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Créer un mouvement communautaire mondial à partir d’un hashtag

Par Grégory Pouy, expert FrenchWeb

Youmna ChamCham est la co-fondatrice de Live Love, un mouvement communautaire qui s’est établi dans 25 villes et qui a entrainé des milliers voire des millions de personnes à partir d’un simple hashtag.

Je suis ravi de débuter l’année sur une touche positive et dans ce en quoi je crois le plus profondément, c’est-à-dire l’engagement social.

Je vous rapelle que vous pouvez retrouver Vlan sur Apple PodcastAudible (Amazon)DeezerSoundCloud et Sticher.

Youmna a définitivement un profil atypique puisque du Liban, où elle a passé presque toute son enfance dans une émission TV, elle est arrivée à Los Angeles faire ses études et de là, à décider de redorer le blason de son pays en lançant le hashtag #livelovebeirut.

L’idée pour elle était de se dire qu’il fallait être fière de son pays mais aussi que c’était essentiel de montrer d’autres aspects beaucoup plus positifs de ce que pouvait être le Liban.

Au Liban comme dans de nombreux pays, à force d’avoir des mauvaises nouvelles, à force d’être dans un pays en guerre, il y avait beaucoup moins d’espoir, ce hashtag est arrivé comme une bouffée d’air frais pour la jeunesse locale.

Quelques années plus tard, cela a permis de développer de manière significative le tourisme dans le pays, à redonner de la fierté à la jeunesse, mais c’est également devenu la campagne nationale.

Et puis, ils ont crée un partenariat avec l’ONU, et surtout ils ont été le moteur de beaucoup d’actions pour le bien de la planète.

Alors comment à partir d’un simple hashtag lancé par une étudiante depuis L.A., peut-on réussir à créer un mouvement communautaire mondial?

Il ne faut pas débuter avec un business plan mais avec ses tripes

Le premier conseil de Youmna est de ne surtout pas commencer avec un «business plan» mais bien d’écouter ses tripes et voir ce qui a envie de sortir et de s’exprimer.

Chez elle, c’était l’amour de son pays, la volonté de créer une bulle d’air à travers une image de vie qui reflète la jeunesse, l’espoir et de trouver des solutions avec la société civile.

Les Millennials ont cette volonté de trouver des solutions et cette génération ne compte plus vraiment sur l’état pour le faire mais plutôt sur elle même pour faire avancer les choses.

Revenir dans la vraie vie est également essentiel. Ainsi, associé au hashtag, ils ont rapidement crée un bracelet.

Ils ont évidemment commencé à publier des photos en le mettant en scène mais ils ont également distribué le bracelet aux gens cools de Beyrouth en leur demandant simplement 3 choses:

  1. Trouver du beau
  2. Prendre une photo
  3. Partager sur Instagram en montrant le bracelet et en inscrivant le hashtag

Ils ont très rapidement été propulsés dans les festivals, dans les fêtes et tout le monde voulait posséder le bracelet.

La conséquence a été de propulser le hashtag jusqu’à générer 1 million de «likes» en l’espace de 6 mois.

Passer du «story telling» au «story doing»

De manière assez logique l’idée n’a pas été simplement d’être dans des messages positifs uniquement mais aussi d’agir et d’inviter tout le monde à agir sur 3 verticales clairement définies: aider à préserver la nature, les communautés et la culture.

Ils sont donc passés du «social media» aux «social actions».
#Livelove a rapidement généré beaucoup de tourisme (souvent même à l’intérieur du pays) pour développer ce que Youmna appelle du «volonturism».

Par exemple, en reportant une photo de plage sale sur Instagram, ils ont réussi en une semaine à réunir 300 personnes pour venir nettoyer cette plage.

Et depuis lors, ils ont décidé d’avoir au moins une action coup de poing par mois – cela peut consister à repeindre des immeubles, nettoyer le fond des océans, à planter une fôret, etc… en s’appuyant sur des associations locales et sur les marques.

Les marques s’impliquent de plus en plus, et vous?

On le sait, les Millennials veulent avoir un impact désormais, c’est plus que nécessaire pour eux de s’impliquer.

Par conséquent, les marques n’ont donc aucun autre choix que de suivre et de s’impliquer.

#Livelove est donc une des manières de l’envisager bien sûr, sur la région du Moyen Orient mais pas que puisqu’aujourd’hui, c’est un mouvement également disponible dans les plus grandes villes Européennes. Paris se lancera peut être qui sait…

Toutefois, les marques doivent évidemment respecter les valeurs de l’association et pas simplement en collant sa marque à des événements sans réelle volonté d’avoir un impact.

On a vu beaucoup de marques s’essayer de surfer sur des mouvements sociaux pour générer de la notorieté mais cela ne fonctionne pas du tout et est souvent beaucoup plus rejeté que l’inverse.

L’exemple de TF1/Minute Buzz avec les Rohynguas ou la chaine promettait de donner une somme d’argent si et seulement si les personnes partageaient la video de TF1… est sans doute la pire manière d’envisager les choses.

Aujourd’hui, de grandes marques comme Décathlon, Nestlé ou encore Renault sont déjà très actives en la matière, et vous?

Bonne année 2018 à tous!

L’expert:

gregory-pouyGrégory Pouy est le fondateur de LaMercatique, un cabinet de conseil de transformation digitale axé sur la partie marketing. Basé entre New York et Paris, il est «expert» marketing pour FrenchWeb.fr. Pour suivre ses écrits et échanger avec lui:

Son blog: http://www.gregorypouy.fr

Son compte sur Twitter: @gregfromparis

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Les Experts

Les Experts sont des contributeurs indépendants de FrenchWeb.fr.

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1 thought on “Créer un mouvement communautaire mondial à partir d’un hashtag”

  1. Une chronique qui fait du bien ! Vlan montre un autre visage du marketing. Et oui, c’est dans la création d’une communauté que les marques peuvent se ressourcer !

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