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Randstad, Uber, Salesforce…: les principales acquisitions de l’été 2016

1er volet de ce qu'il ne fallait pas manquer cet été, Frenchweb a sélectionné 8 acquisitions marquantes de l'été 2016. Durant l'été, les fusions et acquisions se sont poursuivies sur un rhtyme aussi soutenu que lors du second semestre 2016 qui a connu 28 deals égaux ou au-delà du milliard de dollars, selon les chiffres d'E&Y. Sur cette période, l'Internet des Objet et la Big Data représentaient une grande partie des mouvements. Sur juillet et août, ce sont les secteurs des transport, santé, emploi et cloud qui ont fait l'actualité.

Aux Etats-Unis, au mois de juillet 2016, le secteur informatique et électronique est resté le plus actif sur les fusions et acquisitions en volume, à 45,23 milliards de dollars, d'après le cabinet américain Paul Weiss.

Dans le détail, l'été aura vu la fin d'un illustre pure-player des années 90, un Français contraint de se faire racheter par un Américain, la fin des rêves de grandeur de Travis Kalanick en Chine, ou encore 100 millions de dollars pour un nouveau chouchou de Google…

 

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Monster trouve preneur pour moins de 387 millions d'euros

Le pure-player star Monster, créé en 1994, a accepté l'offre de l'acteur historique Randstad, groupe néerlandais spécialisé dans l’intérim créé il y a 55 ans. Alors que sa valorisation atteignait plus de 5 milliards de dollars lors de sa mise en Bourse, le site a été cédé début août pour 429 millions de dollars, soit 386,8 millions d’euros.

En vente depuis mars 2012, le site basé à New York n'aura finalement pas résisté aux offensives des sites concurrents tels Indeed ou LinkedIn. L'acteur américain était arrivé en France en 1999 avec à sa tête Mats Carduner, également ancien patron de Google France par la suite. Installée à Levallois-Perret, la société emploie aujourd'hui moins d'une centaine de salariés.

En 2006, la valorisation du job board atteignait même 7,5 milliards d'euros. Dans ses belles années, il revendiquait plus d'un million d'offres d'emploi diffusées en continu sur son site. Au second trimestre 2016, il affichait 150,9 millions de dollars de chiffre d'affaires; la zone Amérique du Nord représentant 103,7 millions. Sur les six premiers mois de l’année, le site d’offres d’emplois a vu ses revenus chuter à hauteur de 308,7 millions de dollars, contre 340,6 millions de dollars au premier semestre 2015.

Pour stopper l’hémorragie, la société a même avoué avoir été contrainte d’utiliser 12 millions de dollars issus de ses propres réserves pour financer des opérations au cours des six premiers mois de cette année.

Avant Monster, le géant de l’intérim a mis la main sur la société japonaise d’ingénierie Careo Group, le Berlinois Twago, spécialisé dans le recrutement de développeurs de logiciels, et Ausy, société de conseil française spécialisée dans l’ingénierie de hautes technologies. L'enjeu pour Randstad est aussi de s'implanter aux États-Unis. En septembre dernier, le groupe néerlandais avait déjà amorcé son virage outre-Atlantique en s’emparant de RiseSmart, start-up spécialisée dans les emplois de reconversion, pour 100 millions de dollars. 

Que fera Randstad de Monster? Il emploie environ 6 000 personnes dans 50 pays. Avec cette quatrième acquisition depuis le début de l'année, le groupe répond au géant suisse Adecco qui a finalisé le rachat en mai dernier de l’entreprise britannique Penna, un acteur 100% digital de l'intérim.

Les regards de :

Anne-Caroline-LourmièreOn savait le pure player à la recherche d'un acquéreur depuis plusieurs années. Il faut dire qu'avec l'explosion des réseaux sociaux, des marketplaces mettant en relation missions et free lance ou encore des plates-formes de recrutement participatif, les innovations ne manquent pas pour attirer talents et recruteurs. Innover ou disparaître… Pour le néerlandais, ce rachat lui permet de prendre le virage Digital et notamment social et mobile avec l'utilisation de la solution de recrutement "social jobs ads" sur Facebook et la plateforme Jobr rachetée par Monster en juin dernier mais aussi d'exploiter le potentiel de la base de données de l'Américain riche de 150 millions de cv. Mais si le jobboard devrait a priori garder son identité, la marque brillera t-elle de nouveau? Le modèle des jobboards a-t-il encore de beaux jours devant lui?" Anne-Caroline Lourmière, fondatrice et CEO de Talentik.

