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La valorisation d’Instacart s’envole à 13,7 milliards de dollars en pleine crise du coronavirus

Avec l’arrivée du Covid-19 dans le quotidien de milliards de personnes à travers la planète, faire ses courses est devenu pour beaucoup une source de stress importante. En raison de la peur d’être contaminé par le nouveau coronavirus et des mesures de confinement imposées dans de nombreux pays dans le monde, des millions de personnes ont ainsi préféré éviter les supermarchés et se tourner plutôt vers l’e-commerce alimentaire pour se ravitailler.

En Amérique du Nord, l’un des grands gagnants du «Grand confinement» n’est autre qu’Instacart. La start-up américaine, qui propose un service de livraison de courses à domicile, a en effet vu son volume de commandes bondir de 500% au plus fort de la crise en avril, avec des commandes moyennes des clients en hausse de 35%. «Le Covid-19 a créé un changement majeur pour l’industrie de l’épicerie et a changé à jamais la façon dont les gens perçoivent la nécessité des services à la demande», estime Apoorva Mehta, le patron d’Instacart. «Du jour au lendemain, Instacart est devenu un service essentiel pour des millions de familles en Amérique du Nord», ajoute-t-il.

550 000 livreurs recrutés depuis mars 

Dans ce contexte, l’entreprise a rapidement décidé d’étoffer sa flotte de travailleurs indépendants pour faire face à ce pic d’activité. Instacart a ainsi annoncé son intention de recruter 300 000 livreurs en mars, puis 250 000 de plus en avril. Ces derniers sont des particuliers qui endossent le costume d’acheteur-livreur («personal shopper») pour faire les courses dans l’enseigne sélectionnée par les clients d’Instacart lors de leur commande en ligne. La société propose ses services dans 30 000 magasins aux États-Unis et au Canada.

Face au succès rencontré pendant la crise du coronavirus, Instacart veut passer la vitesse supérieure. Estimant que les nouveaux réflexes de consommation sont amenés à devenir durable, dans la mesure où le Covid-19 est loin d’avoir disparu, l’entreprise américaine vient de boucler un tour de table de 225 millions de dollars mené par DST Global et General Catalyst. Cette opération porte la valorisation d’Instacart à 13,7 milliards de dollars, contre près de 8 milliards de dollars lors de sa précédente levée de fonds en 2018. 13,7 milliards de dollars, c’est d’ailleurs la somme mise sur la table en 2017 par Amazon pour s’offrir la chaîne de supermarchés Whole Foods Market, ancien partenaire historique d’Instacart.

Les livreurs d’Instacart en première ligne face au coronavirus

Avec ce nouveau tour de table, la start-up californienne, qui a levé plus de 2 milliards de dollars au total depuis sa création en 2012, entend étendre son réseau de magasins et de livreurs partenaires. La société est d’ailleurs régulièrement critiquée pour le traitement qu’elle réserve à ses acheteurs-livreurs. Ces derniers opérant sous la bannière de travailleurs indépendants, ils ne bénéficient pas des protections ou avantages réservés aux employés à part entière, comme une assurance-maladie fournie par l’entreprise.

Cette problématique s’est retrouvée sous le feu des projecteurs pendant la crise sanitaire de ces derniers mois dans la mesure où les travailleurs comme les livreurs d’Instacart se sont retrouvés en première ligne face au virus. Malgré quelques mouvements de protestation parmi ses livreurs partenaires, la confiance d’Instacart, qui a répondu à la grogne montante par de légères améliorations (kits de santé avec masque en tissu réutilisable, désinfectant pour les mains et thermomètre, 14 jours de congés maladie payés pour les livreurs testés positifs au coronavirus…) ne semble pas entamée. Reste désormais à savoir si ce qui était l’exception pendant la crise du coronavirus va devenir la norme dans les prochaines années.

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Maxence Fabrion

Journaliste chez FrenchWeb - DECODE.MEDIAPour communiquer sur FrenchWeb ou le Journal des RH, devenez partenaire, cliquez ici.

Un commentaire

  1. Les investisseurs me surprennent souvent et c’est le cas avec la nouvelle valorisation d’Instacart.
    A la lecture de l’article, je pense  »surf sur la vague de l’opportunisme digital », je m’interroge sur la plus-value économique et sociétal d’un tel investissement, je me demande combien de créations d’entreprises réussies on peut obtenir avec 225 millions de dollars, combien de personnes on peut aider.
    Le rêve américain de réussite et de création serait-il si fort que les décideurs et leurs équipes en oublieraient l’efficience, le questionnement, l’analyse de fond et le sens du mot rentabilité.
    Savez vous combien gagne par jour un  »food personnal shopper » d’INSTACART?
    Merci d’avance pour vos retours qui feront évoluer mon analyse.

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