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Le digital au service du personal branding

Jean-Ghislain de Sayve est Partner & Board Advisor chez Hunteed

En marketing, le branding désigne la gestion de l’image de marque d’une entreprise et de toutes les marques commerciales qu’elle exploite.

Le personal branding consiste à adapter ces méthodes pour soi en tant que marque, en particulier sur Internet. Cela peut être assimilé à une e-réputation positive et pro-active.

Se créer sa vitrine digitale

Bien que certains qualifieront cette promotion de soi comme relevant avant tout du narcissisme, en réalité, cette attitude a principalement pour but d’améliorer sa visibilité et son attractivité auprès des personnes susceptibles d’avoir un impact concret dans sa situation professionnelle et/ou personnelle.

Quand on souhaite développer son personal branding plusieurs facteurs sont donc à prendre en compte et à entretenir: la visibilité, la qualité, l’authenticité ou encore la validité. L’image de marque repose sur des éléments distinctifs et un contenu fort pouvant inclure une part de storytelling qu’il faudra alimenter et faire varier en fonction des opportunités. Cela nécessite donc d’être particulièrement sélectif concernant les contenus que l’on diffuse.

Dans le cas de l’emploi, d’un marché du recrutement confidentiel avec peu de mobilité il y a 20 ans, nous sommes aujourd’hui passé à un marché ouvert dans lequel il faut savoir se mettre en avant pour pouvoir être identifié et dans lequel le personal branding sur Internet joue un rôle de plus en plus important.

Être visible aux bons endroits

Avec l’essor d’Internet, les réseaux sociaux ont permis le début du personal branding. Depuis lors ils continuent à en être les principaux acteurs.

Les professionnels sont très attentifs à l’image que leurs collaborateurs feront ressortir de leurs entreprises et les réputations individuelles, peuvent directement affecter celle d’une entreprise.

D’un point de vue professionnel, LinkedIn est aujourd’hui le réseau social qui bénéficie de la plus grande popularité et notoriété. Ses 500 millions de membres, principalement des cadres, constituent la première communauté professionnelle dans le monde. Actualiser sa page LinkedIn et l’alimenter en contenu (recommandations, publication d’articles, etc.) peut être considéré comme la base du personal branding.

D’autres réseaux sociaux professionnels axés sur des niches métiers, secteurs ou pays existent tels que Dogfinance pour les financiers, Xing pour les pays germanophones ou Viadeo pour les travailleurs français.

Ceux intéressés par l’univers des start-up, iront s’inscrire sur AngelistEuroquity ou F6S, ce qui leur permettra d’être visibles par un grand nombre d’entrepreneurs ou d’investisseurs.

Certaines femmes se retrouveront sur Landit ou RéZoé.

Les développeurs mettront en avant leurs compétences en entretenant leur Github, la plateforme collaborative dédiée au code, avec leurs nouveaux scripts ou en réagissant régulièrement sur Stackoverflow, le forum de référence pour les problématiques de développement.

Dans certains cas, ce sont mêmes des services à plus large audience qui sont à privilégier.

Des plateformes comme Medium ou un CMS tel que WordPress permettront de tenir un blog et à se faire identifier comme expert de tel sujet ou telle problématiques. A l’inverse, les personnes ayant un talent plus artistique se tourneront vers des sites comme YouTube, Dailymotion, Pinterest ou Tumblr pour héberger leurs créations visuelles et générer de la viralité.

En bref, le nombre de support ne manque pas et il faut considérer que l’inscription sur plusieurs réseaux sociaux, qui sont généralement bien référencés, vous permettra d’obtenir une meilleure position dans les résultats des moteurs de recherche, en particulier Google. Charge à vous ensuite de tous les tenir régulièrement à jour.

Se démarquer

Alors que la grande majorité des personnes se contenteront d’exploiter uniquement des sites existantsCV jeu-vidéo s’est propagé bien plus qu’il ne l’espérait car son caractère original en a fait un support ultra-viral.

Dans un même ton, Thomas Groc qui avait pour principale ambition de rejoindre l’entreprise Quicksilver, a développé son personal branding en ce sens en se créant un site-CV uniquement dans ce but.

Pertinent ou décalé (selon que l’industrie dans laquelle vous travaillez s’y prête), la forme joue un rôle fondamental: elle doit donner l’envie d’être contacté. A cet effet, le Web est un merveilleux outil qui ne connaît que les limites que vous lui fixerez.

Réagir

Enfin, le personal branding n’est pas l’affaire d’une action ponctuelle. C’est une autopromotion qui doit s’entretenir pour être efficace. Par conséquent, il est nécessaire d’actualiser régulièrement vos réseaux professionnels et d’y partager du contenu, mais cela implique ensuite une démarche un peu plus chronophage: l’interaction.

Plus votre personal branding sera efficace, plus il fera réagir. Il est donc important de maîtriser également cette partie pour ne pas se laisser dépasser.

Prenez le temps de répondre (dans des délais brefs de préférence) aux commentaires qui sont fait sur votre blog ou à la suite d’un de vos post sur un réseau social.

Que ce soit pour remercier, préciser voire même infirmer, chaque partage ou réaction que vous obtiendrez sur un réseau social bénéficiera de la visibilité au sein d’un nouveau réseau et permettra de booster la vôtre de manière exponentielle. A vous d’en rester maître jusqu’au bout. Il faut considérer que votre image de marque dépend de votre reconnaissance du personal branding des autres.

Le personal branding en tant que candidat

L’une des étapes où le personal branding peut se révéler être primordial est typiquement lors de sa recherche d’emploi. Il faut savoir qu’un recruteur sur deux avoue utiliser Internet pour se renseigner sur un candidat avant de le rencontrer physiquement.

Le «tout, tout de suite» vaut aussi dans le secteur du recrutement: très rapidement le candidat doit capter l’attention et être clairement identifié par un potentiel recruteur. Le choix du support et de la forme tel qu’évoqués précédemment y contribueront mais le contenu est aussi fondamental.

Sur le fond, le choix des termes est crucial: le candidat doit savoir parler la langue du chasseur de tête. Souvent ce dernier effectuera une recherche sémantique. Si les mots utilisés par le candidat sont les mêmes que ceux utilisés par le chasseur, son profil ressortira. Des outils, tels que Google Trends, permettent de connaître la pertinence des mots clés et de choisir les termes à faire apparaître sur son profil.

Très rapidement le recruteur doit comprendre qui est le candidat: responsabilité, techniques et périmètre font partis de ces éléments fondamentaux qui doivent être immédiatement et clairement identifiés sur votre profil.

Des éventuelles recommandations d’anciens collègues ou managers ne feront qu’améliorer la crédibilité du candidat. Celui-ci devra de son côté envoyer des invitations à tous contacts susceptibles de lui proposer des opportunités: consultants en recrutement et chasseurs de tête spécialisés sur son secteur ou responsables RH.

Pour compléter ce panel de recommandations, le candidat pourra s’appuyerJean-Ghislain de Sayve est Partner & Board Advisor chez Hunteed. Après avoir travaillé durant 20 ans en France et à l’étranger, pour le compte de Michael Page, Hays, Adecco et Randstad, Jean-Ghislain rejoint Hunteed en tant que Partner en 2014. Depuis lors, il partage son expertise métier avec les équipes de Hunteed pour leur permettre de développer une solution digitale de recrutement toujours plus performante.

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Les contributeurs sont des auteurs indépendants de la Rédaction de FrenchWeb. Leurs propos et positions leurs sont personnels.

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