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IA : Comment AnotherBrain veut avoir un coup d’avance sur les GAFA et les BATX

Interview de Bruno Maisonnier, co-fondateur et CEO d'AnotherBrain

Si la domination des géants américains et chinois est aujourd’hui incontestable à l’échelle mondiale en matière d’intelligence artificielle, Bruno Maisonnier estime qu’il est possible de développer des initiatives pour permettre à la France et à l’Europe de revenir dans la course. «Nous avons perdu la bataille du deep learning face aux GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) et aux BATX (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi) mais il y a zéro intelligence dans le deep learning», a-t-il expliqué à l’occasion du France Digitale Day qui s’est tenu à Paris le 25 septembre dernier.

Actuellement, la France est en retard sur l’intelligence artificielle. Pire, elle ne figure même pas dans le Top 5 mondial du secteur, dominé sans surprise par la Chine et les États-Unis, mais aussi par l’Israël, le Canada et le Royaume-Uni. Pour rappel, Pékin a annoncé en juillet 2017 un plan de développement national en faveur de ce secteur pour que l’industrie de l’intelligence artificielle génère plus de 20 milliards de dollars à l’horizon 2020 et près de 60 milliards de dollars d’ici 2025. Avec un tel plan, la Chine entend rivaliser avec les leaders américains du marché, qui ne sont autre que Microsoft et Google. «Pour se donner une chance d’être un leader de l’intelligence artificielle, il faut sauter une génération», estime Bruno Maisonnier.

C’est en partant de ce postulat que le fondateur de la start-up Aldebaran Robotics rachetée par le Japonais SoftBank, qui a créé les robots humanoïdes Nao et Pepper, a décidé d’inventer un nouveau paradigme d’intelligence artificielle au travers de la start-up parisienne AnotherBrain. Fondée en février 2017, la société (dont le nom signifie littéralement «un autre cerveau») développe une solution d’intelligence artificielle qui s’inspire directement du fonctionnement élémentaire du cortex cérébral. De cette manière, l’intelligence artificielle élaborée par la jeune pousse française va plus loin que les réseaux de neurones artificiels reposant sur le deep learning puisqu’elle est capable d’apprendre d’elle-même, sans supervision humaine, et d’expliquer ses décisions.

Un nouveau tour de table en préparation 

Après l’intelligence artificielle empatique et émotionnelle, Bruno Maisonnier entend ainsi développer une nouvelle forme d’intelligence artificielle «plus human-friendly». Baptisée «Organic AI» par l’entrepreneur, elle se veut plus économe en énergie et ne nécessite pas de grosses quantités de données pour permettre aux robots de comprendre ce qui se passe autour d’eux et d’apprendre de manière autonome. «Nao et Pepper sont les meilleurs robots du monde mais ils sont hyper frustrants. Au bout de 5 minutes, on n’arrive pas à interagir avec eux car ils ne sont pas conscients de leur environnement et n’ont pas d’intelligence. Cette nouvelle intelligence artificielle changera la donne», explique Bruno Maisonnier.

Pour financer ses ambitions dans le secteur, AnotherBrain a bouclé un tour de table de 10 millions d’euros en février. La société estime que sa technologie pourrait bénéficier à plusieurs industries, notamment dans l’automobile, l’IoT, la robotique ou la médecine. Le projet nécessitant beaucoup de capitaux pour aller à son terme, la jeune pousse est actuellement en train de finaliser une nouvelle levée de fonds pour poursuivre le développement de sa technologie.

AnotherBrain : les données clés

Fondateur : Bruno Maisonnier
Création : 2017
Siège social : Paris
Activité : solution d’intelligence artificielle sans assistance humaine
Financement : 10 millions d’euros en février 2018

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Maxence Fabrion

Journaliste chez FW - DECODE MEDIA

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