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CLEAVR lève 8 millions d’euros pour automatiser l’encaissement des factures

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Une facture émise ne fait pas encore de la trésorerie. Entre son envoi et son règlement, les équipes financières doivent retrouver un interlocuteur, transmettre un document manquant, comprendre une contestation ou suivre une promesse de paiement. Cleavr veut automatiser cette succession d’échanges. La fintech parisienne annonce une levée de fonds de 8 millions d’euros pour développer sa plateforme et accélérer son expansion européenne.

Invité de FRENCHWEB.FR, son cofondateur Baptiste Nassoy présente Cleavr comme un « collaborateur IA qui automatise l’encaissement et la gestion du poste client ». Derrière cette formule, un périmètre précis : prendre en charge ce qui suit la facturation, des premières relances au traitement des litiges, puis à l’intervention de partenaires juridiques lorsque le dossier l’exige.

 

Comprendre pourquoi une facture reste en attente

Le retard de paiement recouvre des situations très différentes. Une facture peut avoir été adressée au mauvais service, manquer d’une référence de commande ou susciter une question sur la prestation. Le fournisseur peut également tarder à répondre ou poursuivre ses relances alors qu’une discussion est déjà engagée.

Cleavr se connecte aux ERP, aux logiciels de facturation et aux CRM pour récupérer les factures et les contacts. La plateforme personnalise les relances, utilise plusieurs canaux, dont l’email, le SMS et WhatsApp, puis analyse les réponses. Elle peut rechercher un nouvel interlocuteur lorsqu’un contact ne répond plus et transmettre les difficultés identifiées aux équipes financières, commerciales ou au support client.

« C’est le bon message passé au bon moment avec les bonnes informations », résume Baptiste Nassoy. La proposition consiste à relier la donnée comptable, la conversation et l’action nécessaire au règlement. Pour le client, l’enjeu est d’obtenir une réponse utile ; pour le fournisseur, de raccourcir le chemin jusqu’à l’encaissement.

Une autonomie encadrée par la relation commerciale

« On automatise 80 % des actions qui étaient historiquement manuelles », affirme Baptiste Nassoy. Selon lui, l’IA peut également traiter seule 80 % des réponses reçues. Les situations présentant un risque commercial ou réputationnel sont transmises aux équipes internes.

« On ne se base que sur les données métiers de l’outil de facturation auquel on se connecte », explique le fondateur. Les réponses sont ainsi bornées par les informations disponibles. Cette limitation est essentielle dans une fonction où un message erroné, une relance excessive ou une mauvaise interprétation d’un litige peuvent détériorer une relation commerciale.

L’intégration devient, dans ce contexte, une composante centrale du produit. Cleavr revendique une connexion à tous les ERP, y compris ceux dont l’accès aux données est plus difficile. Le maintien de ces connexions et la synchronisation des informations conditionnent la pertinence des actions : un paiement enregistré ou un avoir émis doivent modifier immédiatement le suivi du dossier.

La trésorerie comme mesure du résultat

Cleavr affirme réduire de 37 % en moyenne le DSO, l’indicateur qui mesure le délai moyen d’encaissement des créances clients. Baptiste Nassoy illustre cette promesse par une entreprise passant de 30 jours à moins de 20 jours. Il s’agit de résultats annoncés par la société, dont l’entretien ne détaille pas le périmètre de mesure.

Pour une direction financière, l’intérêt se situe dans la trésorerie rendue disponible plus tôt, le temps économisé et la réduction éventuelle du besoin de financement. L’accélération des encaissements ne crée pas, à elle seule, du chiffre d’affaires supplémentaire.

La fintech fonctionne par abonnement, sans commission sur les sommes recouvrées. Pour les ETI, Baptiste Nassoy évoque un coût compris entre 10 000 et 150 000 euros par an, selon la taille de l’activité et le volume de factures. Les entreprises réalisant entre 50 millions et un milliard d’euros de chiffre d’affaires constituent sa cible privilégiée.

