
INDY, TIIME ou ABBY : quelle plateforme choisir pour sa facturation électronique quand on est indépendant ?
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Si la facture électronique n’est que la porte d’entrée, derrière le choix d’une plateforme agréée se joue désormais une part croissante de la gestion de l’indépendant : devis, encaissements, relances, compte professionnel, déclarations sociales, comptabilité et transmission des données à l’administration.
Nous avons sélectionné trois solutions destinées aux indépendants et comparé leurs offres : Indy, Tiime et Abby. Toutes proposent un accès gratuit aux fonctions nécessaires à la facturation électronique, mais leur proximité tarifaire masque trois approches sensiblement différentes de la gestion d’une activité indépendante.
Indy vient de la comptabilité et prolonge progressivement la facture vers les déclarations fiscales. Tiime s’est développé à l’intersection de la facturation, de la pré-comptabilité et de la relation avec l’expert-comptable. Abby s’est concentré sur les besoins administratifs propres aux micro-entrepreneurs, de la déclaration Urssaf au suivi des seuils de TVA.
La comparaison ne se joue donc pas seulement sur quelques euros d’abonnement, mais porte sur le périmètre que chacune de ces plateformes cherche à couvrir et, surtout, sur les fonctions qui deviennent payantes lorsque l’activité se développe.
Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises établies en France et assujetties à la TVA doivent être capables de recevoir des factures électroniques. Les PME, TPE et micro-entreprises devront également en émettre à compter du 1er septembre 2027. Les indépendants bénéficiant de la franchise en base de TVA restent concernés par la réforme, car s’ils ne collectent pas la TVA, ils demeurent assujettis.
Cette obligation crée un nouveau point de passage dans les systèmes de gestion des petites entreprises. Une facture électronique contient des données structurées qui peuvent ensuite alimenter le rapprochement bancaire, la comptabilité, le suivi des paiements ou certaines déclarations. Pour les éditeurs, l’enjeu consiste donc moins à facturer l’accès au dispositif réglementaire qu’à étendre progressivement leurs services autour de ce flux.
C’est précisément à cet endroit que les modèles d’Indy, Tiime et Abby divergent.
Comparatif vérifié le 21 septembre 2026 à partir des offres publiques françaises. Les promotions temporaires et les fonctionnalités annoncées mais non encore disponibles ne sont pas retenues. Les tarifs mensuels correspondent au prix ramené au mois avec facturation annuelle lorsqu’une telle formule est proposée.
Indy, Tiime et Abby : trois périmètres différents
| Critère | Indy | Tiime | Abby |
|---|---|---|---|
| Positionnement | Comptabilité automatisée et fiscalité | Facturation, pré-comptabilité et collaboration comptable | Gestion administrative de la micro-entreprise |
| Offre gratuite | Oui | Oui | Oui |
| Devis et factures gratuits | Illimités | Illimités | Illimités |
| Facturation électronique | Incluse | Incluse | Incluse |
| Socle comptable gratuit | Comptabilité automatisée | Livre de recettes pour les micros et suivi du CA | Livres des recettes et des achats |
| Connexion bancaire | Intégrée au modèle comptable | À partir de Smart | À partir de Pro |
| Déclaration Urssaf | Premium pour la micro-entreprise | Selon le périmètre de l’offre | À partir de Start |
| Relation avec l’expert-comptable | Exports et offres d’accompagnement | Accès du cabinet dès Free, collaboration étendue avec Smart | Plus limitée |
| Premier niveau payant pour une micro-entreprise | Plus : 9 € HT/mois en annuel | Smart : 17,99 € HT/mois en annuel | Start : 9 € HT/mois en annuel |
| Niveau intermédiaire | Premium : 15 € HT/mois en annuel | Business : 24,99 € HT/mois en annuel | Pro : 15 € HT/mois en annuel |
La similitude des offres gratuites masque ainsi des architectures assez différentes. Chez Indy, la facture doit progressivement alimenter l’ensemble du traitement comptable et fiscal. Tiime organise davantage la circulation de l’information entre le dirigeant, ses opérations financières et son cabinet. Abby structure son produit autour des contraintes quotidiennes du régime micro.
Dans les trois cas, la facturation électronique devient une fonction d’entrée, les offres apparaissent ensuite avec les services qui réduisent réellement le travail administratif : synchronisation bancaire, relances, paiements, déclarations sociales et fiscales, gestion des justificatifs ou préparation de la comptabilité.
La réforme n’oblige pas nécessairement à changer de logiciel
Une facture électronique n’est pas un PDF envoyé par courrier électronique. Elle repose sur des données structurées et doit transiter dans l’écosystème prévu par la réforme afin de permettre son émission, sa réception, le suivi de ses statuts et la transmission à l’administration des informations requises.