Jacques Froissant AltaïdeLe marché de l'intérim et des contrats courts est un marché majeur. Près de 90% des contrats actuellement signés en France sont des CDD, intérim ou freelance. Il est donc logique qu'un acteur comme Randstad s'intéresse à un acteur comme MONSTER pour élargir son offre et se doter d'une technologie plus efficace. Monster se cherchait depuis quelques années et Randstad devrait pouvoir lui redonner une vision claire. La pression sur ce marché viendra aussi de start-up. L'avenir nous dira qui l'emportera le groupe d'intérim visionnaire ou les Startups agiles. Jacques Froissant, CEO d'Altaïde.

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La French touch dans le gaming séduit Twitch (Amazon)

Hubert Thieblot (ci-dessous) est le fondateur français de Curse, une plateforme Web et mobile consacrée à l'univers du gaming (vidéos, actus, outils), à partager entre joueurs. Plus de dix ans après sa création en 2005, le site vient d'annoncer son rachat par Twitch, filiale d'Amazon, spécialisée dans la diffusion des compétitions et jeux. Le montant de l'opération n'a pas été divulgué.

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Une belle success story pour ce Français qui s'allie avec l'un des leaders du secteurs. Twitch revendique plus de 2 millions de spectateurs en ligne pour visionner ses compétitions, notamment en direct. Sur le temps passé, il annonce battre Youtube (421 minutes en moyenne par mois contre, 291 sur le site de vidéos, d'après ses chiffres).  

Curse est basée auxEtats-Unis, dans l'Alabama, et dispose de bureaux à San Francisco, New York, Londres, Berlin et Sydney.

Lire aussi: L’eSport, la nouvelle ruée vers l’or?

 

Cheetah Mobile s’offre les Bordelais de News Republic pour 57 millions de dollars

WeChat, Didi Kuaidi…en Chine les applications mobiles se développent dès le départ selon une stratégie; celle de devenir une plateforme de services. Cheetah Mobile, l'éditeur d'applications vient d'en ajouter un nouveau à son édifice avec le rachat du Français News Republic. La société basée à Pékin doit aussi accélérer sur le plan technologique pour se maintenir face à Facebook.

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Le Chinois Cheetah Mobile a annoncé le rachat de News Republic pour 57 millions de dollars. Fondée en 2008 par Gilles Raymond, News Republic agrège sur une même application les informations des sites d’actualités. Le Chinois met surtout la main sur un algorithme capable de pousser les contenus de 1 600 sources d’informations (CNN, Sina Corp, Reuters, Bloomberg and the Financial Times entre autres).

Basée à Bordeaux et à San Francisco, News Republic est présente dans 12 pays, dont la Chine. Elle revendique 10 millions d’utilisateurs. Début 2015, Cheetah Mobile poursuivait sa volonté de devenir une plateforme de services B2B sur le mobile. Il rachetait un autre français, la société d’affiliation sur mobile MobPartner pour 58 millions de dollars.

Cheetah Mobile compte 623 millions d’utilisateurs actifs par mois. Si ses revenus sur le second trimestre 2016 sont en hausse de 18% sur un an, à 1,05 milliard de yuans (130 millions d’euros), la société a toutefois creusé ses pertes, à 105 millions de yuan (contre 60,9 millions un an plus tôt). L’éditeur aurait subit la concurrence du nouvel algorithme de Facebook, capable de mesurer la performances des publicités.

De son côté, News Republic, dont le financement est clé pour développer sa technologie, trouve ainsi de nouvelles ressources. En 2015, il recevait le «Pass French Tech» mis en place par BPIFrance afin de lui offrir un accompagnement et des services. Cheetah Mobile va lui offrir un nouveau pass au niveau mondial.

