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AdBlock Plus : ce qu’ils prétendent faire et ce qu’ils font réellement

Il est très rare qu’un membre de la société Eyeo, éditeur d’Adblock Plus s’exprime publiquement, encore plus rare ici en France. Et pour cause : entre leur discours et la réalité de ce qu’ils font, l’écart se creuse.. Cette solution, téléchargée plus de 300 millions de fois (estimation d’Eyeo, éditeur du logiciel) bloque les affichages publicitaires “intrusifs” dans les navigateurs. Par conséquent, ce sont autant de revenus qui échappent aux éditeurs, mettant en péril le seul moyen de subsistance des producteurs de contenus web gratuits dont nous profitons tous les jours.

Lors d’une table ronde, Kai Recke, responsable juridique d’Eyeo, s’est exprimé sur les objectifs du logiciel AdBlock Plus. Cette intervention prouve une fois de plus les contradictions du modèle et son véritable danger pour les éditeurs et les internautes.
AdBlock Plus donne au consommateur le pouvoir de refuser la publicité, sans l’informer de la potentielle illégalité de cet usage

L’argument numéro 1 d’AdBlock Plus est d’être pro-consommateur. En leur offrant le choix d’afficher une publicité ou non, il leurs donnerait une liberté qu’ils méritent. Cependant, il est important de noter qu’il existe un vide juridique autour de la violation de la propriété intellectuelle par les AdBlockers. Dans la mesure où AdBlock n’agit pas sur le contenu en tant que tel, mais sur la manière dont celui-ci apparaît sur le navigateur d’un internaute (soit en privé, même s’il s’agit de la même manière pour les millions d’utilisateurs d’AdBlock), peut-on considérer qu’il s’agit d’une dégradation de l’oeuvre originale ? Il est en tout cas clair que le contrat initial est vicié: les contenus proposés par les éditeurs comportent en leur sein la publicité, source de revenus. Fournir un logiciel qui permet de s’en affranchir revient à encourager le phénomène du “passager clandestin”, celui-là même qui nourrit le téléchargement illégal – les sites de “torrents” ayant au moins le mérite de prévenir leurs utilisateurs du caractère illégal de leurs actions.

AdBlock Plus protège les données personnelles des internautes, mais seulement de ceux qui connaissent le système

Au delà de bloquer la publicité, AdBlock Plus se proclame le protecteur des données privées – car certaines publicités comportent des outils de suivi des internautes, qui permettent un ciblage plus fin. La solution AdBlock comporte effectivement une solution d’anti-tracking sous la forme d’une liste parmi d’autres (liste de publicités en français, liste de publicités pour les sites pour adulte etc). Etrangement, la liste “privacy tracking” n’est pas activée par défaut lorsqu’un utilisateur installe AdBlock Plus. Si vous craignez l’utilisation de vos données privées, optez donc pour des solutions dédiées, comme Ghostery.

Plus largement, ce positionnement pose la question de la légitimité d’action d’AdBlock Plus. Selon moi, la protection des données privées des utilisateurs doit être régie par la loi – et certainement pas en sanctionnant les éditeurs. Le processus législatif est en cours, on l’a vu avec l’adoption de la Directive 2009/136/CE transposée en droit français en 2011. Cette directive est elle-même un amendement à une directive de 2002, ce qui prouve que la loi s’adapte aux évolutions réelles. Aux Etats-Unis, le “Do not track me online act” régule lui aussi l’utilisation des données des internautes.

AdBlock Plus tolère uniquement la publicité acceptable, soit celle qui est la plus difficile d’identifier comme telle

Rentrons dans des problématiques plus économiques. AdBlock Plus se défend de mettre en péril le modèle de business du contenu en ligne – financé pour ainsi dire exclusivement par la publicité – arguant du fait qu’il ne bloque que les publicités “intrusives” – celles considérées comme les moins intrusives sont mises sur liste blanche et les éditeurs sont “autorisés” à les diffuser auprès des utilisateurs d’AdBlock Plus, moyennant finance. Le détail de la charte est disponible ici.

