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Avec environ 8,9 millions d’euros, NETSEC veut changer l’économie de l’infogérance

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Le prestataire franco-italien veut réunir gestion informatique et cybersécurité dans un abonnement par salarié. L’automatisation doit lui permettre d’absorber les opérations répétitives, tandis que ses équipes traitent les situations complexes. Le modèle devra démontrer que la croissance du portefeuille peut dépasser celle du travail humain nécessaire pour le servir.

Le départ d’un salarié donne une idée de ce que recouvre la gestion informatique au quotidien, il faut désactiver ses comptes, retirer ses accès, récupérer son ordinateur et supprimer les licences devenues inutiles. Ces opérations peuvent relever d’outils différents, et leur coordination détermine à la fois la sécurité de la société et les dépenses qu’elle continuera de supporter après ce départ.

C’est sur ce point que Netsec construit son offre, en prenant en charge ensemble l’informatique et la cybersécurité des entreprises de taille intermédiaire, avec des équipes épaulées par l’automatisation.

« Elles disposent de nombreux outils, mais personne ne les orchestre vraiment comme il le faudrait », explique Gianluca Varisco, cofondateur et directeur général de Netsec.

Pour les entreprises qui envisagent d’externaliser leur informatique et leur cybersécurité, le choix du prestataire passe par l’examen du budget, des services inclus, des délais de déploiement et des engagements en cas d’incident. Notre guide pratique détaille les points à vérifier, de la consultation des fournisseurs au pilotage du contrat : comment choisir, acheter et déployer ses services informatiques et de cybersécurité ?

Réunir les opérations qui se répondent

Netsec s’attaque à un périmètre étendu : administration des appareils, gestion des accès, suivi des abonnements logiciels, réseaux, infrastructure et sécurité. Le service couvre notamment la configuration des postes, les mises à jour et la récupération des licences inutilisées, mais aussi la surveillance des menaces, la réponse aux incidents, les tests d’intrusion et l’accompagnement des audits.

L’articulation entre informatique et cybersécurité est cohérent, une alerte sur un ordinateur peut nécessiter de l’isoler, d’examiner ses connexions et de vérifier les droits de son utilisateur, ce qui suppose de relier le signal de sécurité aux opérations nécessaires pour le traiter. Netsec veut réunir ces responsabilités dans une même équipe.

Les collaborateurs adressent leurs demandes depuis Slack ou Microsoft Teams, et Netsec annonce une mise en route en une semaine, après inventaire de l’environnement et connexion aux outils du client.

Un prix par salarié, une rentabilité par opération

La facturation commence à 19 euros par salarié et par mois, avec plusieurs formules : Essentials comprend notamment la gestion des appareils et des accès, l’assistance et la protection des postes et des emails, tandis qu’Advanced ajoute la surveillance de sécurité permanente et un service de réponse aux incidents.

Pour le client, cette tarification rend le budget plus lisible, et pour Netsec, elle place le coût d’exécution au centre du modèle. Une fois l’abonnement souscrit, chaque tâche récurrente exigeant une intervention humaine consomme une partie de la marge, alors qu’une procédure réutilisable peut réduire le temps nécessaire pour servir le client.

L’abonnement et l’automatisation existent déjà dans l’infogérance, mais Netsec entend en pousser plus loin les effets économiques. Partech met ainsi en avant la capacité de la technologie à absorber les tâches de volume pour permettre aux opérateurs de se concentrer sur les décisions et les interventions complexes.

Les exceptions mettent la standardisation à l’épreuve

Le potentiel d’automatisation dépend du degré de ressemblance entre les opérations. Créer un compte selon une procédure connue, appliquer une politique de sécurité ou retirer une licence inutilisée offre des possibilités de répétition, tandis que reprendre un environnement ancien, mal documenté et construit par ajouts successifs demande un autre travail.

Deux sociétés ayant le même nombre de salariés peuvent ainsi représenter des charges très différentes : l’une dispose d’outils récents et de règles d’accès clairement définies, tandis que l’autre conserve des applications spécifiques, des équipements hétérogènes et des configurations que seuls quelques collaborateurs connaissent. La facturation par salarié doit absorber cette diversité ou la traduire dans les conditions du contrat.

Netsec devra donc construire des intégrations et des procédures suffisamment réutilisables pour limiter le travail spécifique à chaque déploiement et permettre à une automatisation de devenir un investissement partagé entre plusieurs clients.

La largeur du périmètre impose aussi une discipline dans l’exécution, car accorder un accès sensible, bloquer un compte ou isoler une machine nécessite de définir ce qui peut être automatisé et ce qui doit rester soumis à validation. À mesure que le prestataire centralise les opérations, la protection de ses propres accès, la traçabilité de ses interventions et la réversibilité du service deviennent des conditions de confiance.

Les prestataires et les éditeurs convergent sur le même terrain

Netsec entre dans un marché où plusieurs acteurs couvrent déjà une partie de ses fonctions. EVOK, intégré au groupe suisse Sequotech, propose de l’infogérance, de la sécurité et du cloud aux PME ; Devoteam intervient dans les services de cybersécurité managés, tandis que Huntress associe ses outils de protection à des analystes disponibles en permanence.

La concurrence vient également des éditeurs, avec Rippling IT, qui réunit appareils, identités et accès dans une plateforme, et, en France, Primo, qui développe des agents capables d’exécuter les opérations informatiques répétitives, sous les règles définies par les équipes IT. Ces solutions peuvent permettre à un client de gagner en productivité tout en conservant ses opérateurs.

Netsec devra justifier l’intérêt de lui déléguer un périmètre plus large. La simplicité de l’interface facilite l’usage, et une qualité de service régulière, un coût complet compétitif et des procédures éprouvées pourraient constituer des avantages plus durables. Les prestataires historiques disposent, de leur côté, de relations clients et d’une connaissance des environnements qu’ils administrent, ce qui leur donne une base pour investir eux aussi dans l’automatisation.

De l’expérience des fondateurs aux preuves économiques

Les deux cofondateurs se sont rencontrés chez Rocket Internet. Gianluca Varisco a ensuite dirigé la sécurité chez Arduino et au sein de l’équipe italienne de transformation numérique, avant de devenir architecte principal de sécurité chez Google Cloud, tandis que Guglielmo Reina a poursuivi son parcours chez Global Founders Capital et 468 Capital.

Fondée en 2025 par Gianluca Varisco et Guglielmo Reina, Netsec opère sous la société française Barbican SAS et se présente comme implantée en France et en Italie. Elle a annoncé le 6 octobre 2026 avoir levé plus de 10 millions de dollars en capital, soit environ 8,9 millions d’euros, dans une opération menée par Partech avec Primo Capital et View Different, le véhicule d’investissement de Diego Piacentini. Son actionnariat comprend également, entre autres, Riccardo Zacconi, Kima Ventures et Ithaca Investments, sans que leur participation à cette opération soit détaillée. Le financement doit renforcer l’automatisation, les intégrations et les opérations, puis soutenir la croissance en Europe et aux États-Unis.

 

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