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Airbnb au coeur d’une fraude de plus de 20 millions de dollars à New York

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Déjà menacée par une amende record de 12,5 millions d’euros à Paris, Airbnb doit également faire face à une nouvelle affaire à New York qui ne va redorer le blason de la plateforme américaine. En effet, la municipalité dirigée par le démocrate Bill de Blasio a décidé d’attaquer en justice l’entreprise Metropolitan Property Group (MPG) qui a fait des locations touristiques sa spécialité. Or la mairie de New York estime que celles-ci sont illégales car cette société a transformé des immeubles en véritables hôtels clandestins. Le tout en s’appuyant sur AirbnbSi la plateforme américaine a condamné l’exploitation de sa plateforme à des fins illicites, cela ne va pas améliorer sa relation déjà très tendue avec la Ville de New York. 

Détaillé par le New York Times, ce programme immobilier illégal a permis de générer plus de 20 millions de dollars de revenus entre 2015 et 2018. Durant cette période, 130 appartements à Manhattan ont ainsi été loués à près de 76 000 personnes via Airbnb, indique la Ville de New York. La municipalité précise que la société Metropolitan Property Group et ses partenaires avaient à leur apogée des réservations pour 55 331 nuits sur trois ans dans 35 immeubles différents à travers Manhattan. Parmi ces derniers, six ont généré chacun plus d’un million de dollars de revenus. L’immeuble le plus fructueux, situé à Kips Bay, a rapporté 1,8 million de dollars, selon la municipalité new-yorkaise.

Max Beckman, l’homme à l’origine de ce parc immobilier illégal de 130 appartements à Manhattan 

Derrière cette fraude d’envergure se cache un homme : Max Beckman, un citoyen israélien qui a posé ses valises aux États-Unis il y a 18 ans. Ancien agent immobilier, il a commencé à louer une chambre à coucher dans l’Upper East Side en 2012. Se révélant assez lucrative, l’activité l’a poussée à louer une deuxième chambre, puis une troisième… Le machine à cash était lancée. En 2015, Max Beckman a décidé de quitter son emploi pour se concentrer pleinement sur son entreprise de locations touristiques. Pour créer cet empire immobilier illégal, l’entrepreneur-fraudeur ainsi que ses associés ont loué des appartements sans dévoiler leurs intentions aux propriétaires pour les transformer en sous-locations de courte durée. 

Pour échapper au radar d’Airbnb et des autorités, Metropolitan Property Group a usé de plusieurs fausses identités couplées à des adresses mail correspondantes. Les adresses des appartements ont également été légèrement modifiées, de manière à éviter tout examen minutieux. Quant aux 15 femmes de ménage pour entretenir les hôtels clandestins, elles ont été recrutées sur Facebook. Au total, l’entreprise a créé plus de 100 comptes Airbnb et 18 sociétés pour assurer la gestion du parc immobilier.

Des locations touristiques aux trottinettes électriques…

Cependant, la supercherie a fini par être détectée après la plainte déposée par le propriétaire d’un immeuble à East Harlem. Ce dernier s’est rendu compte que l’un des deux appartements qu’il louait à Max Beckman en échange d’un loyer de 3 225 dollars était sous-loué pour 250 dollars la nuit sur Airbnb. Grâce à ce dispositif, l’ex-agent immobilier disposait du montant suffisant pour payer le loyer en sous-louant l’appartement à des touristes pendant environ deux semaines. Après les soupçons de certains propriétaires, la Ville de New York a officiellement indiqué début janvier son intention de poursuivre Max Beckman et ses associés devant la justice américaine.

Comprenant que son empire touchait à sa fin, il s’est alors entouré d’avocats pour préparer la bataille judiciaire qui s’annonce. Il a déclaré au New York Times qu’il espérait parvenir à un accord avec la municipalité new-yorkaise, même si cela implique une lourde amende. En parallèle, Max Beckman a cessé ses activités sur Airbnb et s’empresse de résilier les baux de dizaines d’appartements. L’ancien agent immobilier pense déjà à son avenir et se prépare ainsi à vendre des trottinettes électriques, qui pourraient être bientôt légalisées à New York. C’est «la terre des opportunités, n’est-ce pas ?», a-t-il déclaré au New York Times. Selon Consumer Reports, au moins 1 500 personnes ont été blessées lors d’accidents impliquant des trottinettes électriques aux États-Unis depuis fin 2017. Avant même d’avoir réglé cette affaire de locations touristiques illégales, la Ville de New York pourrait être rapidement confrontée à de nouveaux problèmes liés aux nouvelles mobilités, et donc aux trottinettes électriques.

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