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French Tech 2030 : derrière les 80 lauréats, la carte des ambitions industrielles françaises

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Calcul, composants, communications spatiales, énergie, santé : la troisième promotion de French Tech 2030 dessine les capacités technologiques que l’État souhaite voir se développer en France. La géographie de ses 80 lauréats révèle des pôles de concentration, et leurs trajectoires posent une même question : comment transformer une avance scientifique en production industrielle et en commandes ?

Faire fonctionner un modèle d’intelligence artificielle suppose des processeurs, des logiciels capables de les exploiter et une alimentation électrique adaptée. ZML travaille sur l’exécution des modèles sur différents matériels, Wise Integration développe des solutions de conversion d’énergie, et Hexana conçoit une plateforme nucléaire destinée à fournir chaleur et électricité. Ces entreprises occupent des positions distinctes dans des chaînes dont la maîtrise conditionne le déploiement des technologies numériques et industrielles.

Leur présence dans une même promotion éclaire la logique de French Tech 2030. Cette nouvelle sélection 2026 réunit 80 entreprises dans huit secteurs stratégiques. L’État entend accompagner des technologies dont dépendront les infrastructures de demain. « Les technologies dont notre économie dépend doivent être conçues et produites chez nous », a réaffirmé Emmanuel Macron à ce propos.

La sélection esquisse ainsi une politique des capacités : savoir calculer, communiquer, produire, protéger et soigner. Sa portée se mesurera à la manière dont ces technologies trouveront des débouchés, puis pourront être fabriquées et déployées à une échelle économiquement viable.

French Tech 2030 — les 80 lauréats de la promotion 2026

Explorez la carte par région et par secteur. La liste complète reste disponible ci-dessous.