 

Voir aussi : Les levées de fonds en France dans le secteur média au premier semestre 2016 (FW Invest)

 

Bertin Nahum ne veut plus se battre avec son «Opinel» et cède aux sirènes américaines

L'histoire de Bertin Nahum, fondateur de MedTech, rappelle étrangement la phrase de Nicolas Dufourcq, le directeur général de la BPI, qui ne voulait pas que «la France soit un pays de bonzaïs».

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A la mi-juillet, MedTech a basculé sous pavillon américain. L'entreprise montpelliéraine spécialisée dans la conception de robots d'assistance aux gestes médico-chirurgicaux est désormais dans le giron de Zimmer Biomet. En cause, comme le fondateur le précisait cet été dans une interview, pour changer d'échelle, sa société ne trouvait pas en France les financements suffisants.

Il a donc accepté l'offre de Zimmer Biomet, acteur sur le marché des implants et appareils médicaux, qui a acquis 59% des parts de la société de robotique chirurgicale créée en 2012. Au total, Zimmer Biomet a déboursé plus de 70 millions d'euros pour récupérer 1,4 million d'actions de MedTech et ainsi prendre le contrôle de la société montpelliéraine. Dans le cadre de cette opération, le fonds d'investissement New Fund, qui détenait une participation de 16% au capital de l'entreprise française, a cédé l'intégralité de ses titres à Zimmer Biomet.

En 2015, MedTech avait préparé le terrain pour s'ouvrir au-delà des frontières de l'Hexagone en bouclant un tour de table de 15 millions de dollars. Avec cette opération, Bertin Nahum espérait alors «pénétrer l'important marché américain de la colonne vertébrale» avec ses robots Rosa Brain et Rosa Spine. Mais sur le marché de la robotics, estimé à 37 milliards de dollars d'ici 2020, les besoins du Français sont bien plus importants.

La prise de contrôle de MedTech par Zimmer Biomet va non seulement lui permettre de financer sa R&D, mais aussi d'avoir un accès au marché américain.

 

Qui a fait tomber Uber en Chine?

Arrivé en 2014 avec la ferme intention d'écraser la concurrence sur le marché chinois, Uber aura finalement plié face à son rival, en à peine deux ans. Un projet de conquête qui rappelle dix ans plus tôt celui d'un autre acteur américain. Ebay, pressé de se développer en Chine, avait sous-estimé la puissance d'Alibaba…

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Uber a reconnu sa défaite face à Didi Chuxing, principal acteur sur le marché chinois des services de transport avec chauffeur. En février dernier, le PDG d'Uber a affirmé perdre plus d'1 milliard de dollars sur un an en Chine.

Un retournement de situation alors qu'en 2015, Cheng Wei, le fondateur de Didi Kuaidi, racontait que Travis Kalanick lui avait fait une offre sur sa start-up.

Fondée en 2012, Didi Chuxing a poursuivi son ascension, au point devenir un mastodonte en 2015 avec l’alliance entre Didi et Kuaidi Dache, concurrent local. Aujourd’hui, le groupe chinois revendique 300 millions d’usagers inscrits et plus de 11 millions de courses effectuées chaque jour dans 400 villes chinoises. A l’inverse, Uber ne compte que 10 millions d’utilisateurs actifs en Chine. 

Didi Chuxing doit sa bonne résistance aux attaques de l'Américain à l'apport de puissants investisseurs. Tencent, l'éditeur de la messagerie WeChat, et l'e-commerçant Alibaba, deux poids lourds de l'économie chinoise ont ainsi largement participé aux tours de table de la société de VTC. En plus de l'appui apporté par des acteurs locaux, Didi Chuxing a également pu compter sur la participation d'Apple. En mai dernier, la marque à la pomme a investi 1 milliard de dollars dans le principal service de réservation de taxis en ligne en Chine. Depuis création, la plateforme chinoise a levé 7,3 milliards de dollars.

Uber avait pourtant tenté, dès 2014, de répliquer en se rapprochant de Baidu, éditeur du principal moteur de recherche chinois. Sans succès. En guise de lot de consolation, la plateforme californienne va détenir 17,7% des parts de la nouvelle entité valorisée à 35 milliards de dollars (31 milliards d’euros), soit une participation valant plus de 6 milliards de dollars. Travis Kalanick devra, lui, se satisfaire d'un strapontin au conseil d'administration de son ancien rival chinois. 