Il suffit de faire un très rapide effort de comparaison pour réaliser l’aberration du système. Sur le site Ask.com, la publicité “whitelisted” par AdBlock Plus occupe 30% de la surface de la page. Mieux, le contenu « utile » (les résultats naturels de la page) ne représente que 13% de la surface de la page. Il y a donc 2,3 fois plus de pub que de contenu ! Sur le site du New York Times, la publicité représente 7,9% de la surface des pages mais reste blacklisté par AdBlock Plus. Sur Ask.com, la différence entre un lien sponsorisé et un résultat naturel est difficile à faire pour un internaute non expert. Sur le New York Times, la différence semble nettement plus claire entre un article est une publicité pour un produit.

adblock-fred-montagnon
Cette aberration réside dans le fonctionnement même d’AdBlock Plus. Les publicités intrusives sont identifiées comme telles par des groupes d’utilisateurs qui les ajoutent de manière collaborative à une liste appelée Easylist, et qui impacte la totalité des utilisateurs, des formats et des sites. Les problèmes de ciblage, de contexte ou de timing de publicités ne sont pas du tout pris en compte par ce système, qui déclare “intrusive” une publicité arbitrairement, et en fondant l’analyse principalement sur son format. Alors que l’industrie de la publicité tente de concevoir un système plus intelligent, plus en accord avec le consommateur, AdBlock Plus vient saper ces efforts.

AdBlock ôte la publicité pour l’internaute et le prive aussi du choix de s’informer sur son acte

Les éditeurs les plus conscients de la menace que fait peser AdBlock Plus à leurs business font le choix de l’expliquer à leurs visiteurs. C’est une très bonne manière, selon moi, de faire un effort d’éducation de l’internaute au fonctionnement du web – une éducation primordiale, notamment dans un contexte d’exploitation des données privées – et ce sans teinter de démagogie l’argumentaire, comme le fait AdBlock Plus. Mais là encore, AdBlock Plus empêche cette communication en bloquant les messages. Dans certains cas, AdBlock Plus bloque même les offres d’abonnements payants aux médias, ne leur laissant réellement plus d’alternative.

Ce sont tous ces constats qui m’ont poussé à créer Secret Media, qui contre AdBlock Plus et permet les affichages publicitaires chez des éditeurs sélectionnés. Nous pensons que la publicité doit être assumée par les éditeurs comme par les utilisateurs afin de maintenir un accès gratuit aux contenus sur internet. AdBlock Plus ne fait que rendre les formats publicitaires plus difficiles à percevoir pour les utilisateurs, tout en ne proposant aucun contre-modèle. Ce n’est certainement pas un service rendu à la liberté d’expression.

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[tab title= »A propos »]

fred-montagnon-secret-mediaFrédéric Montagnon   est le Fondateur de Secret Media et expert pour FrenchWeb.fr

Il a également fondéOverBlog, et Nomao (partie intégrante de Teads aujourd’hui)

Retrouvez Frédéric Montagnon sur Twitter, @fred_montagnon.
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77 thoughts on “AdBlock Plus : ce qu’ils prétendent faire et ce qu’ils font réellement”

  1. bof non…
    En lisant cet article on dirait que l’internaute est une victime d’adblock plus. Il faut bien se rendre compte que le logiciel ne s’installe pas tout seul sur les ordinateurs et c’est bien l’internaute qui, a la base, souhaite retirer la publicité des sites et adblock n’est qu’un outil pour cela. Si il se rend compte que cet outil marche moins bien, il en utilisera juste un autre qui marche mieux.

  2. Bonjour,

    je ne suis pas d’accord avec vous. Pour moi, un internaute doit avoir la possibilité de choisir s’il veut voir ou non de la pub lorsqu’il navigue sur différents sites.