Répartition régionale des sièges des 80 lauréats : Île-de-France 42, Auvergne-Rhône-Alpes 14, Provence-Alpes-Côte d’Azur 6, Occitanie 6, Bretagne 4, Nouvelle-Aquitaine 4, Hauts-de-France 2, Grand Est 1 et Pays de la Loire 1.
Consulter la liste des 80 lauréats
  • Alpsemi — Semi-conducteurs · Auvergne-Rhône-Alpes
  • Alta Ares — Robotique · Île-de-France
  • Altrove — Énergie et décarbonation · Île-de-France
  • Aniah — Semi-conducteurs · Auvergne-Rhône-Alpes
  • Anozr Way — Cybersécurité · Bretagne
  • Arlequin AI — Intelligence artificielle · Île-de-France
  • Ascendance — Robotique · Occitanie
  • Biolevate — Santé · Île-de-France
  • Biomemory — Énergie et décarbonation · Île-de-France
  • Blue Capsule — Énergie et décarbonation · Provence-Alpes-Côte d'Azur
  • C12 — Quantique · Île-de-France
  • Cailabs — Spatial · Bretagne
  • ColibriTD — Quantique · Île-de-France
  • CryptoNext Security — Cybersécurité · Île-de-France
  • Diamfab — Semi-conducteurs · Auvergne-Rhône-Alpes
  • Dillico — Santé · Auvergne-Rhône-Alpes
  • Elistair — Robotique · Auvergne-Rhône-Alpes
  • Entalpic — Intelligence artificielle · Île-de-France
  • Evertrust — Cybersécurité · Île-de-France
  • Glimps — Cybersécurité · Bretagne
  • Gobano Robotics — Robotique · Île-de-France
  • Hexana — Énergie et décarbonation · Provence-Alpes-Côte d'Azur
  • HiQuTe Diamond — Semi-conducteurs · Île-de-France
  • HyPrSpace — Spatial · Nouvelle-Aquitaine
  • ID4US — Cybersécurité · Auvergne-Rhône-Alpes
  • Inbolt — Robotique · Île-de-France
  • Infinite Orbits — Spatial · Occitanie
  • iNGage — Semi-conducteurs · Auvergne-Rhône-Alpes
  • Ion-X — Spatial · Île-de-France
  • Jizô AI — Cybersécurité · Île-de-France
  • Kerys Software — Cybersécurité · Île-de-France
  • Keysom — Semi-conducteurs · Nouvelle-Aquitaine
  • Kiro — Santé · Provence-Alpes-Côte d'Azur
  • Kwan-tek — Semi-conducteurs · Bretagne
  • Lattice Medical — Santé · Hauts-de-France
  • Leanspace — Spatial · Grand Est
  • Lithosquare — Énergie et décarbonation · Île-de-France
  • Look Up — Spatial · Occitanie
  • Mantle8 — Énergie et décarbonation · Auvergne-Rhône-Alpes
  • Mecaware — Énergie et décarbonation · Auvergne-Rhône-Alpes
  • Memority — Cybersécurité · Île-de-France
  • NanoXplore — Semi-conducteurs · Île-de-France
  • Netri — Santé · Auvergne-Rhône-Alpes
  • Neuralk — Intelligence artificielle · Île-de-France
  • Niryo — Robotique · Hauts-de-France
  • NPco — Intelligence artificielle · Île-de-France
  • One Biosciences — Santé · Île-de-France
  • Orakl Oncology — Santé · Île-de-France
  • Orasio — Intelligence artificielle · Île-de-France
  • Orus — Spatial · Provence-Alpes-Côte d'Azur
  • Otrera — Énergie et décarbonation · Provence-Alpes-Côte d'Azur
  • Outsight — Intelligence artificielle · Île-de-France
  • Pyannote — Intelligence artificielle · Île-de-France
  • QbitSoft — Quantique · Île-de-France
  • Qevlar AI — Cybersécurité · Île-de-France
  • Quandela — Quantique · Île-de-France
  • Raidium — Santé · Île-de-France
  • Reeverse Systems — Intelligence artificielle · Pays de la Loire
  • Renaissance Fusion — Énergie et décarbonation · Auvergne-Rhône-Alpes
  • Robeauté — Santé · Île-de-France
  • SeqOne — Santé · Occitanie
  • Shark Robotics — Robotique · Nouvelle-Aquitaine
  • Silent Waves — Quantique · Auvergne-Rhône-Alpes
  • Sirius Space Services — Spatial · Île-de-France
  • Skynopy — Spatial · Île-de-France
  • Sonomind — Santé · Île-de-France
  • Spacedreams — Spatial · Île-de-France
  • SteerLight — Semi-conducteurs · Auvergne-Rhône-Alpes
  • Stellaria — Énergie et décarbonation · Auvergne-Rhône-Alpes
  • Swarm Robotics Group — Robotique · Nouvelle-Aquitaine
  • Tsuga Data — Intelligence artificielle · Île-de-France
  • U-Space — Spatial · Occitanie
  • Univity — Spatial · Île-de-France
  • Valmy — Intelligence artificielle · Île-de-France *
  • VSORA — Semi-conducteurs · Île-de-France
  • Welinq — Quantique · Île-de-France
  • Wheere — Spatial · Occitanie
  • Wise Integration — Semi-conducteurs · Provence-Alpes-Côte d'Azur
  • YesWeHack — Cybersécurité · Île-de-France
  • ZML — Intelligence artificielle · Île-de-France

* Valmy : rattachement régional déduit des totaux du dossier, à confirmer. Source : Mission French Tech, dossier du 16 octobre 2026. Sièges sociaux, et non lieux de production.

Les composants dessinent une autre lecture de la souveraineté

Le spatial rassemble 13 lauréats, devant l’intelligence artificielle, les semi-conducteurs et la santé, avec 11 entreprises chacun. La cybersécurité et l’énergie-décarbonation en comptent dix, la robotique huit et le quantique six.

L’intérêt industriel de la sélection apparaît dans ces articulations. VSORA développe des processeurs pour l’inférence, l’étape où les modèles d’IA sont utilisés. NanoXplore conçoit des composants programmables destinés aux systèmes critiques. Dans le spatial, HyPrSpace travaille sur les lanceurs, tandis que Cailabs développe des technologies de communication par laser.

Deux régions concentrent 70 % des sièges sociaux

La carte de la promotion fait apparaître deux pôles majeurs : l’Île-de-France accueille 42 sièges et l’Auvergne-Rhône-Alpes 14. À elles seules, ces régions regroupent 70 % des lauréats. L’Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur en comptent six chacune, la Bretagne et la Nouvelle-Aquitaine quatre chacune.

