime pour n’importe quel patron français de démarrer une activité dans les meilleures conditions et une fois les bénéfices présents de revendre, délocaliser, trouver un paradis fiscal plus favorable (pourquoi pas le Delaware comme tous ces grands ou petits groupes américains après tout…), bref d’y trouver largement son compte en tant qu’entrepreneur là où s’arrêterait l’histoire pour ses salariés. Et sans aucune considération pour l’état qui vous aurait biberonné.
    En gros toutes vos propositions ressemblent à un plaidoyer en faveur des pauvres petits patrons qui voudraient devenir grands + vite et qui trouvent qu’il y a trop de marches à l’escalier.
    L’impression que vous donnez dans ce texte est que vous avez la naïveté de prendre l’Etat pour un investisseur : je trouve juste qu’en termes de contreparties vous êtes un peu léger. Alors certes, vous allez dire comme tous les patrons « Moi je créé des emplois » ! Mais l’état n’est pas une Banque !
    Bon d’accord, depuis la crise, on ne sait plus trop…
    Pourtant j’ai le tort de croire que ce n’est pas en filant des béquilles à un bébé pendant les 3 premières années qu’on lui apprendra à marcher plus rapidement, tout du moins cela marcherait sans doute jusqu’au jour ou on les lui enlèverait.
    Il suffit encore de lire l’histoire de Messi -élite des footballeurs aujourd’hui ou du génie reconnu des joueurs brésiliens nés dans les favelas…et Stewie Wonder, Ray Charles? (bon ils ne sont pas avant-centre je sais :))- pour envisager peut-être enfin que pour devenir grand il faut arrêter de se plaindre et en vouloir…et pour devenir très grand , il faut tout donner, renoncer à tout et que tout le monde peut y arriver même dans les pires conditions ! Si vous êtes aujourd’hui patron de Smartdate, vous devez savoir de quoi je parle, ça ne vous est pas tombé du ciel j’imagine.
    Alors, je vous vois venir, la question que vous posez est pourquoi le patron serait-il seul dans cette démarche, pourquoi le salarié ne renoncerait pas à sa propre vie pour suivre son patron dans son délire mégalomane et récréatif…;) Ca je vous laisse en discuter avec votre DRH, il y a tant à dire sur la nature humaine : peut-être faut-il créer une secte plutôt qu’une startup ? :) Mais même Steve Jobs n’y arrive pas vraiment…
    Pour motiver à ce point vos salariés en tout cas il faudra plus que les propositions que vous faîtes.
    A la question du pourquoi mes salariés me traînent-ils aux Prud’homme, je répondrai sans doute pour la même raison que DSK! Parce qu’il y a des lois (et ça ne date pas d’hier je vous le rappelle) et qu’elles permettent à minima l’égalité !
    Pourquoi ne parlez-vous pas des banques françaises ? Pourquoi ne dites-vous pas qu’il est somme toute impossible de créer sans elles mais que leur frilosité frise celle d’un lion parachuté au Groenland alors qu’aux États-Unis sur une simple idée on voit pleuvoir les $$$ : vous ne voulez pas froisser vos investisseurs peut-être ?
    Après, un peu de lucidité que diable, vous croyez vraiment que Meetic aurait pu devenir Facebook?
    Pourquoi ne dites-vous pas clairement que dans un pays ou, pour une très grande partie de nos gouvernants, Internet c’est le MAL, nous aurons toujours 20 ans de retard avec toujours -et là je vous rejoins- un arrière-goût de gâchis ultime parce que nous n’aurions pas évolué et donc serions toujours dans le wagon de queue ?
    Ce que j’admire, c’est qu’au fond vous devez être un vrai combattant, parce que dans votre activité (le web, en l’occurrence l’activité la plus « offshore-able », selon moi), rien ne vous empêchait de créer votre entreprise à l’Étranger, de faire travailler de la main d’œuvre à prix d’or et de faire des bénéfices pharaoniques comme Facebook.
    Je respecte votre succès dans ces conditions parce que vous avez fait le choix de gravir lentement les échelons. J’espère tout de même que vous comprendrez que la faible légitimité des entreprises du web du fait que les patrons, pour beaucoup ne construisent leurs business plan qu’en imaginant la somme à laquelle ils seront rachetés dans X années
    Peut-être aurons-nous l’agréable surprise un jour de vous voir réussir l’exploit de racheter Google? Je vous le souhaite sincèrement.
    Si vous avez des regrets de votre côté, n’hésitez pas à louer un garage dans la banlieue d’une grande ville américaine, je suis sûr que ça marche à tous les coups !

  11. Eh bé! :)
    Etre en France est peut-être un handicap par rapport à être dans la Valley mais on ne fait pas sa vie uniquement en fct de critères business.
    Mon point est que dans la plupart des secteurs, l’Etat aide. J’aimerais bien qu’il n’y en ait pas besoin mais c’est un des trucs pour lesquels on est bons en France.
    Je n’ai pas envie qu’on soit à la traine ou devoir m’exiler pour réussir. Si je partais ce serait purement pour des raisons personnelles.