    Adblock donne la possibilité de bloquer ou non le contenu publicitaire de tel ou tel site, l’utilisateur peut donc librement choisir de ne pas être importuné ici aussi (déjà qu’on subit la publicité à la radio, à la télé, dans nos magazines, au cinéma…).

    Par exemple, pour votre site, j’ai expressément autorisé l’affichage de pub car je sais que cela permet aux sites gratuits de fonctionner et pour les sites que je visite régulièrement et où la pub reste acceptable (zone définie, pas de pop up etc;) je n’ai aucun soucis à accepter l’affichage publicitaire.

    La seule chose qui pour moi doit rester telle quelle c’est la possibilité de choisir. Internet est un média relativement libre comparé aux autres, prions pour qu’il reste ainsi le plus longtemps possible.

  3. Bonjour,

    je pense que ce n’est pas à l’utilisateurs qui à choisi de bloquer les pub de se remettre en questions mais plutôt aux éditeurs des-dites pubs… On dirait que nous sommes victimes d’adblock comme alors que c’est bien nous qui l’avons installé..

    Il faudrait penser à s’adapter au solutions et parades des utilisateurs au lieu de les blâmer pour ne pas aller dans votre sens…

  4. Donner des leçons de déontologie, alors que vous utiliser un article pour faire du publireportage et vendre votre solution, me semble plus que gonfler, voire plutôt mal venu !

      1. Détrompe toi, Frédéric Montagnon indique clairement « Ce sont tous ces constats qui m’ont poussé à créer Secret Media, qui contre AdBlock Plus… « . Il explique ensuite que sa solution est bien meilleure. Il fait donc sa publicité…

        1. Et ? Cet article tend plus à éduquer les utilisateurs d’AdBlock Plus qu’à faire la promo de son projet (destiné aux éditeurs). Et quand bien même, pourquoi cela serait-il gonflé ? Je n’ai peut-être pas vu l’encart publicitaire clignotant « optez pour Secret Media » :)

    1. Complètement sur la ligne. On voit là la limite des blogs comem frenchweb. C’est une tribune pour les « copains » pas un organe de presse. C’est de la communication de piètre qualité. Malheureusement pour beaucoup considéré comme une source d’information…

      1. Il y a des tribunes dans tous les journaux, signées par des gens qui ne sont pas journalistes. Ici, je me contente de pointer des contradictions. Chacun se fait son avis, et je ne cherche pas à cacher mon identité.

        En l’occurence, je ne l’ai jamais lu ailleurs ce que j’aborde ici, et que je documente. Ca me semble digne d’intérêt de poser la question de la légalité, pour l’internaute, de supprimer la pub ? Et de montrer que la pub bloquée n’est pas nécessairement celle qui est lq plus visible ?
        Etant donné la couverture médiatique dont bénéficie AdBlock Plus dans tous les médias, je ne vois pas ce qu’il y a de choquant à donner un point de vue contradictoire. On n’est plus du tout Charlie ?

        1. Cher monsieur Montagnon,

          Vous donnez votre point de vue, c’est bien normal et légitime, je vais donc vous donner le mien. Je ne parlerais pas de la pub en général, je me contenterais de répondre à vos arguments.

          Dans le monde où je vis, mon ordinateur m’appartient, et j’ai le droit de choisir ce qui arrive dedans via internet. Je possède mon ordinateur. Je choisi. Votre question sur la légalité de choisir quel contenu afficher ou non n’a aucun fondement. Internet n’est pas (encore) la télévision. Et quand bien
          même, c’est illégal de couper le son et regarder ailleurs pendant la pub télé ?
          C’est illégal de changer de chaine à ce moment précis ? Même la télé permet de choisir ce qu’on regarde. Vous prônez donc un internet pire que la télé, sans choix, sans droits pour l’utilisateur. Non merci. Je ne me suis pas débarrassé de la télé pour qu’elle revienne par mon câble réseau dans mon ordinateur.

          AdBlock Plus pose un problème : oui, ils font du racket, et c’est laid. J’utilise AdBlock Edge, un fork qui ne fait pas dans la dentelle. Je bloque tout, point final. Personne ne se fait racketter. Je choisi juste de ne pas subir cette nuisance.

