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[Made in Switzerland] 3 minutes pour comprendre l’innovation en Suisse : chapitre 1, la Deep Tech

Par Raphael Grieco, correspondant FrenchWeb

La Suisse est une place vibrante d’innovation comme l’atteste son maintien année après année à la première place des pays les plus innovants, selon le World Intellectual Property Organization.

Mais notoirement discrète « by design ».

Aussi présente dans les tops 5 de compétitivité, à l’instar du classement de l’IMD, la Suisse est également à la première place à l’Index Mondial Compétitivité et Talents 2018, récemment publié par l’INSEAD ou encore leader mondial selon le classement de l’IMD en matière de «Knowledge Transfer between Universities and Companies» grâce à sa proximité entre les hautes écoles d’ingénieur et les entreprises.

Dans cette nouvelle série en 6 chapitres, nous allons établir pour vous un focus sur l’innovation en Suisse dont la promesse de lecture est que vous puissiez en 3 minutes par chapitre connaitre les acteurs-clé de la Tech «Made in Switzerland».

Chapitre 1. Focus sur 3 secteurs en Suisse : la «Deep Tech»

Chapitre 2. Focus sur 3 secteurs en Suisse : les «Drones»

Chapitre 3. Focus sur 3 secteurs en Suisse : la «Blockchain»

Chapitre 4. Les incubateurs et accélérateurs

Chapitre 5. Les aides publiques par canton et fédérales

Chapitre 6. Les investisseurs

Entre héritage, tradition et disruption, mapping synthétique du succès technologique suisse.

Chapitre 1. Focus sur 3 secteurs en pleine exposition en Suisse : la «Deep Tech»

Les Deep Tech créent de nouvelles solutions basées sur des technologies disruptives telles que l’intelligence artificielle et le big data, la réalité virtuelle et augmentée, les objets connectés et les micro et nanotechnologies. En conséquence, ils attirent de plus en plus l’attention des investisseurs à la recherche de la prochaine vague d’investissements.

Selon un rapport récent de Wavestone conduit auprès de 107 investisseurs internationaux, leur priorité se porte sur le potentiel de «génération de talents Deep Tech» pour lequel la Suisse se classe en 6ème position derrière la France, Israël, les Etats-Unis, le UK et la Chine. En effet, le nombre de diplômés d’écoles d’ingénieur en Suisse a augmenté de 35% au cours des cinq dernières années (période 2011-2016, selon IngCH).

Ainsi en ce qui concerne les investissements dans les Deep Tech entre 2012 et 2017, selon Dealroom, 1,5 milliard d’euros ont été déployés dans sociétés suisses, propulsant la Suisse à la 3ème place derrière le Royaume-Uni (3,4 milliards d’euros) et Israël (3,5 milliards d’euros) et devant la France et l’Allemagne.

Quels exemples? Nous vous présentons 3 startups/scaleups suisses: l’ «Incontournable», l’ «Emergente» et notre «Pari Early Stage»

L’ «Incontournable»: Sophia Genetics (HealthTech): On aurait pu parler de la seule licorne suisse Mindmaze qui développe un outils de capture d’activité neuronale mêlant intelligence artificielle et mixed-reality pour des use cases de réhabilitation de patients ayant souffert d’un AVC. Mais nous souhaitons aussi mettre en lumière d’autres succès comme Sophia Genetics. Lancée en 2011, Sophia Genetics est une société d’analyse basée en Suisse qui utilise l’IA pour accélérer le diagnostic en oncologie, cancer héréditaire, troubles métaboliques, pédiatrie et cardiologie par séquençage d’ADN. Sophia Genetics mise sur de puissants algorithmes d’IA et sur une communauté mondiale d’hôpitaux pour faire progresser les diagnostics. Puisque l’outils appelé Sophia DDM est un SaaS, les hôpitaux ne paient que des frais chaque fois qu’ils l’utilisent pour entrer un nouvel échantillon et non annuellement avec usage irrégulier et coûteux. Grâce à la technologie d’IA de Sophia Genetics, chaque patient testé aujourd’hui contribue à améliorer le diagnostic pour un autre patient demain. Fin 2017, la scaleup « Next Generation DNA Sequencing » Sophia Genetics annonçait une Series D de US$ 30 millions avec Balderton, portant le funding total à près de US$ 60 millions. La prochaine licorne suisse ?

