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Uber lance son offre dédiée au fret routier en Europe

Après le transport de personnes en VTC et la livraison de repas, Uber s’apprête à exporter un nouveau service de l’autre côté de l’Atlantique. La firme américaine a en effet annoncé le lancement d’Uber Freight, son application exclusivement dédiée au transport de marchandises, sur le continent européen. Dans un premier temps, celle-ci sera lancée aux Pays-Bas avant un déploiement plus large dans d’autres pays européens dans le courant de l’année.

Lancée en mai 2017, l’application Uber Freight fonctionne exactement sur le même modèle que l’application classique de VTC et reprend d’ailleurs le même design. La plateforme permet ainsi de mettre en relation les entreprises ayant besoin de livrer des marchandises et les camionneurs indépendants ou non. Pour cela, l’application propose aux chauffeurs une liste de chargements à transporter, avec la distance à parcourir, l’itinéraire à emprunter, le contenu de la cargaison et le montant de la course. Des fonctionnalités ont été ajoutées au fil du temps, comme Uber Freight Plus, qui offre aux utilisateurs de l’application des réductions sur le prix de l’essence et des pneus, leur forfait de téléphonie mobile ou même l’achat de leur camion.

L’Europe, «un marché de 400 milliards de dollars»

Depuis son lancement, l’offre d’Uber dédiée au fret a été progressivement étendue aux États-Unis après ses débuts au Texas. Un déploiement sur une superficie immense qui a permis à la firme américaine d’éprouver son modèle et de l’améliorer pour le dupliquer à l’international. Et pour Lior Rion, le patron d’Uber Freight, l’Europe apparaît comme un terrain idéal pour entamer une expansion internationale. «Le marché européen du transport routier de marchandises est un marché de 400 milliards de dollars. Il est le troisième plus important au monde après la Chine et les États-Unis», indique-t-il.

Au-delà de l’attractivité du marché européen, Lior Rion pointe des similitudes entre l’Europe et les États-Unis concernant le fret routier. «Les expéditeurs et les transporteurs européens ont bon nombre de problèmes similaires à leurs homologues américains, et peuvent tirer profit de la technologie développée par Uber Freight. Par exemple, le marché européen du transport routier de marchandises connaît une grave pénurie de conducteurs, et sur le temps qu’ils passent sur la route, 21% du nombre total de kilomètres sont parcourus à vide», explique le responsable de la division fret d’Uber. Et d’ajouter : «Les petites et moyennes entreprises de transport dans l’Union européenne représentent plus de 85% du bassin de transporteurs, et comme dans les autres marchés de fret internationaux, ce sont elles qui rencontrent le plus de difficultés. Lorsque vous combinez ces lacunes sur le marché, le prix des biens augmente.»

Le camion autonome, le rêve avorté d’Uber

A ce jour, le géant américain indique que l’application Uber Freight a été téléchargée plus de 328 000 fois et que 12% des 350 000 opérateurs américains ont terminé le processus d’intégration de la solution. Le service compte plus de 30 000 utilisateurs actifs à l’heure actuelle. Uber espérait s’appuyer sur les avancées d’Otto, sa filiale dédiée aux camions sans chauffeur, pour doper l’activité d’Uber Freight. Cependant, la firme américaine a finalement décidé d’abandonner son programme de camions autonomes l’an passé pour se concentrer sur ses projets en matière de voiture sans conducteur.

Il faut dire que la technologie d’Otto s’était retrouvée au coeur du procès opposant Uber à Waymo, la filiale de Google spécialisée dans la conduite autonome, à cause d’Anthony Levandowski, co-fondateur d’Otto, qui a été accusé d’avoir téléchargé plus de 14 000 fichiers confidentiels lorsqu’il travaillait au sein de la filiale d’Alphabet. L’affaire s’était finalement soldée par un accord à l’amiable en février 2018, Uber acceptant de verser près de 245 millions de dollars à Waymo et promettant de ne pas se servir des brevets volés ayant déclenché les foudres de Google.

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Maxence Fabrion

Journaliste chez FW - DECODE MEDIAPour contacter la rédaction : redaction.frenchweb@decode.media
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