Cleavr revendique plus d’une centaine de clients en six à sept mois. L’acquisition repose encore à 90 % sur la prospection, selon son cofondateur. Les relations avec les éditeurs de facturation, les banques et les fonds de capital-investissement doivent lui permettre d’élargir son accès aux entreprises.

Un besoin de trésorerie dans un marché déjà équipé

Le besoin dépasse les seules factures litigieuses. Dans son rapport 2025 publié en septembre 2026, l’Observatoire des délais de paiement estime, à partir des données de 2024, que les PME et microentreprises françaises auraient disposé de 13 milliards d’euros de trésorerie supplémentaire en l’absence de retards. Fin 2025, le retard moyen atteignait encore 13,4 jours, légèrement au-dessus de la moyenne européenne. Pour les directions financières, mieux suivre les créances constitue donc un levier de maîtrise du besoin en fonds de roulement.

La gestion du poste client est toutefois un marché déjà équipé. Upflow centralise les échanges de recouvrement et propose des agents capables de gérer les réponses, les promesses de paiement et les litiges, avec plusieurs degrés de validation humaine. Sidetrade déploie son agent Aimie pour interagir avec les débiteurs et transmettre les situations sensibles aux équipes. Esker associe prédictions de paiement, recommandations et outils collaboratifs dans une offre plus large de gestion des flux financiers. L’américain HighRadius développe également des agents de recouvrement intégrés à sa plateforme financière, notamment pour les réponses aux emails et le suivi des factures sur les portails clients.

Face à ces offres, Cleavr mise sur la prise en charge des échanges après facturation, l’étendue revendiquée de ses connexions aux ERP et un modèle par abonnement. Les équipes internes et les agences de recouvrement demeurent des alternatives ; l’affacturage apporte, lui, une avance de trésorerie. La capacité à résoudre les blocages administratifs doit aussi composer avec la solvabilité du débiteur et le rapport de force commercial entre client et fournisseur.

La concurrence se joue également dans l’accès aux entreprises. Les éditeurs de facturation et les banques peuvent apporter des clients à Cleavr, tout en ayant la possibilité d’enrichir leurs propres offres. Pour la fintech, transformer ces relations en canaux d’acquisition réguliers sera aussi important que développer de nouvelles fonctionnalités. Sa différenciation devra se mesurer dans la qualité du déploiement, le traitement des exceptions et les résultats d’encaissement.

La facturation électronique peut faciliter cette évolution en structurant davantage les données. Depuis le 1er septembre 2026, les entreprises françaises concernées doivent pouvoir recevoir des factures électroniques, les grandes entreprises et les ETI devant également les émettre. L’obligation d’émission s’étendra aux PME et microentreprises en septembre 2027. Cette standardisation peut simplifier le travail de Cleavr comme celui de ses concurrents.

Passer des premiers clients au déploiement européen

Le projet est né d’expériences complémentaires : Arthur Guérin avait construit la gestion du recouvrement chez Skello, Antoine Grenard travaillait sur le sujet dans le conseil en stratégie et Baptiste Nassoy le gérait dans les opérations d’un groupe de rénovation énergétique. Les fondateurs ont d’abord privilégié une équipe resserrée et un développement nourri par les demandes des clients. « On écoute énormément et on s’adapte », souligne Baptiste Nassoy.

Avec ce financement, Baptiste Nassoy entend « conquérir l’Europe assez rapidement ». Cleavr indique être présente en France, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Italie, en Espagne et en Belgique. Son prochain cap consiste à étendre cette présence tout en conservant la qualité du suivi. Automatiser les échanges courants permet d’absorber davantage de dossiers ; la gestion des exceptions et le relais aux équipes resteront déterminants pour obtenir la confiance des directions financières.

Fondée en 2025 par Baptiste Nassoy, Arthur Guérin et Antoine Grenard, Cleavr lève 8 millions d’euros en amorçage dans un tour mené par Varsity, avec Portfolio Ventures, Kerala et Financière Saint James, ainsi que ses investisseurs historiques Kima Ventures et Better Angle. L’opération intervient après un premier financement d’un million d’euros annoncé en mars 2026, portant à 9 millions d’euros les montants levés annoncés. Les fonds doivent soutenir le développement du produit, le renforcement commercial et l’expansion européenne.