L’ «Emergente» : Technis (IoT, IA, SmartCity): Technis commercialise des solutions de revêtements de sol intelligents pour la gestion et la surveillance des flux de personnes dans des environnements complexes. Doté d’une technologie de sensors et d’algorithmes de deep learning, ce système Smart Flooring as a Service (SFaaS) reconnaît la direction du mouvement, comprend quand une personne tombe sur le sol et tout autre événement qu’il lui a été appris à reconnaître. En équipant les zones sensibles, Technis peut suivre l’activité des personnes et assurer un suivi précis et en temps réel des personnes entrant et sortant des différentes zones: les solutions Technis permettent une meilleure compréhension du site équipé (transports, magasins, entrepôt, hôpital…) et fournissent des données exploitables pour l’optimisation et la sécurisation des ressources. Ayant déjà réalisé plusieurs tours de tables avec des investisseurs privés, Technis est actuellement en levée de fonds pour accélérer le développement commercial et leur software d’analytics.

Notre «Pari Early Stage»: OneVisage (Cybersecurity, Virtual Reality): OneVisage développe des solutions uniques de biométrie faciale 3D et d’authentification graphique 3D fonctionnant sur smartphones, permettant aux grands services financiers, de gestion d’identité et d’intégrateurs de sécurité informatique de réduire drastiquement les cyber fraudes et les hackers d’identité. OneVisage vient d’annoncer à Amsterdam lors du sommet Money 20/20 une nouvelle solution d’identification pour mobile appelée « Premier Secret » mélange 3D facial recognition et reconnaissance graphique d’un secret à retrouver dans un environnement en 3D dont seul l’utilisateur connait la localisation.

Dans notre prochain article nous parlerons de 3 startups/scaleups suisses dans un autre secteur en pleine explosion en Suisse : celui des «Drones».

La news du mois 

La banque hypothécaire suisse Hypothekarbank Lenzburg (Hypi) a annoncé qu’elle ouvrirait des comptes commerciaux pour des sociétés actives dans les cryptos.

Alors que les cryptomonnaies et la blockchain ont été largement acceptées en Suisse, les banques n’ont pas été aussi « amicales ». À l’exception de la Falcon Private Bank, qui offre des services de gestion d’actifs, Hypi sera la première banque suisse à ouvrir ses bras à la communauté crypto.

La PDG d’Hypothekarbank Lenzburg, Marianne Wildi, est bien consciente des problèmes de blanchiment d’argent qui l’accompagnent. Le processus de sélection pour les nouveaux clients sera rigoureux car Hypothekarbank Lenzburg ne considérera les sociétés blockchain qu’après avoir effectué une profonde due diligence. La banque fera appel à un tiers expert pour analyser les renseignements et effectuer des vérifications des antécédents avant que la banque ne prenne une décision finale. L’annonce d’Hypothekarbank Lenzburg intervient quelques jours après que le groupe de travail suisse sur la Blockchain ait lancé une pétition appelant à «des comptes bancaires pour les sociétés de blockchain».

La Suisse est un incubateur de choix pour tout ce qui est crypto et blockchain. De nombreux rapports montrent que le pays est le plus grand contributeur d’Initial Coin Offerings « ICOs » par rapport au nombre d’ICOs lancés ailleurs. La ville suisse de Zoug, connue sous le nom de «Crypto Valley», procédera également à son premier vote municipal en utilisant la blockchain le 25 juin 2018.

L’évènement à venir 

Dans la foulée de l’événement Disrupt San Francisco 2017, qui comprenait des discussions sur les startups actives dans la blockchain, les cryptomonnaies et ICOs avec des invités tels que Vitalik Buterin, créateur d’Ethereum, TechCrunch organisera les TC Sessions : Blockchain le 6 juillet à Zoug, la ville suisse connu sous le nom de «Crypto Valley» en raison des nombreuses sociétés de blockchain qui s’y sont installées, capitalisant sur l’ouverture de Zoug aux «expériences blockchain» et à une approche plutôt avant-gardiste de la régulation en la matière.

Parmi les speakers à Zoug, il y aura le créateur de l’Ethereum, Vitalik Buterin, le fondateur de ConsenSys, Joe Lubin, Brian Behlendorf d’Hyperledger, ainsi que Changpeng Zhao de Binance et Galia Benartzi de Bancor.

Le correspondant:

Raphael Grieco a commencé en conseiller en investissement en Suisse. Installé à Genève depuis près de 12 ans, il est aussi le fondateur de l’évènement UPComingVC, un « Venture Capital Investment Challenge » dédié aux VCs, Startups et à des Challengers souhaitant devenir VCs. Il organise également de nombreux meet-ups à Genève, notamment ceux de Product Hunt et contribue à différents projets liés à l’innovation digitale (labélisation de la French Tech Suisse, création d’un fonds de venture capital). Raphael est diplômé de SKEMA Business School.

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