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WeChat (Tencent) poursuivi pour censure et surveillance en Californie

AFP

Des citoyens californiens et une association pro-démocratie ont déposé plainte mercredi contre le géant technologique chinois Tencent, accusant son application WeChat de censure et de surveillance, soit les mêmes arguments que l’ex-président américain Donald Trump, qui n’a pas réussi à la faire bannir aux Etats-Unis. Les plaignants assurent que le réseau social partage les données et communications des utilisateurs avec l’Etat chinois et s’en sert « pour améliorer les algorithmes de censure et de surveillance de Tencent », d’après les documents juridiques déposés dans une cour californienne.

Donald Trump a tenté à plusieurs reprises de s’attaquer à WeChat, qu’il considère, ainsi que d’autres plateformes chinoises, comme des menaces pour la « sécurité nationale », à cause de l’obligation pour les entreprises de ce pays de répondre aux requêtes de leur gouvernement sur les données. Les « pratiques et règles problématiques » de Tencent « nuisent de diverses façon aux utilisateurs californiens de WeChat, y compris en termes de pertes financières, de traumatismes émotionnels et de stress psychologique », déclarent les plaignants.

Droit à la confidentialité des données et la liberté d’expression

Six citoyens anonymes et Citizen Power Initiatives for China, une association américaine qui milite pour la démocratie en Chine, sont à l’origine des poursuites. Selon eux, les pratiques de Tencent enfreignent, entre autres, le droit à la confidentialité des données et la liberté d’expression des utilisateurs californiens de WeChat. Ils demandent au juge de déclarer que les activités de Tencent sont illégales en Californie et de condamner l’entreprise à verser des dommages intérêts.

« La démocratie dépend de la capacité de chacun à communiquer librement, sans censure politique, et nous espérons que ces poursuites aideront les Californiens sinophones, qui constituent l’essentiel de la diaspora chinoise, à faire exactement ça », a commenté le dissident Yang Jianli, le fondateur et président de l’association, dans un communiqué. Donald Trump a signé cet été des décrets contre le réseau social TikTok et contre WeChat, mais les recours en justice ont empêché leur entrée en vigueur et les procédures d’appel du gouvernement n’ont pas abouti à ce stade.

À 15 jours de la fin de son mandat il a signé un nouveau décret visant à interdire d’ici 45 jours toute transaction avec huit services de paiement ou de bureautique chinois, dont WeChat Pay et Alipay. Son administration envisageait aussi d’interdire aux Américains d’investir dans Alibaba et Tencent. Tencent n’a pas pu être joint dans l’immédiat.

La rédaction

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