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Transformation numérique : un sans-faute pour Disney

Tout le monde en parle. Le très trendy Vice, le media de divertissement et de news basé à New York, vient de lever 250 millions de dollars auprès de Technology Crossover Ventures (investisseur de Facebook et Netflix), et 250 millions de dollars auprès d’A&E Networks, un groupe de télévision. Vice, parti de presque rien comme un magazine papier à Montréal il y a 20 ans, est aujourd’hui valorisé à 2,5 milliards de dollars. Derrière la holding A&E Networks qui vient d’entrer au capital, Hearst et Walt Disney Company sont aux commandes.

Vice Media revendique toucher une audience de 150 millions de personnes chaque mois
Vice Media revendique toucher une audience de 150 millions de personnes chaque mois

L’investissement de Disney dans ce e-magazine n’est pas un hasard. Vice Media, qui emploie plus de 1 200 personnes dans le monde, voit son audience croître sans cesse, avec 150 millions de visiteurs par mois sur ses différents sites verticaux. Mais avant ce juteux investissement, la firme qui a fait naître Mickey Mouse a très tôt dans son histoire, misé sur le digital et les technologies. En 2006 déjà, Disney rachetait les studios Pixar, co-fondés par Steve Jobs, pour plus de 7 milliards de dollars.

Un incubateur pour le divertissement

En mars 2013, la firme, qui affichait 45 milliards de dollars de chiffre d’affaires, a déboursé 500 millions de dollars pour mettre la main sur Maker Studios, une plateforme production de contenus vidéo, qui s’autoproclame « futur de l’entertainment » Quatre an plus tôt, elle avait également pris une participation d’à peu près 27% dans Hulu, une plate-forme de vidéo à la demande, aux côtés de Comcast Corp, News Corp, NBC Universal et Providence Equity Partners.

Plus récemment, en février dernier, Disney annonçait le lancement d’un incubateur pour accueillir une dizaine de startups qui bénéficient d’un mentorat et dans lesquelles le géant du divertissement investit 120 000 dollars. Parmi les dossiers retenus, ChoreMonster, une application qui promet de donner envie aux enfants de réaliser des corvées, le robot Twigtale que les utilisateurs contrôlent directement depuis leur smartphone, ou Tyffon, un éditeur de jeu pour smartphone, à l’origine de ZombieBooth qui revendique plus de 25 millions de téléchargements. Disney « couve » aussi intégré Buzzstarter, une plate-forme programmatique de contenu marketing pour les marques.

GoPro, Family Farm… 

L’appétit pour l’innovation du géant du divertissement démarre donc très tôt, et ne se tarira pas. En 2000, il lance Steamboat Ventures (steamboat étant tiré du nom de Steamboat Willie, l’un des premiers films réalisé en 1928, ndlr). Ce fonds d’investissement opère de façon indépendante pour le compte du groupe. Il investit dans les entreprises, de l’amorçage à la phase de croissance, avec un focus sur l’Asie.

familyfarm
Family Farm, un jeu de l’éditeur FunPlus dans lequel Disney a investi via Steamboat Ventures

A son portefeuille de participations, on compte aussi les caméras GoPro ou encore l’éditeur chinois de jeux FunPlus, à l’origine de Family Farm, depuis que ce dernier a levé 74 millions de dollars en mars. Peu d’informations sont disponibles sur les actifs sous gestion de Steamboat Ventures. Le magazine Fortune estimait en 2012 que le fonds avait déjà sécurisé 75 millions de dollars.

Mais au-delà des acquisitions externes ou de prises de participation, la multinationale américaine revoit aussi sa stratégie en interne. Elle annonçait le mois dernier qu’elle allait vendre 23 de ses stations de radio pour recentrer progressivement la diffusion de ses contenus sur les supports numériques. « Radio Disney va augmenter ses investissements dans les plates-formes digitales de distribution […] afin d’optimiser le réseau pour la croissance à long terme et refléter au mieux les habitudes de ses auditeurs, un auditoire national composé d’enfants et de familles » expliquait l’un des VP de l’entreprise.

Publicité et digital : une nouvelle donne économique

Lors de la publication de ses résultats financiers pour le troisième trimestre 2014, Robert Iger, le directeur exécutif, annonçait dans la foulée un nouvel axe stratégique de développement. Il expliquait avoir constaté que les annonceurs réorientaient une partie de leurs budgets publicitaires de la télévision vers « de nouvelles plates-formes » qui représentent « un environnement beaucoup plus concurrentiel, là-bas, pour la publicité ». Une tendance partagée par d’autres géant de l’entertainment, comme Time Warner, qui avait lui aussi investit 36 millions de dollars dans Maker Studios. Et tenté, en vain, de racheter cet été Vice Media.

Sur le seul marché américain, en 2013, les dépenses publicitaires sur Internet ont dépassé celles de la télévision selon l’IAB (Interactive Advertising Bureau, ndlr) à 42,8 milliards de dollars (contre 40,1 milliards pour la télévision). Une première dans l’histoire qui devrait se confirmer dans les prochaines années puisque la croissance du secteur à dépassé les 17% par rapport à 2012. Un chiffre à faire rêver d’autres groupes de télévisions pour qui les revenus publicitaires devrait augmenter de 2,2% cette année selon Magna Global. La stratégie de Disney n’est donc pas anodine lorsque 20% de son chiffre d’affaires provient de la publicité. Objectif, donc : « Vers l’aventure et l’au-delà ».

Olivier Harmant

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