La valorisation de cinq milliards d’euros d’ALAN fait les bonnes affaires de ses investisseurs anglo-saxons
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Avec une valorisation désormais estimée à environ cinq milliards d’euros, la scale-up française Alan confirme sa place parmi les entreprises technologiques les plus importantes de l’écosystème européen. Mais derrière cette réussite entrepreneuriale se dessine une réalité bien connue du capital-risque européen : une part significative de la création de valeur bénéficie à des investisseurs internationaux, notamment anglo-saxons.
Fondée en 2016 par Jean-Charles Samuelian-Werve et Charles Gorintin, Alan s’est positionnée dès l’origine comme une assurance santé entièrement numérique destinée aux entreprises et à leurs salariés. La société propose une plateforme intégrée permettant de gérer la couverture santé, les remboursements et différents services médicaux à travers une interface unique.
Une croissance qui change d’échelle
Les derniers résultats communiqués par l’entreprise témoignent d’une croissance très rapide. Alan revendique 785 millions d’euros de revenus récurrents annuels (ARR) en 2025, soit une progression d’environ 53 % sur un an. La société indique également avoir franchi le seuil d’un million de membres et avoir atteint la rentabilité opérationnelle sur le marché français.
À ce niveau d’activité, Alan s’approche désormais du milliard d’euros de revenus récurrents, un seuil rarement atteint par les scale-ups européennes dans le domaine des services numériques.
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La valorisation d’environ cinq milliards d’euros correspond ainsi à un multiple d’environ six à sept fois les revenus récurrents, un niveau relativement mesuré comparé aux multiples observés dans le SaaS au début de la décennie.
Une trajectoire de financement largement internationale
Depuis sa création, Alan a levé plus de six cents cinquante millions d’euros auprès d’investisseurs internationaux à travers plusieurs tours de financement successifs.
La chronologie des levées de fonds illustre l’internationalisation progressive de son capital :
- 2018 — Série A : vingt-trois millions d’euros, menée par Index Ventures
- 2019 — Série B : quarante millions d’euros, également menée par Index Ventures
- 2020 — Série C : cinquante millions d’euros, avec Temasek
- 2021 — Série D : cent quatre-vingt-cinq millions d’euros, menée par Coatue Management
- 2022 — Série E : cent quatre-vingt-trois millions d’euros, menée par Teachers’ Venture Growth
- 2024 — Série F : cent soixante-treize millions d’euros, avec Belfius Bank
Au total, l’entreprise a levé environ six cent cinquante-quatre millions d’euros avant son dernier financement.
En 2026, Alan a par ailleurs annoncé un financement complémentaire d’environ cent millions d’euros, destiné à soutenir son expansion européenne et l’élargissement de ses services.
Un contrat public majeur en 2025
La progression commerciale de l’entreprise s’est également illustrée sur le terrain institutionnel. En 2025, Alan a remporté un appel d’offres majeur pour assurer la couverture santé des agents du ministère de l’Économie et des Finances, face à plusieurs acteurs historiques du secteur.
Ce contrat revêt une dimension particulière : il s’agit du troisième plus important appel d’offres de la fonction publique française, derrière ceux de l’Éducation nationale et des Armées. L’attribution de ce marché confirme la capacité de la société à rivaliser avec les grands groupes d’assurance sur des marchés publics de grande ampleur.
Au-delà de son poids économique, cette victoire illustre l’évolution du secteur : une entreprise née dans l’écosystème des startups parvient désormais à s’imposer sur des marchés traditionnellement dominés par les mutuelles et assureurs historiques.
L’avantage des investisseurs entrés tôt
Pour les investisseurs historiques, la valorisation actuelle constitue déjà une réussite financière significative. Les fonds entrés lors des premiers tours, notamment Index Ventures, ont investi à une époque où la valorisation de l’entreprise était encore très éloignée de son niveau actuel. Dans le capital-risque, l’essentiel des rendements provient souvent des investissements réalisés dans les premières phases de développement. Lorsque la valorisation d’une entreprise est multipliée par dix ou davantage au fil des tours successifs, les premiers investisseurs peuvent enregistrer des multiples particulièrement élevés.
Dans le cas d’Alan, l’écart entre les valorisations des premiers tours et la valorisation actuelle laisse entrevoir des rendements potentiellement très importants pour ces fonds.
Une création de valeur globalisée
L’évolution de la structure actionnariale d’Alan illustre un phénomène fréquent dans la tech européenne : la création d’entreprises innovantes sur le continent s’accompagne souvent d’une internationalisation rapide du capital.
Aux côtés des fondateurs et des premiers investisseurs, la cap table de la société inclut aujourd’hui des fonds américains, asiatiques et nord-américains. Cette configuration accompagne généralement l’expansion internationale des entreprises technologiques, mais elle signifie aussi que la création de valeur est partagée à l’échelle mondiale.
Ce phénomène n’est pas propre à Alan. Plusieurs entreprises technologiques européennes, comme Aircall, Contentsquare ou Dataiku, ont également vu leur capital se structurer autour d’investisseurs internationaux au fil de leur croissance.
Avec une base de revenus proche du milliard d’euros et une valorisation stabilisée autour de cinq milliards, Alan entre désormais dans une nouvelle phase de son développement. Pour ses investisseurs historiques, la trajectoire confirme que la licorne française de l’assurance santé est devenue l’un des paris les plus réussis du capital-risque européen de la dernière décennie.
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