EXPERIENCE – utiliser Cleavr au quotidien

Faut-il changer de logiciel de facturation ou de comptabilité ?

Cleavr se connecte aux outils existants pour récupérer les factures, les contacts et les paiements. La création des factures et la comptabilité restent dans le logiciel de l’entreprise ; Cleavr prend en charge leur suivi jusqu’à l’encaissement.

Quels outils peut-on connecter à Cleavr ?

Le site présente notamment des intégrations avec Pennylane, Sellsy, Axonaut, Sage, SAP, Odoo, NetSuite, Stripe et Qonto. Pour un outil interne ou absent du catalogue, Cleavr propose une API et des échanges de fichiers. La connexion adaptée dépend de l’environnement utilisé.

Combien de temps faut-il pour démarrer ?

Pour les connexions prises en charge, Cleavr annonce quelques minutes de branchement, suivies d’une synchronisation variable selon le volume de données. Les premières relances peuvent partir le lendemain. Un connecteur spécifique nécessite un calendrier distinct.

Peut-on commencer avec quelques factures ?

Oui. Cleavr indique permettre un démarrage sur un client ou une sélection de factures, puis une extension progressive. Son IA commence par observer et proposer des actions, que les équipes peuvent valider ou corriger avant d’accroître son autonomie.

Les clients reçoivent-ils des messages au nom de Cleavr ?

Le portail débiteur est personnalisable avec l’identité visuelle du fournisseur. Le client accède à son dossier par un lien, sans créer de compte. Il peut signaler un paiement, contester la facture ou demander un échéancier.

Que se passe-t-il lorsqu’un client promet de payer à une date précise ?

L’IA peut enregistrer la promesse de règlement et suspendre les relances jusqu’à la date annoncée. Elle vérifie ensuite le paiement. Si celui-ci manque, le suivi reprend selon les règles définies ; l’équipe peut modifier la date de suivi.

Les relances s’arrêtent-elles après le paiement ?

Selon Cleavr, l’enregistrement du paiement interrompt le parcours de recouvrement et annule les relances prévues. La facture et les indicateurs sont mis à jour. Ce fonctionnement repose sur la remontée des informations de paiement dans les outils connectés.

Comment une facture contestée est-elle traitée ?

Cleavr annonce une mise en pause des relances pendant le traitement de la contestation. Selon l’autonomie accordée à l’IA, celle-ci détermine la suite ou prépare une tâche pour l’équipe, avec la réponse du client et l’historique du dossier.

Peut-on valider les actions sensibles avant leur exécution ?

Des étapes de validation peuvent être configurées avant le précontentieux ou la transmission à un partenaire de recouvrement judiciaire. Les équipes disposent du contexte pour accepter ou refuser l’action. Ces points de contrôle doivent être définis lors du paramétrage.

Cleavr peut-elle suivre les factures adressées à des clients publics ?

Cleavr présente un module Chorus Pro qui automatise le dépôt depuis l’ERP et suit les statuts des factures. En cas de rejet, il signale le motif et l’action recommandée, avec une possibilité de nouvelle soumission. Le suivi du paiement est intégré au parcours.

Comment fonctionne la tarification et que comprend l’abonnement ?

Le tarif est établi sur devis, selon l’activité et le volume de créances, sans commission sur les montants encaissés. Selon la FAQ de Cleavr, relances, portail, suivi, intégrations et support sont inclus jusqu’au précontentieux. Le périmètre et les frais éventuels du contentieux doivent être précisés au devis.

Où sont hébergées les données et peut-on suivre les actions réalisées ?

Cleavr indique héberger les données dans l’Union européenne, les chiffrer et les isoler par client. La société déclare être certifiée ISO 27001:2022. Chaque action est journalisée avec sa date, son auteur et son contexte, pour permettre le suivi des opérations.

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