
Alors que 95 % des projets IA échouent, Maisa lève 21,4 millions d’euros pour déployer ses agents résistants aux hallucinations
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Les chiffres s’accumulent et traduisent une même réalité, l’adoption de l’intelligence artificielle en entreprise peine à dépasser le stade expérimental. Selon le MIT Nanda Initiative, 95 % des pilotes en IA générative échouent et n’apportent aucun impact mesurable sur le compte de résultat. IDC estime que 88 % des projets ne franchissent jamais l’étape de la mise en production. De son côté, le BCG observe que seulement 22 % des sociétés sont parvenues à tirer une valeur concrète de l’IA au-delà de la preuve de concept.
Dans ce contexte, Maisa mise sur une approche fondée sur la fiabilité et la traçabilité. La startup, fondée en 2024 à Valence et San Francisco, a développé un moteur propriétaire, le Knowledge Processing Unit (KPU). Celui-ci transforme des modèles de langage généralistes en agents spécialisés capables d’exécuter des tâches selon une logique computationnelle explicite. Chaque étape est enregistrée dans une « Chain-of-Work », un registre auditable qui documente l’ensemble du raisonnement suivi.
L’entreprise présente cette méthode comme une réponse au problème récurrent des hallucinations. « Notre plateforme donne aux équipes le pouvoir d’utiliser des travailleurs IA qui non seulement performent avec une grande précision et intelligence, mais qui expliquent et prouvent leur logique et documentent chaque étape du processus de travail », explique David Villalon, cofondateur et CEO.
La société vient de lancer Maisa Studio, une solution permettant aux experts métiers, sans formation technique, de créer des agents en langage naturel. Ces « digital workers » s’appuient sur une méthode baptisée HALP (human-augmented LLM processing) qui leur permet d’apprendre en situation, sans nécessiter de datasets préalables ni d’ingénieurs spécialisés. Le déploiement peut se faire dans le cloud sécurisé de Maisa ou en installation privée pour répondre aux contraintes de conformité.
Les premiers cas d’usage concernent des acteurs de la banque, de l’énergie et de l’automobile. Une banque d’investissement a remplacé son processus manuel de veille médiatique par des agents Maisa capables d’extraire les faits pertinents, d’évaluer le risque réputationnel et de générer des résumés auditables en quelques minutes. Une société de services financiers a automatisé ses contrôles de transactions, éliminant 99 % de faux positifs et multipliant par dix la productivité de ses équipes.
Maisa vient de bouclé un tour de table de 21,4 millions d’euros en Seed, menée par Creandum, avec la participation de Forgepoint Capital (via sa coentreprise avec Banco Santander), NFX et Village Global. Cette opération intervient huit mois après un pré-seed de 4,7 millions d’euros réuni auprès de NFX et Village Global en décembre 2024. La société, cofondée par David Villalon, ancien chief AI officer de Clibrain, et Manuel Romero, contributeur majeur de HuggingFace, prévoit d’utiliser ce financement pour renforcer sa R&D, recruter dans les équipes d’ingénierie, de vente et de relation client, et accélérer son expansion en Europe et en Amérique du Nord.
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