          Là où j’ai un problème avec votre méthode et votre modèle économique, c’est que vous critiquez publiquement AdBlock , mais sans lui, votre société n’existerait pas. Si je vous écoutait et désinstallait AdBlock , et que tout le monde en faisait autant, votre société disparaitrait du jour au lendemain.

          Autre problème, votre modèle économique est étrangement symétrique à celui d’AdBlock . Ils bloquent la pub et se font payer pour en laisser passer, vous faites payer pour forcer le passage à certains annonceurs grâce au blocage d’AdBlock
          . Vous faites la même chose qu’AdBlock : prendre de l’argent pour bypasser un blocage. Pour ce qui est de la liberté de
          contraindre à l’affichage de la pub pour les annonceurs, vous ne proposez pas vos services gratuitement. Vous vous faites payer à la pub, en touchant une part du revenu. Il faut donc que vos clients aient les moyens de payer, les petits n’ont probablement pas ces moyens.

          Je vois dans votre activité un opportunisme économique probablement à terme extrêmement lucratif, que vous devez dans son intégralité à AdBlock . Et vous souhaiteriez voir les blocages de pub disparaitre ? Quel humour. J’ai du mal à concevoir que vos arguments soient sincères, je pense qu’ils sont avant tout destinés à légitimer votre activité.

          La pub est elle une solution ? Non. Est-ce que la bloquer est une solution pérenne ? Non plus. Votre solution en est elle une ? Probablement pas. Mais elle va vous rapporter beaucoup d’argent.

          Quand à Charlie, j’avoue que vous m’avez perdu. Bloquer la pub est un acte
          terroriste ?

          1. Très facile d’invoquer le « je choisis ce que je mets dans mon ordi ». Sauf que ce que vous y mettez a un coût, et refuser la pub, c’est refuser de rémunérer les gens qui créent ce contenu. C’est égoïste, il n’y a pas d’autre mot. C’est aussi de la pensée à court-terme, car ces sites que vous fréquentez finiront par fermer. Si vous ne voulez pas de pub, la vraie solution honnête intellectuellement et moralement, c’est de ne pas charger le contenu en question. Quant à votre « La pub est elle une solution ? Non. », je pense que les 15 dernières années ont prouvé le contraire. Si maintenant vous voulez être honnête, la vraie question que vous pourries poser est « La pub est elle la meilleure solution ? ». La réponse est toujours non, mais je ne vous entends pas en proposer d’alternative.

          2. Bonjour.

            En alternative, je vous conseille des sites de finacements participatifs tel tipeee.com ou des solutions existent. Nous en sommes au début de l’ère internet, les choses commencent a prendre forme avec la transition générationelle des pouvoirs.

            Les jeunes humains naissent avec cela désormais, cette transition se fera comme le passage à l’écriture pour l’homme, ou l’on a pu mettre les savoirs par éctis sans les oubliés à travers le temps,

            l’imprimerie de les diffuser,

            et Internet de communiquer sans barrière et partager, et c’est dans ce but d’ailleurs qu’il fut inventé, pour être incontrôlable, eh oui.

            Laissons lui le temps a Internet d’émerger, il change tout autour de nous et remet en questions beaucoup de nos valeurs.

            Morgan

          3. Effectivement des financements comme tipeee sont une alternative. La difficulte devient que le financement repose alors sur un plus petit nombre de gens, une masse critique pas facile a atteindre et maintenir. C’est tres proche du principe de l’abonnement, qui a bien du mal a se mettre en place. Personnellement, j’espere que bitcoin & co aideront a corriger ce probleme en demandant aux gens de faire des micro-transactions. Je suis tout a fait pret a payer de 10 a 50 centimes par article que je veux lire. Par contre, les trucs qui ne m’interessent que vaguement (buzzfeed je pense a toi), je ne leur verserai pas d’argent direct, pour moi ca sera pub ou rien.

