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PRIMO lève près de 7 millions d’euros pour faire gérer votre IT par ses agents IA

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La startup française Primo annonce une levée de 6,9 millions d’euros auprès de Headline et Global Founders Capital. La société, qui centralise la gestion des appareils, des applications SaaS, des identités et du support informatique, veut désormais permettre à des agents IA d’exécuter ces opérations de bout en bout, sous le contrôle des équipes IT.

L’intelligence artificielle s’invite désormais dans les fonctions informatiques les plus opérationnelles de l’entreprise. Non plus seulement pour répondre à une question ou suggérer une procédure, mais pour commander un ordinateur, préparer un poste de travail, ou encore attribuer les accès applicatifs d’un salarié et les révoquer lors de son départ.

Fondée à Paris en 2022, la société annonce une levée de 6,9 millions d’euros auprès de Headline et Global Founders Capital. Elle revendique plus de 400 clients dans dix pays, parmi lesquels Theodo, Dust ou Skello, et un revenu récurrent annuel supérieur à 3,4 millions d’euros, en hausse d’un facteur quatre sur un an.

Le financement doit permettre à l’entreprise de doubler ses effectifs et d’accélérer son développement international. Plus de 40 % de ses clients se situent déjà hors de France.

Une équipe construite autour de l’expérience IT des entreprises en croissance

Primo a été lancé par Martin Pannier, qui dirige l’entreprise, avec Antoine de Mereuil et Nicolas Nallet. Samuel Lebeau, passé notamment par Swile, a rejoint l’aventure comme directeur technique et cofondateur. Dès l’origine, l’équipe a ciblé un problème très concret des startups, scaleups et PME : l’informatique interne est encore organisée comme une succession de silos (gestion de parc, achats, sécurité, applications, identités, support), alors que les événements qui la déclenchent sont communs.

L’arrivée d’un salarié est l’exemple le plus évident, une entreprise doit acheter ou expédier un ordinateur, le configurer, créer les comptes, attribuer les licences, appliquer les règles de sécurité et organiser l’accueil. À l’inverse, un départ impose de vérifier qu’aucun accès ne demeure ouvert. Dans nombre d’organisations, ces opérations reposent encore sur des tableaux de suivi, des tickets manuels et la coordination entre les RH, l’IT et les managers.

Primo a d’abord construit une plateforme pour réunir ces briques : appareils, collaborateurs, identités, accès SaaS, inventaire, tickets et politiques internes. La société se présente désormais comme une plateforme IT « AI-native », dans laquelle les agents disposent des données et des intégrations nécessaires pour agir.

Passer de l’assistant à l’agent qui exécute

Ainsi un assistant IA peut indiquer à un collaborateur la procédure pour obtenir un accès à Figma ou résoudre un problème de connexion. Primo veut, lui, permettre à un agent de vérifier le droit de l’utilisateur, d’appliquer les règles définies par l’entreprise, puis de restaurer l’accès ou de transmettre la demande à un administrateur.

Dans le cas d’un onboarding, l’agent peut détecter l’arrivée dans le SIRH, commander le matériel conforme à la politique de l’entreprise, préparer le poste, attribuer les applications associées au métier et créer le ticket d’accueil. Le même mécanisme peut être mobilisé à rebours lors d’un départ pour désactiver les comptes et couper les accès sensibles.

Le modèle ne constitue toutefois pas l’essentiel de l’avantage produit. La valeur se situe dans la couche de contexte : savoir qui est le salarié, quel matériel il utilise, quelles applications son rôle autorise, quels droits peuvent être accordés automatiquement et quelles actions exigent une validation. Sans ce référentiel, l’agent reste un assistant conversationnel connecté à des outils dispersés.

« Nous construisons une plateforme où l’IT devient un levier, et où les agents IA font le travail répétitif pendant que les équipes se concentrent sur ce qui compte », résume Martin Pannier, cofondateur et CEO de Primo.

La sécurité, condition de l’autonomie

Confier une action à un agent ne présente pas le même niveau de risque selon qu’il s’agit de répondre à un ticket, de commander un ordinateur ou d’accorder un privilège d’administration. C’est pourquoi Primo met en avant une automatisation gouvernée, l’entreprise détermine les opérations qui peuvent être exécutées de manière autonome et celles qui doivent rester soumises à l’approbation d’un responsable.

C’est le point sur lequel la société devra faire ses preuves. La promesse des agents IA dans l’IT ne se mesure pas seulement au temps économisé. Elle dépend de la granularité des droits, de la qualité des journaux d’audit, de la capacité à expliquer une décision et de la possibilité d’interrompre ou de corriger une action.

Primo dispose ici d’un avantage de positionnement : l’entreprise propose déjà un produit de gestion IT avant de demander à ses clients d’y confier des agents. Mais la progression vers des tâches réellement autonomes devra s’accompagner de garanties de sécurité et de conformité équivalentes à celles exigées d’un administrateur humain.

Headline, GFC et deux entrepreneurs SaaS au capital

L’opération est financée par Headline et Global Founders Capital, deux investisseurs déjà présents au capital de Primo depuis le lancement commercial de la société. Jonathan Userovici, partner chez Headline, estime que le principal enjeu n’est pas la capacité d’une IA à formuler une réponse, mais son aptitude à exécuter une opération fiable au cœur du système d’information.

Le capital de Primo compte également Arthur Waller, cofondateur et CEO de Pennylane, ainsi que Romain Niccoli, cofondateur et CEO de Pigment. Leur présence donne à la startup des soutiens qui connaissent les contraintes de déploiement des logiciels B2B auprès d’entreprises en croissance : intégration dans les flux de travail, sécurité, vente complexe et internationalisation.

Face aux plateformes américaines, une place à prendre en Europe

La concurrence est déjà structurée aux États-Unis, Rippling est sans doute le concurrent le plus proche dans son ambition de relier le cycle de vie RH à la gestion des identités, des appareils, de l’inventaire et des applications. La société américaine propose elle aussi de gérer ces couches depuis une plateforme unifiée.

JumpCloud part davantage de l’identité et de l’annuaire d’entreprise. Jamf et Kandji dominent plus spécifiquement la gestion des flottes Apple, tandis que NinjaOne et les grands éditeurs de gestion de terminaux restent très présents sur l’administration, la supervision et le support. Microsoft constitue un autre concurrent indirect mais central pour les entreprises déjà équipées d’Intune, Entra et Microsoft 365.

En Europe, la concurrence est plus fragmentée, des entreprises comme la française Fleet se positionnent sur l’équipement, la logistique et la gestion des appareils. Mais peu d’acteurs européens revendiquent à ce stade une plateforme couvrant simultanément le parc, les accès SaaS, les identités, le support et une couche d’agents d’exécution.

Pour Primo, l’enjeu ne sera donc pas nécessairement de remplacer tous les outils déjà installés, mais d’imposer sa plateforme comme la couche d’orchestration qui relie ces logiciels, applique les politiques internes et permet à une entreprise de déléguer une part croissante de ses opérations IT.

La levée de 6,9 millions d’euros doit financer cette transition d’un outil de gestion informatique pour équipes en croissance à une infrastructure capable de faire travailler des agents IA dans un périmètre sécurisé.

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