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Face à la contestation locale, Amazon renonce à son siège new-yorkais

Coup de tonnerre à New York ! Alors que la métropole américaine dirigée par le démocrate Bill de Blasio avait été sélectionnée par Amazon en novembre dernier aux côtés d’Arlington, en Virginie, pour disposer d’un second siège social, en complément du QG historique de Seattle, la firme de Jeff Bezos a finalement décidé d’annuler son projet de campus qui devait voir le jour à Long Island City, dans le quartier new-yorkais du Queens. «Après mûre réflexion et délibération, nous avons décidé de ne pas donner suite à notre projet de construire un siège pour Amazon à Long Island City, dans le Queens. Pour Amazon, l’engagement de construire un nouveau siège social nécessite des relations positives et constructives avec les élus locaux, qui apporteront leur soutien sur le long terme», a fait savoir Amazon dans un communiqué inattendu.

Le coup est rude pour Bill de Blasio, maire de la ville, et Andrew Cuomo, gouverneur de l’État de New York, qui s’étaient réjouis du choix d’Amazon il y a trois mois, assurant que ce nouveau campus à Long Island City allait permettre de diversifier l’économie locale et de générer 27 milliards de dollars de nouvelles recettes gouvernementales sur 25 ans. Finalement, il n’en sera rien. Pourtant, Bill de Blasio avait sorti le grand jeu pour séduire Amazon, promettant pas moins de 3 milliards de dollars d’avantages fiscaux à la firme américaine. «Il y a actuellement plus de 5 000 employés d’Amazon à Brooklyn, Manhattan et Staten Island, et nous prévoyons de continuer à développer ces équipes», a néanmoins précisé Amazon. «Merci encore au gouverneur Cuomo, au maire de Blasio et aux nombreux autres dirigeants communautaires et résidents qui ont accueilli nos plans et nous ont soutenus tout au long du processus. Nous espérons avoir de futures occasions de collaboration tout en continuant à renforcer notre présence à New York au fil du temps», a conclu le groupe basé à Seattle.

Amazon ne va pas chercher un autre site pour remplacer New York

Les ambitions de la firme américaine à New York se sont heurtées à l’opposition de certains habitants et élus locaux, qui craignaient des effets négatifs sur le quartier du Queens. En effet, la plupart d’entre eux ne veulent pas subir un destin similaire à celui de la Silicon Valley qui, en devenant le berceau des géants du numérique, a été confrontée à une explosion des prix de l’immobilier et une gentrification spectaculaires, poussant nombre d’Américains à quitter la baie de San Francisco. Parmi les plus vives opposants au projet, l’étoile montante des démocrates, Alexandria Ocasio-Cortez, plus jeune élue de l’histoire au Congrès à 29 ans, et Michael Gianaris, sénateur de l’État de New York. Ce dernier avait été nommé la semaine dernière pour siéger à un conseil d’État lui permettant de mettre son veto à l’arrivée d’Amazon à Long Island City. Ce ne sera finalement pas nécessaire, Amazon ayant préféré prendre les devants pour éviter une déconvenue encore plus sévère.

Après l’abandon du projet de campus new-yorkais, de nombreuses villes américaines seraient tentées de faire les yeux doux à Amazon pour attirer le groupe sur leurs terres. Cependant, la firme américaine a immédiatement mis fin aux rumeurs en annonçant qu’elle ne chercherait pas un autre emplacement après son échec à New York. «Nous n’avons pas l’intention de relancer une recherche pour notre deuxième siège social pour le moment. Nous procéderons comme prévu dans le nord de la Virginie et à Nashville (NDLR : un site pour superviser les opérations d’Amazon avec 5 000 emplois à la clé), et nous continuerons d’embaucher et de développer nos 17 bureaux et centres technologiques aux États-Unis et au Canada», a indiqué le géant américain. Le quartier de Crystal City à Arlington, qui doit accueillir le second siège social d’Amazon dans la banlieue de Washington, est donc l’unique vainqueur d’une bataille qui aura vu s’affronter 240 villes.

Maxence Fabrion

Journaliste chez FW - DECODE MEDIAPour contacter la rédaction : redaction.frenchweb@decode.media

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