          4. Facile à invoquer, mais j’attends vos arguments pour m’expliquer que non, je ne contrôle pas ma machine, et que je devrais laisser ce privilège à d’autres.
            Je ne refuse pas la rémunération, je refuse le modèle économique. Je refuse la pub en général. La pub est une taxe payée par les consommateurs eux mêmes dans le prix des produits, destinée à faire de la propagande commerciale au détriment du consommateur lui même. La pub EST un problème. Donc la considérer comme une solution me semble inapproprié.
            Quand à l’alternative, il ne vous aura pas échappé que dans l’immédiat, l’internet commercial (celui des sites destiné à générer de la richesse, pas celui des gens qui s’en servent et partagent leurs contenus gratuitement) traverse une crise de modèle économique. Et si j’avais la solution, cette crise serait déjà terminée et la mutation de leurs modèles économiques achevée.

            Le fait est qu’il n’y a pas de solution universelle, mais je tendrais vers l’hypothèse que le contenu payant deviendra viable pour les sites capables de motiver leur public à les soutenir, ce qui laissera peu de marge de manœuvre au contenu médiocre sans valeur ajoutée.
            Une autre question serait : internet doit il n’être qu’un immense supermarché et le contenu doit il forcément produire de la valeur monétaire ? L’était il à ses débuts ? N’est-ce pas là une anomalie dans son développement qui tendra à se résorber ? Importer sur internet des modèles économiques venu de médias de nature différente est-il une bonne idée tout court ?

          5. L’argument du contrôle de la machine s’applique aussi a d’autres appareils: « Je contrôle mon lecteur DVD, donc j’y mets des films piratés si j’ai envie ». Pas vraiment convaincant du point de vue des ayant-droits.

            Il semble que vous ayez des points de vue assez durs sur la pub. Ca se comprend, personne n’aime ca, mais cet argument, « La pub est une taxe payée par les consommateurs eux mêmes dans le prix des produits », est assez… limité. La plupart des produits voient leur prix tomber grace a des economies d’échelle. On peut donc aussi considerer que la pub aide a faire tomber les prix, vu qu’elle contribue a augmenter les volumes de vente.
            Bref, on tombe dans des considerations philosophiques inutiles. Si un site a besoin de la pub pour vivre et fournir son contenu, refuser la pub et prendre le contenu, c’est petit, contre-productif et hypocrite.

            Apres, vos autres questions sont intéressantes, je trouve, et il est vrai qu’une reflexion plus large serait utile.

          6. Le contrôle de l’appareil est une question fondamentale. Doit ont posséder et contrôler les machines ou se faire contrôler par elles ?

            Étonnamment, si on écoute les ayants droits et les fabricants qui souhaitent vendre du contenu, laisser l’utilisateur contrôler sa machine pose problème.

            Du côté du propriétaire de la machine, se voir refuser quelque chose parce que, quelqu’un quelque part à décidé que non, on aurait pas ce droit, c’est grave. Tiens prenons l’exemple de la pub et du clip anti piratage des DVD. La machine dit non,tu ne zapes pas, tu regardes la pub, tu regardes le clip. Oui mais j’ai payé l’appareil, j’ai payé le contenu. On se demande encore pourquoi les gens préfèrent pirater un film que de l’acheter sur support physique ? Vraiment ?

            Je ne vois strictement aucun avantage pour la collectivité de produire des machines capables d’asservir leurs utilisateurs. Je dirais même que c’est dangereux.

            La pub ne bénéficie pas au consommateur. Elle coute très cher, pour ce qui est des économies d’échelle, je dirais même que dans certains cas elles bénéficient exclusivement au fabricant. Des produits dont on fait massivement la pub sont vendu à des prix exorbitants, avec des marges gigantesques. Où va l’économie sur un iPhone ? Et voir un petit nombre de fabriquant puissants, seuls capables de disposer du budget pub étouffe la concurrence, je ne vois pas de bénéfice de ce côté non plus. Les puissants pérennisent leur domination et il devient impossible d’entrer en compétition avec eux sans une énorme mise de départ.