Cette concentration donne une première lecture des écosystèmes mobilisés. En Auvergne-Rhône-Alpes, Diamfab développe le diamant semi-conducteur et Silent Waves des amplificateurs cryogéniques pour le quantique. En Occitanie, Infinite Orbits, Look Up et U-Space occupent différentes positions dans les services et infrastructures spatiales. En Bretagne, Cailabs incarne le développement d’une activité industrielle autour de la photonique.

La localisation des sièges ne donne pas toute l’envergure territoriale de l’appareil productif. Les projets de Mecaware dans le recyclage des métaux de batteries illustrent des implantations liées aux gisements et aux clients industriels, au-delà de la région où l’entreprise est établie. Pour apprécier les retombées territoriales, il faut suivre séparément les équipes de recherche, les sites de production, les fournisseurs et les emplois.

Du brevet à l’usine, les preuves changent de nature

Selon les données communiquées par la Mission French Tech, les lauréats ont déposé 842 brevets depuis leur création et consacré 211 millions d’euros à la R&D en 2025. Par ailleurs, 60 % sont issus de la recherche publique ou collaborent avec elle. Cette dernière proportion réunit deux situations différentes : la création d’entreprises à partir de travaux de laboratoire et la coopération avec un organisme public.

Cette édition recense 23 usines existantes, dont une aux États-Unis, et présente autant de projets d’implantation industrielle. Cailabs fournit une illustration de cette transition. En septembre, l’entreprise a indiqué que son projet Factory 27, à Rennes, devait lui permettre de produire jusqu’à 50 stations sol optiques par an à l’horizon 2028. Elle prépare également une implantation industrielle aux États-Unis. L’objectif est de rendre la fabrication reproductible, puis de déployer ce modèle sur d’autres marchés. La maîtrise industrielle se joue aussi dans l’organisation, les équipes et les procédures de production.

Financer le temps qui précède les revenus

Les chiffres économiques de la promotion 2026 donnent une mesure de cet effort : les 211 millions d’euros de dépenses de R&D représentent environ 121 % des 175 millions d’euros de chiffre d’affaires cumulés en 2025.

Les besoins évoluent avec les étapes franchies. La recherche finance des équipes et des expérimentations ; l’industrialisation engage des équipements, des qualifications et des bâtiments ; les premières commandes peuvent ensuite nécessiter des stocks et du fonds de roulement. Une plateforme logicielle, un composant électronique et un réacteur nucléaire imposent des calendriers et des structures de financement différents.

Les lauréats ont levé 1,5 milliard d’euros depuis leur création. L’accompagnement de la French Tech vise notamment à faciliter l’accès aux dispositifs existants et aux investisseurs. Parmi les 80 entreprises, 41 sont déjà soutenues par France 2030 et 12 ont bénéficié d’aides ou d’investissements de l’European Innovation Council.

Les acheteurs décideront aussi de la trajectoire industrielle

Plusieurs relations illustrent cet accès aux marchés, autre levier du programme : Inbolt dans l’automatisation robotique chez Stellantis, NPco pour la simulation industrielle auprès de Safran et EDF, ou encore les collaborations de Mecaware avec Renault et Verkor. Pour les lauréats, ces relations peuvent apporter un terrain de validation, une référence commerciale et des revenus.

Le parrainage de Sopra Steria, qui participe également au comité de sélection, place l’accès aux grands comptes et aux administrations dans le dispositif. L’enjeu sera la transformation des rencontres en contrats, puis la position occupée par les start-up dans la relation commerciale et dans le partage de la valeur.

Le Guichet Deeptech ajoute un levier réglementaire. Ouvert aux start-up deeptech au-delà des seuls lauréats, il permet de signaler une norme qui bloque un projet.

La carte des lauréats localise aujourd’hui des compétences et des ambitions. Dans quelques années, les résultats de cette promotion se liront aussi dans les installations mises en service et les commandes renouvelées par les industriels et les administrations.

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