  12. Bonsoir Fabrice,

    J’avoue partager assez grandement les remarques de Dj@b, même si je comprends le désarroi que tu peux ressentir.
    Comme tu le dis, le soleil ne brille pas forcément moins fort chez nous, et les soutiens apportés à l’innovation sont justes exceptionnels en France.
    Lourds, je te l’accorde, mais honnêtement sans pareil.
    Qu’il s’agisse de la JEI, du CIR, d’Oseo, de la CDC, il y a peu à redire, si ce n’est la lourdeur de la procédure administrative.
    D’un autre côté, je préfère que nos impôts soient redistribués et investis à bon escient…
    Si je suis entièrement d’accord lorsque tu dis qu’il est difficile de supporter un coût du travail qui double le salaire net d’un collaborateur, je garde cependant une réserve forte pas rapport à ton témoignage : comment expliquer à un potentiel salarié qu’en entrant en startup, comme on pourrait entrer dans les ordres, un sacerdoce ou presque…, comment lui expliquer qu’il serait un sous-employé, qui n’aurait que des risques sans aucune contrepartie de garantie, pas de cotisation retraites ni assedics, pas de couverture maladie…
    Je ne suis pas certain que les seuls BSPCE, qui sont honnêtement un outil de motivation salariale beaucoup plus efficace que les stocks options à la française, suffisent à lui faire accepter de prendre autant de risque que nous, entrepreneurs.
    Bien @ toi,
    TF

  13. Ouch!

    je partage tes prises de position, et je voudrais pas etre defaitiste mais je pense pas que ca va arriver de sitot en France. On est forts dans la cuisine ou les vignobles, mais pour ce qui est des nouvelles technos, en general la seule mention de « french entrepreneur » fait rire a l’etranger… un comble alors que le mot vient du francais!

    Ces differentes mesures permettraient de faire changer les choses mais je pense qu’il faudra un grand nombre d’annees pour faire bouger les mentalites, et pouq que les startups soient aussi prestigieuses qu’aux US.

    Je ne comprends pas non plus les gens qui disent ‘si t’es pas bien tu peux aller ailleurs’ effectivement c’est malheureux mais c’est ce qui se passe…

    Bon, en tout cas, c’est un pas dans la bonne direction! keep it up :-)

  14. Alala encore la vieille rengaine contre le CDI, et ces vilains salariés pas gentils qui ne font qu’aller aux prud’hommes…

    Des entreprises qui ne payent pas les heures supp, ne respectent pas ou si peu le code du travail, j’en ai vu beaucoup. Des collègues qui sont allé au prud’hommes j’en ai connu aussi un certain nombre et en effet ils ont toujours gagné et pour causes : l’employeur était toujours en tord.

    Bizarrement lorsque quelqu’un commet un délit on trouve cela normal qu’il soit condamné. Lorsque c’est un employeur on cris au scandale, à l’entrave au développement, sans blagues !

    Pour le CDI, je veux bien qu’il soit difficile de prévoir si une embauche sera pérenne, mais il est encore plus difficile d’essayer d’obtenir un prêt ou de louer un logement (surtout à Paris !!) quand vous n’avez pas des garanties très très solide et autant vous dire qu’un contrat de travail qui peut sauter du jour au lendemain n’en est pas une !

    Si je puis me permettre, vous vivez dans quel monde ?
    Vous espérez les trouver où ces salariés de rêve ? Déjà qu’avec des contrats de travail précaires ils vont devoir dormir sur leur bureau (remarquez ils seront dispo 24h/24 comme ça).

    Sérieusement, le gros, l’énorme, problème des start-up françaises à côté des anglo-saxon c’est déjà… qu’elles sont françaises (et oui, il y’a moins de français dans le monde que d’anglophones…) et qu’elles ne font que copier des concepts déjà en place outre atlantique.
    On ne compte plus le nombre de site de « Deal », de site de rencontre ou « social » comme s’il n’y en avais pas déjà des milliers d’autres! Et ça se dit « entreprise innovante »…

    Des idées, des idées et encore des idées !
    Voilà ce qu’il manque, et je crains que Sarkozy ne pourra rien pour vous, il n’en a pas non plus.

    Cordialement,

    Tony

  15. Bravo Fabrice!
    Voici des propositions concrètes et constructives. J’étais également à l’eG8 et je partage totalement votre vision et votre volonté d’action! J’émettrais 2 légères réserves 1) sur le critère de bénéfice net que j’abaisserais à 500Keuros nets (signe que l’entreprise a déjà bien calé son business modèle ou que l’entreprise investit moins et qu’elle peut rentrer dans un schéma PME classique, me semble-t’il?) 2) sur le contrat de travail: le problème est sans doute plus l’état d’esprit français qui diabolise la relation salarié patron, que le contrat en lui-même qui protège le salarié et l’entreprise. Autant faire évoluer la jurisprudence.
    Bien à vous
    Matthieu

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