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Gadget sensible au piratage ou outil indispensable : la maison connectée fait débat

Avec l'AFP

Multiprises connectées au wi-fi, assistants vocaux pour allumer les lumières, vidéosurveillance contrôlée par smartphone : de plus en plus populaires, les objets connectés divisent, entre outils quasi-indispensables pour les uns et gadgets propices au piratage par leurs détracteurs.

«OK Google, lance Babar sur Netflix !» A peine les mots prononcés par Marie, le dessin animé préféré de son fils apparaît à l’écran. Dans son appartement de la banlieue parisienne équipé d’un assistant vocal et d’une prise connectée au wi-fi, elle allume la lumière, lance une musique ou déclenche un minuteur dans sa cuisine. «Bien sûr, il y a un petit côté gadget, mais en fait, à force de l’utiliser je trouve ça pratique. Ça n’a pas changé ma vie, mais ça fait gagner du temps… et du confort», sourit-elle.

La domotique représente plus de 60% du marché des objets connectés 

Pour d’autres, ces objets pilotables par la voix ou une application sont même devenus essentiels au quotidien. «Je me déplace en béquilles ou en fauteuil roulant, donc mes objets connectés ont une importance particulière et me facilitent la vie. Tant que je garde la main sur ces choses, ça me va», explique à l’AFP Philippe-Claude, un quinquagénaire de la Drôme qui possède plusieurs assistants vocaux, une montre connectée et même un purificateur d’air connecté.

Si deux tiers des Français ne sont toujours pas équipés d’objets connectés, le marché du secteur a dépassé le milliard d’euros en 2017, selon le cabinet d’études Gfk. La domotique (maison connectée) qui représente plus de 60% du marché, en volume comme en valeur, fait office de locomotive du secteur.

Si le marché des assistants vocaux se répartit principalement entre Google et Amazon, plusieurs entreprises françaises se sont positionnées sur les objets du quotidien. Thermostat intelligent réglable par smartphone pour Netatmo (groupe Legrand), volets roulants contrôlés par une application pour Somfy, ou détecteur d’ouverture de portes et de fenêtres qui allume automatiquement la lumière pour Konyks : le choix est large. Des géants comme Ikea ont aussi investi le créneau en proposant une prise connectée dès 8 euros.

«Tout devient connecté»

«Vivre sans objet connecté ce ne sera plus possible, tout devient connecté. Même dans l’électroménager, ça va arriver très vite : on ne se posera même plus la question de prendre un lave-vaisselle connecté ou non. C’est déjà le cas avec les télévisions», relève Cédric Locqueneux, auteur du blog «Maison et Domotique».

Mais cet engouement pour le tout connecté ne fait pas l’unanimité. Certains experts pointent du doigt les failles de sécurité informatique potentielles et les risques associés au piratage. «Si un hacker parvient à infiltrer le routeur, il peut compromettre tous les périphériques qui y sont connectés», explique dans une note Bastien Dubuc, manager France pour l’éditeur d’antivirus Avast. «Outre les assistants vocaux, si ces appareils, tels que la porte d’entrée ou le portail du garage, ont des capacités audio, les cybercriminels peuvent donner l’ordre de les déverrouiller via l’enceinte intelligente», précise-t-il.

«Une enceinte Google Home, un micro chez soi» ?

Pour l’heure, la perspective de rester coincé dans sa maison, le chauffage à fond et les lumières éteintes, reste un scénario catastrophe. Mais la question de la protection des données transmises au quotidien à ces objets connectés est, elle, bien réelle. «Avoir une enceinte Google Home c’est un peu comme mettre un micro chez soi», souligne Julien, un technicien informatique qui a équipé sa maison d’objets connectés pour le chauffage, l’eau chaude ou encore l’ouverture des portes et l’alarme. Son installation est centralisée sur une seule application, «Domoticz», basée sur un logiciel libre, «un système éthique plus respectueux de la privée qui ne dépend pas d’un prestataire ou d’une société».

«Il faut se méfier des produits à bas coût qui viennent de Chine notamment. Mais les entreprises françaises sont soumises au Règlement général de protection des données (RGPD), ils ont des contraintes à ce niveau-là», souligne Cédric Locqueneux. Le RGPD, en vigueur en Europe depuis mai, limite la quantité de données transmises et donne notamment la possibilité aux utilisateurs de demander à les récupérer et à les effacer.

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