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[YallahBye] Les startups en Jordanie par Aline Mayard

FrenchWeb vous fait partager quelques-unes des rencontres que réalise Aline Mayard (ex-project manager online de la Fondation Casques Rouges puis Community Manager de Buzzcar) à l’occasion de son tour du Moyen-Orient. Elle profite de son voyage pour aller à la découverte des écosystèmes Internet locaux et le relate sur le site YallaBye.eu, 2ème épisode en Jordanie.

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Arabic Yahoo!

Sa Majesté le Roi Abdullah décide alors de développer l’entrepreneuriat digital. Tandis qu’il soutient la création d’Oasis 500, un fond d’investissement et de développement, sa femme sa Majesté la Reine Rania, lance QREC, un business competition. En deux ans, Amman est ainsi devenu le 10ème meilleur endroit du monde pour commencer une entreprise technologique (Bloomberg.com), et la Jordanie le premier pays en termes de nombre d’investissements, au Moyen-Orient (Sindibad Business Report from www.wamda.com)

Des diplômés sans emploi, dans un pays stable… Les ingrédients parfaits au développement de l’entrepreneuriat ?

Suite à l’acquisition de Maktoob, le roi réunit les acteurs des TIC afin qu’ils réfléchissent à un plan d’action. Ils identifient 4 failles à combler.

  1. Les investisseurs ne veulent pas prendre le risque d’investir dans des jeunes startups.
  2. Les jordaniens manquent de connaissances business et techniques spécifiques aux startups.
  3. Les jeunes entrepreneurs n’ont pas les connexions nécessaires pour lancer leur entreprise, faute d’un réseau d’entrepreneurs.
  4. Il n’existe pas de réseau d’investisseurs.

Pour combler ces failles, ils proposent la création d’Oasis 500, un incubateur dans le domaine des TIC, mobile et média digital, financé de façon privée, mais qui bénéficie du parrainage du roi.

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Oasis 500, un incubateur typiquement jordanien

Oasis 500 est situé à King Hussein Business Park à Amman, un hub pour les entreprises technologiques. Cet accélérateur s’est installé, à côté d’IBM et Microsoft, dans un open space digne de la Silicon Valley : des inspirational messages peints à même les murs, des coins relaxation un peu partout et un toboggan au milieu de l’espace. Pourtant, l’ambiance est très sérieuse. Ici, les participants n’en sont pas à leur coup d’essai. On est loin de l’esprit jeune et presque révolutionnaire de Seeqnce, l’accélérateur libanais. On est là pour faire du business pas pour changer le monde.

Oasis 500 accompagne les entreprises lors de la recherche de financement de démarrage et participe à la création d’un écosystème de financement jordanien.

Oasis 500 reçoit 400 candidatures par mois et sélectionne 60 personnes par mois pour une formation intensive de 6 jours, et une aide à la création d’un business plan de 2 jours. Cette formation complète adaptée à chaque projet, a déjà accompagné 750 entrepreneurs.

Après, la sélection et la formation, vient le seed funding. Les participants pitchent leurs projets à l’équipe d’Oasis 500 et leurs investisseurs. Oasis 500 choisit alors d’investir dans les projets qui lui semblent intéressants et viables. Depuis sa création en septembre 2010, Oasis 500 a choisi d’accompagner 55 entreprises. C’est un véritable succès quand on sait que l’incubateur pensait originalement n’accompagner que 32 entreprises.

Chaque projet reçoit 31 000$  dont 14 000$ en liquidité et 17 000$ en services. En effet Oasis 500 offre une incubation de trois mois. Les startups sont accompagnées par deux coachs  et suivies et conseillées par des mentors (4 en moyenne) qui leur ouvrent les portes de leur secteur. Oasis 500 reçoit 20% des parts de l’entreprise.

Oasis 500 a créé un Angel Investors Network de 350 investisseurs provenant essentiellement de Jordanie et du Moyen-Orient, afin d’assurer la pérennité des projets dans lesquels il a investi. Les investisseurs se réunissent tous les 3 mois afin d’offrir un second tour d’investissement aux startups jordaniennes qu’elles aient grandi ou non au sein d’Oasis 500.

A l’heure actuelle, 90% des 55 entreprises financées par Oasis 500 sont toujours actives, et 22 ont finalisé une deuxième levée de fonds, levant un total de 7,5M$. Cerise sur le gâteau : ces entreprises ont permis la création de 250 emplois !

Quant à Oasis 500, il a déjà levé 6 millions de dollars. Cette première levée devrait être finalisée à 10 millions.

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Pas de carte bleue, pas de e-commerce ?

Toutes ces startups ont un point en commun : elles naissent en Jordanie mais vont se développer de façon régionale. Samar Shawareb de Arabia Wedding et Hiba Mansour de Sajilni s’accordent sur un point : la Jordanie est un bon pays de départ. Parce que c’est leur pays et qu’elles connaissent le marché, mais aussi parce que les jordaniens sont bien formés. Mais le problème du Moyen-Orient, c’est que, à part aux Emirats, le e-commerce est en retard d’une dizaine d’années. Tout d’abord, car le réflexe de rechercher sur internet ne s’est pas encore imposé, et surtout car le Moyen-Orient n’utilise que très peu les cartes de paiement.

« Les gens du Moyen-Orient n’ont pas confiance dans les structures de paiement, d’autant plus que pratiquer des taux d’intérêt est contraire aux commandement de la Sharia. » m’explique Hiba Mansour.

Hiba Mansour a crée Sajilni.com, un site internet qui répertorie les évènements ayant lieu au Moyen-Orient, que ce soit des activités, des ateliers, des conférences ou des spectacles. C’est déjà une innovation en soi. Le plus : Sajilni permet d’acheter les billets en ligne sans avoir besoin de passer par une boutique. Pour contourner le problème de paiement, Hiba propose un paiement par carte bancaire mais aussi par carte prépayée, par cashpoints ou Paypal

De son côté, Samar Shawareb a lancé ArabiaWedding.com, un site spécialisé dans l’organisation de mariages qui propose des conseils, de l’information et des packages et réductions sur les prestations extérieures. Samar a, elle, décidé de ne pas faire payer en ligne mais de proposer un paiement par cash on delivery : le client paie en liquide à la livraison.

Des femmes aux commandes.

Le point commun entre Hiba et Samar ? Ce sont des femmes. 30% des candidatures que reçoit Oasis 500 viennent de femmes. Et elles sont 40% à être retenues pour participer au programme.

Omar El-Charif, marketing manager d’Oasis 500, m’explique « les femmes ont plus de volonté, elles sont plus agressives dans leur façon de travailler : elles veulent y arriver, elles veulent venir à bout de leur projet. » Hiba et Samar acquiescent, mais elles modèrent : « Nous ne sommes pas représentatives de la société, qui reste encore très traditionnelle, mais nous en représentons quand même un part non négligeable ! » conclut Samar Shawareb.

D’autres initiatives à suivre

Les Business competitions du Queen Rania Entrepreneurship Center

Les évènements de Wamda.com : le site internet sur l’entreprenariat au Moyen-Orient, propose des events comme Mix’n’Mentor

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La rédaction

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