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Si vous voulez vous passer du cloud, faites comme dans le cloud

Le cloud est le nouveau modèle pour l’informatique d’entreprise, cela ne fait aucun doute. Demain, une grande partie si ça n’est la totalité de l’informatique d’entreprise sera hébergée dans le cloud (mais attention aux raccourcis faciles… cloud ne veut pas toujours dire Saas).

Le cloud en général et le modèle Saas en particulier présentent donc des avantages indéniables pour les entreprises: mises  à jour fréquentes, coûts de déploiement et de maintenance réduits. Un choix rationnel.

Pour autant ça n’est pas la panacée pour tous. Le Saas impose une certaine forme de standardisation pas nécessairement compatible avec la volonté d’avoir une IT différenciante, facteur d’avantage compétitif. D’où, et on en a déjà parlé, le fait de voir certaines grosses entreprises revenir au «custom software» sur des projets différenciants et stratégiques.

Mais ça n’est pas parce qu’on fait du custom qu’il faut s’écarter des règles du cloud (voire ne pas utiliser le cloud en mode Paas ou Iaas) et Delta Airlines vient de nous le rappeler avec vigueur l’été dernier.

Pour ceux qui n’auraient pas suivi l’affaire, Delta a connu un problème informatique majeur il y a quelques temps. Panne d’électricité à Atlanta (où se trouve la siège de la compagnie), laquelle panne entraîne une panne informatique et l’annulation de plusieurs milliers de vols.

Là où toutes les grandes compagnies mondiales ont fait le choix d’utiliser des logiciels du marché, désormais en cloud pour la plupart, pour leur Passenger Service System, Delta a fait le choix de développer le sien, Deltamatic, de A à Z. Avec, pour résultat des gains significatifs: non seulement Delta excelle dans l’opérationnel et la gestion de ses vols mais la compagnie est également en mesure de lancer des offres, modifier son programme de vol ou de fidélité dans des délais très courts car elle dispose d’une armée de développeurs «maison» prêts à faire évoluer son système lorsque nécessaire. Pour Delta le fait de tourner le dos aux acteurs cloud/Saas du marché a donc été payant… jusqu’à il y a peu.

Une telle panne n’aurait pas eu les mêmes conséquences pour une autre compagnie de par la nature même des infrastructure cloud, avec des logiques de backup et de redondance qui font que si le système principal tombe d’autres prennent le relais. Dans la théorie, informatique maison ou pas, on se serait attendu à ce que Delta conçoive son infrastructure de la même manière et l’incident de l'été dernier a pu en étonner plus d’un.

L’erreur de Delta n’a pas été de tout faire soi-même. Même si cette approche peut sembler à contre courant des tendances du marché elle peut, on l’a vu, avoir du sens. Par contre l’erreur visiblement commise à été de tout jouer sur un modèle «on premise» au lieu d’industrialiser son propre logiciel dans le cloud.

Leçon à apprendre pour quiconque estime que tout développer «à la maison» peut être différenciant. Cela peut être une stratégie payante quand on a à la fois la vision et la capacité d’exécution. Pour autant ça n’est pas parce qu’on tourne le dos aux solutions du marché qu’on ne doit pas suivre les mêmes règles en termes d’infrastructure et de conception

A bon entendeur…

bertrand-duperrinBertrand Duperrin est Digital Transformation Practice Leader chez Emakina. Il a été précédemment directeur conseil chez Nextmodernity, un cabinet dans le domaine de la transformation des entreprises et du management au travers du social business et de l’utilisation des technologies sociales.

Il traite régulièrement de l’actualité social media sur son blog.

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