Toutes les transactions ne suivent cependant pas exactement le même circuit. L’e-invoicing concerne principalement les opérations réalisées en France entre entreprises assujetties à la TVA. Les ventes aux particuliers et certaines opérations internationales relèvent du e-reporting : la facture peut continuer à être adressée au client selon les modalités habituelles, tandis que les données correspondantes sont transmises à l’administration.
Pour un indépendant qui travaille avec des particuliers, des clients étrangers ou plusieurs catégories de clientèle, cette distinction devient rapidement opérationnelle.
La réforme ne signifie pas pour autant qu’il faille adopter une nouvelle interface, un logiciel métier, une solution de gestion ou l’environnement de l’expert-comptable peut être directement raccordé à une plateforme agréée. Avant de migrer vers Indy, Tiime, Abby ou une autre solution, il faut donc vérifier comment l’environnement déjà utilisé prend en charge la réforme.
Le choix d’un nouvel outil devient plus pertinent lorsqu’il permet simultanément de répondre à l’obligation réglementaire et de supprimer des traitements manuels ou plusieurs abonnements existants.
Indy prolonge la facture jusqu’aux obligations fiscales
Créé en 2016 sous le nom de Georges, Indy s’est d’abord construit autour de l’automatisation de la comptabilité des indépendants. La facturation électronique ne modifie pas profondément cette logique. Elle ajoute une nouvelle source de données à un système qui rapproche déjà transactions bancaires, justificatifs et catégories comptables.
L’offre Essentiel est gratuite. Elle comprend notamment les devis et factures illimités, les fonctions liées à la facturation électronique et un socle de comptabilité automatisée. L’utilisateur peut ainsi commencer à regrouper facturation et suivi comptable sans souscrire immédiatement une formule payante.
Le passage aux offres supérieures correspond moins à une augmentation du volume de factures qu’à l’ajout de fonctions administratives et fiscales.
Pour une micro-entreprise, Plus est proposé à 9 euros HT par mois avec facturation annuelle, soit 108 euros HT par an. Le paiement mensuel porte le tarif à 12 euros HT par mois. La formule ajoute notamment la signature électronique des devis, les relances automatiques et le suivi de plusieurs seuils propres au régime micro.
Premium est affiché à 15 euros HT par mois en annuel, soit 180 euros HT par an, contre 19 euros HT en paiement mensuel. L’offre étend l’automatisation aux déclarations Urssaf et de TVA.
La grille change ensuite avec le statut juridique. Pour une entreprise individuelle à l’impôt sur le revenu, Premium débute à 22 euros HT par mois avec paiement annuel, contre 28 euros en mensuel. Pour une entreprise individuelle soumise à l’impôt sur les sociétés et certaines formes sociétaires, le tarif atteint 49 euros HT par mois en annuel, contre 59 euros en facturation mensuelle.
Cette progression reflète directement la complexité du traitement comptable. Tenir les obligations d’une micro-entreprise n’implique pas les mêmes opérations que produire les comptes annuels et la liasse fiscale d’une société.
Le positionnement d’Indy est donc particulièrement lisible pour les indépendants qui souhaitent conserver une part importante de leur comptabilité en autonomie. La société propose également des dispositifs faisant intervenir des experts-comptables, mais l’utilisateur reste au centre de l’organisation du produit.
Tiime organise la relation entre l’entreprise et son comptable
Tiime part d’une autre histoire. Fondée en 2015, la société a développé son offre autour de la facturation, de la collecte des justificatifs, de la pré-comptabilité et des échanges entre entreprises et cabinets. Elle revendique plus de 300 000 clients et environ 3 000 cabinets partenaires.
L’obtention en 2026 d’un agrément d’établissement de paiement élargit encore ce périmètre. Facturation, transactions financières et préparation comptable peuvent désormais être rapprochées dans un même environnement.
L’offre Free comprend l’émission et la réception des factures électroniques, les devis et factures personnalisables en nombre illimité, les acomptes, les avoirs, la gestion de plusieurs taux de TVA et un suivi du chiffre d’affaires. Pour une micro-entreprise, Tiime intègre également le livre de recettes. Le cabinet comptable peut accéder aux informations de facturation.
La connexion avec les flux bancaires intervient avec Smart. Pour une micro-entreprise ou une structure sans salarié, la formule est facturée 17,99 euros HT par mois avec facturation annuelle, soit 215,88 euros HT par an.
Elle comprend notamment la catégorisation des transactions, leur rapprochement avec les factures, la collecte des justificatifs, les notes de frais, les indemnités kilométriques, le suivi de trésorerie et les fonctions de collaboration avec le cabinet comptable.
