
Le concurrent de Planity, FRESHA, lève près de 69 millions d’euros et atteint le milliard de dollars de valorisation
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Le marché des logiciels pour salons de coiffure, instituts de beauté et spas continue de se structurer autour de quelques plateformes capables d’industrialiser un secteur historiquement fragmenté. La société britannique Fresha annonce une levée de 80 millions de dollars, soit environ 68,9 millions d’euros, auprès de KKR. L’opération valorise l’entreprise à plus d’un milliard de dollars et confirme l’émergence d’un nouvel acteur majeur européen du software vertical dédié au wellness et à la beauté.
Fondée en 2015, Fresha développe une plateforme SaaS permettant aux salons de coiffure, instituts, spas, barbiers ou salles de fitness de gérer les rendez-vous, les paiements, les abonnements, la relation client et les opérations quotidiennes. La société revendique plus de 130 000 établissements utilisateurs dans le monde, plus de 35 millions de rendez-vous mensuels et environ 15 milliards de dollars de volume d’affaires annuel transitant par sa plateforme.
L’un des éléments les plus remarqués de cette opération reste toutefois la rentabilité de l’entreprise. Fresha affirme être profitable, avec un revenu annualisé supérieur à 140 millions de dollars et une croissance de plus de 60 % par an. Dans un environnement où une partie de la tech européenne reste sous pression après plusieurs années d’hypercroissance déficitaire, ce positionnement change sensiblement la perception du marché.
Avec ce nouveau financement, Fresha porte désormais le total des capitaux levés depuis sa création à 299 millions de dollars, soit environ 257 millions d’euros. Une trajectoire qui la rapproche progressivement des grandes plateformes verticales américaines mêlant SaaS, paiements et marketplace transactionnelle.
Sur le marché français et européen, Fresha évolue sur un terrain proche de celui de Planity. Fondée en 2017, la société française s’est imposée comme l’un des principaux acteurs de la digitalisation des salons de beauté. Après avoir levé 10 millions d’euros en 2020 puis 30 millions d’euros en 2021, Planity avait annoncé un nouveau tour de table destiné à accélérer son implantation européenne, notamment en Allemagne et en Belgique. La startup française revendiquait alors 37 000 établissements clients sur les 140 000 établissements de beauté recensés en France. Comme Fresha, Planity a progressivement élargi son positionnement au-delà de la simple réservation en ligne, en intégrant paiements, cartes cadeaux, abonnements et gestion des stocks. L’entreprise indiquait également avoir levé plus de 100 millions d’euros depuis sa création afin de financer notamment une importante force commerciale terrain, avec près de 200 commerciaux opérant en porte-à-porte.
Cette proximité entre les deux acteurs illustre une transformation plus large du secteur. Longtemps considérés comme de simples logiciels de réservation, ces outils deviennent progressivement des infrastructures transactionnelles complètes mêlant SaaS, fintech et marketplace locale.
Le sujet dépasse désormais la simple digitalisation des agendas. Ces plateformes cherchent à contrôler les flux opérationnels quotidiens des salons : acquisition client, CRM, paiements, fidélisation, abonnements, financement, campagnes marketing et désormais automatisation par l’IA.
C’est précisément cette dimension qui attire désormais les grands fonds de croissance et de private equity technologique. Dans le cas de KKR, le pari repose sur un modèle déjà rentable, fortement intégré aux opérations quotidiennes de centaines de milliers de petites entreprises, avec un potentiel d’expansion mondiale encore important.
L’intelligence artificielle constitue désormais la prochaine couche stratégique. Fresha affirme vouloir investir massivement dans l’automatisation des opérations, l’optimisation des réservations, le marketing automatisé et les outils destinés à améliorer le remplissage des salons. Dans un marché où les marges restent souvent faibles et les coûts opérationnels élevés, quelques gains de productivité supplémentaires peuvent rapidement modifier l’économie des établissements.
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