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Pour résister à Amazon, Instacart met la main sur le Canadien Unata

La lutte s’organise pour contester l’hégémonie d’Amazon, qui continue de gagner du terrain aussi bien dans le commerce digital que physique. Ainsi, la start-up californienne Instacart, qui développe une plateforme de livraison collaborative de produits d’épicerie, a annoncé l’acquisition de la société canadienne Unata, qui permet aux épiceries de vendre leurs produits en ligne. Les modalités financières de l’opération n’ont pas été dévoilées. Malgré cette opération, Unata continuera de fonctionner comme une filiale indépendante d’Instacart, avec son propre nom et sa propre marque. La société conservera également son siège à Toronto.

Fondée en 2009 par Chris Bryson, Unata a conçu une plateforme en marque blanche, qui permet aux épiceries de créer des applications et des sites web afin de commercialiser leurs produits en ligne. Avec la technologie de cette entreprise, Instacart a l’opportunité de se lancer dans le développement d’applications pour le secteur de l’épicerie, tout en bénéficiant de la relation existante entre les épiceries et leurs clients. En effet, la start-up américaine mise sur la fidélité des clients pour leur épicerie du coin afin de se positionner comme la vitrine numérique des épiciers.

Whole Foods Market, le cheval de Troie d’Amazon sur le marché de l’épicerie

Depuis 2012, Instacart met en relation des particuliers souhaitant être livrés chez eux avec d’autres particuliers disposés à effectuer le déplacement, les achats et la livraison en une heure. Le concept se rapproche de ce que propose UberPOP pour le transport de personnes. Pour se rémunérer, la société impute à ses clients une marge sur les épiceries ainsi que des frais de livraison. Instacart conclut également des accords de partage de revenus avec des partenaires, notamment des chaînes d’épiceries.

Depuis son lancement, la société était seulement opérationnelle aux États-Unis, où le marché est très lucratif. Selon le ministère de l’Agriculture américain, les consommateurs dépensent plus de 727 milliards de dollars par an pour la nourriture destinée à la consommation à domicile. Cependant, Instacart n’entend pas se limiter aux frontières américaines. L’entreprise a ainsi fait ses débuts sur le marché canadien en décembre dernier. En mars 2017, elle a également bouclé un tour de table de 400 millions de dollars.

Outre-Atlantique, la start-up américaine tente de rester dans la course face au mastodonte Amazon, qui a lancé une offensive sur le marché de l’épicerie. Le géant de Seattle avait réalisé un gros coup en juin 2017 en s’offrant la chaîne de supermarchés bio Whole Foods Market pour 13,7 milliards de dollars, soit la plus grosse acquisition d’Amazon depuis sa création. Toujours sur ce segment, la marketplace américaine a également lancé Amazon Fresh, son service de livraison de produits frais, surgelés et d’épicerie. A ce dispositif, la marketplace a décidé d’y greffer le service de drive-in Amazon Fresh Pickup. Ce dernier permet aux abonnés d’Amazon Prime de venir récupérer leurs courses à partir d’un quart d’heure après avoir passé leur commande en ligne, le tout sans sortir une seule fois de leur véhicule.

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Maxence Fabrion

Journaliste chez FW - DECODE MEDIA

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