Business est proposé à 24,99 euros HT par mois avec facturation annuelle, soit 299,88 euros HT par an. L’offre ajoute notamment les liens de paiement, la signature électronique des devis, le prévisionnel de trésorerie, les fonctions de recouvrement et de paiements groupés ainsi que différentes intégrations.
Contrairement à Indy, la tarification de Tiime évolue aussi directement avec l’effectif. Pour une entreprise de deux à cinq salariés, Smart et Business sont respectivement affichés à 29,99 et 39,99 euros HT par mois. Entre six et vingt salariés, ils passent à 49,99 et 65,99 euros HT par mois. Au-delà, la société fonctionne sur devis.
Cette grille correspond à un modèle dans lequel la complexité croît avec le nombre d’utilisateurs, de dépenses, de justificatifs et de validations.
Tiime ne construit donc pas son offre autour de la disparition de l’expert-comptable. Au contraire, la présence du cabinet fait partie de son architecture. Son intérêt augmente lorsqu’une entreprise veut conserver cet accompagnement tout en réduisant les échanges de documents, les ressaisies et les demandes de justificatifs.
Abby part des contraintes propres au micro-entrepreneur
Créée à Nancy en 2020 par Benjamin Gardien, Corentin Allemand, Nicolas Lespinasse et Jérémy Dieuze, Abby a choisi un périmètre plus spécialisé. Son produit a été conçu en priorité autour du fonctionnement de la micro-entreprise.
La plateforme associe donc la facturation à des fonctions directement liées à ce régime : estimation des cotisations, suivi des seuils de TVA, livres obligatoires ou déclaration Urssaf. Elle revendique plus de 120 000 entreprises inscrites.
L’offre Basique est gratuite et comprend la facturation électronique, les devis et factures illimités, les livres de recettes et d’achats, l’estimation des cotisations sociales et les alertes relatives aux seuils de TVA.
La première formule payante, Start, ajoute notamment la déclaration Urssaf et les paiements en ligne. Elle revient à 9 euros HT par mois avec facturation annuelle, soit 108 euros HT par an. En paiement mensuel, le tarif est de 11 euros HT.
Pro est proposé à 15 euros HT par mois avec facturation annuelle, soit 180 euros HT par an, contre 19 euros HT en paiement mensuel. La formule intègre notamment la connexion bancaire, les relances d’impayés et la signature électronique.
Business revient à 33 euros HT par mois avec paiement annuel, soit 396 euros HT par an, contre 39 euros HT en paiement mensuel. Le niveau ajoute notamment le multi-utilisateur, la gestion des stocks ainsi que certaines fonctions liées aux devises, aux langues et à la fiscalité.
Les promotions temporaires affichées par Abby ne sont pas intégrées à notre comparaison afin de retenir une base tarifaire durable.
Il faut par ailleurs ajouter les commissions liées aux paiements. Pour les transactions réalisées par carte via Stripe, Abby affiche 3,4 % + 0,60 euro par transaction avec Start, 1,9 % + 0,50 euro avec Pro et 1,5 % + 0,25 euro avec Business.
La différence peut devenir significative pour une activité qui encaisse régulièrement ses clients par carte ou lien de paiement. Dans ce cas, la comparaison des seuls abonnements mensuels ne suffit plus à mesurer le coût de la solution.
Abby développe également certaines fonctions verticales, notamment pour les services à la personne, avec des outils liés à l’avance immédiate de crédit d’impôt et aux formalités du secteur.
Cette spécialisation rend l’offre particulièrement proche des contraintes quotidiennes des micro-entrepreneurs. Elle peut aussi devenir une limite lorsque l’activité change de forme juridique, recrute plusieurs personnes ou nécessite une organisation comptable plus complexe.
Des différences tarifaires qui apparaissent surtout lorsque l’activité évolue
Pour une micro-entreprise aux besoins simples, les trois plateformes peuvent être utilisées gratuitement pour une partie substantielle de la facturation. Les écarts apparaissent lorsqu’il faut automatiser les opérations qui entourent la facture.
Sur ce premier niveau payant, Indy Plus et Abby Start reviennent tous deux à 9 euros HT par mois avec facturation annuelle. Tiime Smart commence plus haut, à 17,99 euros HT, mais son périmètre inclut déjà des fonctions de synchronisation bancaire et de préparation comptable qui interviennent à d’autres niveaux tarifaires chez ses concurrents.
Il devient donc difficile de comparer les prix sans comparer simultanément les usages.
Chez Indy, l’augmentation de la facture est principalement liée au passage vers les déclarations et la comptabilité complète. Chez Tiime, elle dépend à la fois des fonctions utilisées et de la taille de l’entreprise. Chez Abby, elle correspond à l’ajout progressif des automatismes administratifs et des fonctions de gestion.