            La pub est une nuisance, je ne souhaite pas qu’on essaie de me manipuler à longueur de temps, je subis déjà de la pub là où je suis obligé de la subir.

            Votre alternative, si je refuse la pub,, c’est de ne pas du tout consulter le contenu ? qu’est-ce qui profite le plus à un site ? D’être visité ou de ne pas l’être ? Les avantages à avoir une audience large vont au delà d’avoir des paires d’yeux auxquelles lancer des pubs. Et le coût de ma visite pour le site est quasi nul. Un lien partagé, quelqu’un qui revient régulièrement, voir décide de financer directement le site si ce dernier le permet, ça n’a rien de nuisible. Les choses ne sont aussi manichéennes.

          7. Certes. Mais ca marche jusqu’a un point. Apres ca devient intrusif et on se prend les adblockers dans la face. Tiens, mr montagnon, ca vous a echape ca? Ah non bien sur, il suffit de dire que les publicitaires travailent la dessus. C’est du flan oui. C’est lamentable de voir un article comme ca sur un site qui se veut une reference.

  5. « subsistance des producteurs de contenus web gratuits »
    A ce moment il faut redéfinir le mot gratuit. Toute la pub joue sur cette ambiguïté, le double sens du mot gratuit, de la novlangue quoi…

    Les contenus web gratuits ne sont pas gratuits mais financés par la publicité. L’argent de la publicité vient de la poche des consommateurs, qui ont travaillé pour le gagner. Chaque année 53 millards d’€ en France sont ainsi prélevés dans les poches des consommateurs (quand on achete un produit quelconque, dont la marque va utiliser une partie du prix payé pour financer des campagnes de pub).

    En rendant le contenu payant (puisque tout travail mérite salaire), on éliminerait l’impression fausse et trompeuse de gratuité, on rendrait l’indépendance à ceux qui créent les contenus (on ne peux pas dire ce qu’on veut quand on est financé par des marques, autocensure), on court court-circuiterait tous ceux qui ne sont qu’intermédiaire dans ce circuit publicitaire (dont Adblock), on favoriserait les contenus de qualité plutot que la quantité, on éliminerait la pollution générée par la pub, on réduirait le phénomène de surconsommation et d’endettement généré par la pub et on pourrait finallement diminuer le prix final des produits pour les consommateurs.
    En bref, que des avantages.

      1. Oui au sens de la définition de publicité, ça en est. Mais c’est de la pub pour un produit antipub et je la fais gratuitement ;) sans voler dans la poche des consommateurs, car je n’ai pas augmenté le prix de mes produits pour payer sa diffusion.

        La pub c’est voler l’argent de consommateur pour payer sa manipulation. Tout ça pour produire une croissance qui nous emmène tous droit dans le mur, avec toujours plus d’envies et toujours moins de bonheur.

        1. « La pub c’est voler l’argent de consommateur pour payer sa manipulation ». Pas mal celle-là, je te la pique !

          Bon du coup je t’avoue au final, j’irai peut etre la tester cette extension ! ça me donne le sentiment de contribuer à un monde meilleur…

  6. S’il n’existait pas de sidebar comme celle de frenchweb, AdBlock n’aurait plus aucune utilité, merci donc à vous d’être un cas d’école pour illustrer l’expression « trop de pub tue la pub ». Merci pour cet article !