 

Salesforce poursuit sa conquête du cloud

Depuis le début de l’année, Salesforce a multiplié les rachats pour élargir sa palette d’applications et de services basés sur le cloud. Ainsi, la société californienne s’est emparée de MetaMind, une start-up qui a mis au point une technologie de deep learning pour automatiser certaines tâches, en avril dernier, et de Demandware, éditeur américain de solutions cloud d’e-commerce, au mois de juin pour 2,8 milliards de dollars. En outre, Salesforce s’est associé à Amazon Web Services en mai pour l’hébergement de ses principaux services. Sur l’exercice 2017, le spécialiste américain des logiciels en cloud vise un chiffre d’affaires de 8 milliards de dollars. 

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Quip, solution collaborative de partage, création et protection de documents, est la nouvelle prise de Salesforce qui a déboursé 750 millions de dollars. Cofondée en 2012 par Bret Taylon, ex-CTO de Facebook, et Kevin Gibbs, Quip entend couvrir tous les échanges des salariés dans le cloud. En 2015, elle recevait 15 millions de dollars d'investissement de Benchmark Capital. Basée à San Francisco, elle revendique 30 000 utilisateurs. 

De son côté, le géant américain des logiciels en cloud Salesforce maintient le rythme sur sa stratégie de croissance externe. 

 

 

Après avoir serré la vis, Meg Whitman se met en mode conquête 

Depuis son arrivée en 2011, la CEO Meg Whitman est plutôt connue pour ses grands plans de restructuration. Mais cet été, elle est passée en mode rachat de start-up.

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Hewlett Packard Enterprise, entité qui est née après la séparation en deux entités l’an passé (avec HP Inc), a acquis la société californienne SGI, également connue sous le nom de Silicon Graphics, spécialisée dans la fabrication de stations de travail dédiées aux serveurs, au stockage et aux logiciels pour le calcul de haute performance. Le montant de la transaction s’élève à 275 millions de dollars.

Avec cette acquisition, HP tente  de sortir sa division HPE de la mauvaise passe en lui ajoutant une pierre technologique. Ce rachat fait suite à une autre offensive sur le marché B2B, avec en mai dernier, la fusion avec Computer Sciences Corporation (CSC) dans le cadre d’une opération estimée à 8,5 milliards de dollars. Sous la houlette de Meg Whitman, HP doit remettre sa devision HPE en ordre de bataille, alors qu'une rumeur d'un plan de licenciement concernant 25 à 30 000 personnes de la division grandissait également, d'après la presse américaine.

 

La jeune-pousse Orbitera a dit «Oui» à Google

Fondée en 2011, Orbitera qui n'avait levé jusqu'alors que 2 millions de dollars, a vu son destin basculer cet été. La start-up californienne, éditrice d’une plateforme capable d’automatiser la disponibilité et la commercialisation des logiciels dans le cloud, a reçu une offre de 100 millions de dollars de Google; qu'elle a accepté.

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Les modalités financières de l’opération n’ont pas été communiquées, mais le montant de la transaction pourrait atteindre les 100 millions de dollars selon TechCrunch.

Fondée par Firas Bushnaq et Brian Singer, la marketplace développée par Orbitera s’adresse aux grandes entreprises et aux éditeurs indépendants. Elle leur propose différents outils pour automatiser les processus de commercialisation des logiciels dans le cloud (déploiement, gestion, facturation…) Pour l’heure, elle supporte le déploiement d’applications cloud uniquement sur Amazon Web Services et Microsoft Azure. Orbitera sera prochainement intégrée à la plateforme cloud de Google. 

D'ici 2019, 30% des 100 plus grands vendeurs sur Internet seront passés du «cloud first» au «cloud only», d'après une étude de Gartner qui estime le marché à plus de 204 milliards de dollars pour cette année. Et plus d'un trilliard de dollars de dépenses dans l'IT seront directement liées au basculement vers le cloud, selon le cabinet.

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