Le statut juridique constitue également un élément déterminant. Le passage d’une micro-entreprise vers une entreprise individuelle au réel ou une société peut profondément modifier le coût de certains outils. Un tarif attractif au moment de la création de l’activité ne préjuge donc pas du coût de la plateforme deux ou trois ans plus tard.
La frontière entre facturation, banque et comptabilité devient moins nette
La facture électronique accélère une évolution déjà engagée sur le marché des logiciels de gestion.
Une fois les données de vente structurées, leur rapprochement avec les transactions bancaires facilite la préparation de la comptabilité. L’intégration des justificatifs permet ensuite d’automatiser une partie du traitement des dépenses. À partir de ces informations peuvent être produits des indicateurs de trésorerie, des déclarations ou des données destinées à l’expert-comptable.
Les différents marchés commencent alors à se recouvrir.
Les logiciels de comptabilité intègrent la facturation. Les outils de facturation ajoutent des services bancaires et des moyens de paiement. Les banques professionnelles développent des fonctions de gestion. Les plateformes destinées aux indépendants remontent progressivement vers la comptabilité et la fiscalité.
Indy et Tiime disposent désormais tous deux d’une composante financière intégrée à leur environnement. Abby associe de son côté paiements, facturation et formalités administratives.
La plateforme de facturation électronique risque ainsi de devenir l’un des points autour desquels se recompose le logiciel de gestion des petites entreprises.
Le coût réel dépasse le montant de l’abonnement
Le tarif affiché par les éditeurs reste donc un indicateur incomplet.
Une solution gratuite peut conserver son intérêt lorsqu’un indépendant produit peu de factures, travaille déjà avec un cabinet comptable et n’a aucun besoin de centraliser ses opérations bancaires ou ses déclarations dans le même outil.
À l’inverse, une formule payante peut devenir économiquement plus pertinente lorsqu’elle permet de supprimer un autre abonnement, d’automatiser une déclaration ou d’éviter plusieurs heures de traitement administratif chaque mois.
À l’abonnement doivent également s’ajouter les éventuels frais de paiement, les services bancaires, le coût du logiciel conservé en parallèle et, le cas échéant, celui de l’expert-comptable.
Le choix dépend donc davantage de l’organisation de l’entreprise que du nombre de factures produites.
Un micro-entrepreneur qui souhaite centraliser facturation et obligations sociales trouvera chez Abby un produit largement structuré autour de son régime. Un indépendant qui veut pousser plus loin l’automatisation de sa comptabilité et de sa fiscalité examinera plus naturellement le modèle d’Indy. Une entreprise déjà accompagnée par un expert-comptable et souhaitant organiser la circulation de ses données dispose avec Tiime d’un environnement construit autour de cette relation.
Avant de migrer, commencer par regarder ce qui existe déjà
La réforme ne justifie donc pas, à elle seule, de changer de logiciel.
La première étape consiste à déterminer comment l’environnement actuel prendra en charge la facturation électronique. Un logiciel métier peut être connecté à une plateforme agréée sans que l’utilisateur ait besoin d’adopter une nouvelle interface. Le cabinet comptable peut également avoir choisi son propre dispositif.
La deuxième vérification porte sur les fonctions qui restent gratuites et celles qui deviennent payantes : connexion bancaire, transmission des justificatifs, déclarations de TVA ou d’Urssaf, relances, exports comptables et accès multi-utilisateur.
Il faut enfin examiner la capacité de la plateforme à accompagner une évolution de l’activité. Le prix et les fonctionnalités peuvent changer sensiblement lorsqu’un indépendant franchit un seuil de TVA, recrute, change de statut juridique ou transforme sa micro-entreprise en société.
La DGFiP publie et actualise la liste des plateformes agréées. Cette vérification reste importante : une solution peut être compatible avec la réforme en s’appuyant sur une plateforme agréée sans être elle-même l’intermédiaire directement immatriculé.
Le choix porte désormais sur une partie du système de gestion
Indy, Tiime et Abby répondent au même changement réglementaire mais depuis des points de départ différents.
Indy utilise la facture pour prolonger l’automatisation vers la comptabilité et les déclarations fiscales. Tiime organise davantage la continuité entre facturation, transactions financières et travail du cabinet. Abby concentre son offre sur les opérations administratives auxquelles le micro-entrepreneur est confronté au quotidien.
La réforme rapproche progressivement ces modèles. À mesure que la facture devient une donnée structurée, les éditeurs peuvent connecter davantage de services autour d’elle.
Pour les indépendants, choisir une plateforme de facturation électronique revient donc de moins en moins à sélectionner un simple outil permettant d’émettre des factures. Il s’agit de déterminer quelle part de la gestion de leur activité ils souhaitent lui confier.
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