  7. « Alors que l’industrie de la publicité tente de concevoir un système plus intelligent, plus en accord avec le consommateur ». Ah bon ? Vous parlez des publicités vidéos de canalplus.fr qui vous empêchent d’aller sur un autre onglet ou une autre appli pendant la pub ? Parce que là, plus anti-consommateur tu meurs ! Pour info, allez voir ce que fait Thrillist, un cas d’école webmédia qui s’affranchit de la pub « classique » (bannières et vidéos que les internautes vomissent par les yeux tellement ils sont exposés) et qui gagne plein de pognon grâce à un nouveau modèle intelligemment pensé et entièrement adapté au Web, contrairement aux vieilles recettes mass médias qu’on essaye de nous refourguer sur le Web. Au lieu de vous acharner sur l’illégalité potentielle d’AdBlock demandez-vous donc pourquoi autant d’internautes y ont recours…

    1. Tu aurais pu dire aussi « Au lieu de vous acharner sur l’illégalité potentielle des sites de téléchargement illégaux
      demandez-vous donc pourquoi autant d’internautes y ont recours… » Tu m’as bien fait rire. Merci !

      1. De rien GuillaumeH. Même si ce n’était pas le but de mon propos, je prends volontiers le compliment. Avant de poursuivre, je préfère préciser que je ne prêche pour aucune paroisse. Je ne défends ni les Adblockers mafieux, ni les éditeurs de sites incapables de se remettre en question, ni les sites de téléchargements illégaux sans scrupules, ni les industries du film/disques qui n’ont pas su évoluer suffisamment tôt. Je ne suis pas un anti-pub sur le Web, au contraire, je crois que c’est le média le plus puissant et intéressant pour n’importe quel marketeur/communicant. A condition que les particularités de ce média soient bien intégrées dans les stratégies de ces derniers. J’entends par là que le modèle mass média qu’on nous vend aujourd’hui n’est malheureusement pas adapté au Web. D’une part, parce que ce média nous permet de faire beaucoup mieux (en termes de support, de ciblage, …). D’autre part, parce que les internautes trouveront toujours un moyen d’avoir le « dernier mot » sur Internet. Et c’est bien ce que je regrette dans le débat actuel Méchant AdBlock vs. Gentils éditeurs. A aucun moment on ne pose la question sur ce qui pousse les internautes à se ruer sur AdBlock. Ils sont surexposés et n’en peuvent plus de subir la publicité outrageusement présente sur tous les sites de contenu (cf. étude Axance/NetBooster : les internautes et l’e-publicité). Pourquoi vouloir multiplier les emplacements sur n’importe quelle forme de contenu quand ceci ne provoque que ras-le-bol chez les internautes et déflation dans les revenus publicitaires ? Réfléchissons plutôt au développement de modèles de publicité plus sélectifs pour les internautes (qui peuvent être potentiellement plus attentifs) et plus lucratifs pour les éditeurs (moins d’espaces pour autant, voire plus, d’annonceurs donc inflation des prix d’achat d’espaces). Suis-je toujours aussi drôle ou arriverez-vous à être sérieux 5 minutes pour discuter ensemble ? Merci.

        1. Le problème, c’est que vous citez par exemple Thrillist. Moi, je veux bien mais ils sont américains et les modèles US ne marchent pas toujours en France (Voir l’échec cuisant de Buzzfeed France). « ce qui pousse les internautes à se ruer sur AdBlock » Non mais soyons sérieux. Les internautes, ils cherchent du gratuit et si il y a un outil qui permet de couvrir les publicités, ils courreront après. Cela veut-il dire qu’il faut se remettre en question ? je ne crois pas. « peuvent plus de subir la publicité outrageusement » C’est eux qui font le choix de la subir. Jusqu’à preuve du contraire, c’est eux qui cliquent et non les éditeurs. Un internaute dira toujours qu’il ne supporte pas la publicité comme il dira que les impôts sont trop élévés, qu’il n’a pas assez d’argent etc etc. Ce qu’il ne dira pas, c’est qu’il va sur des sites pas très nets regarder des films illégalement, télécharger des softs, regarder du x. Le point commun : Des sites blindés de publicités. A part quelques exceptions dans d’autres domaines, je suis désolé mais la plupart des sites sont « propres ». Vous avez dit aussi « Les internautes trouveront toujours un moyen d’avoir le « dernier mot » C’est vrai sauf que les médias auraient changé depuis longtemps si la mise en place de publicité faisait chuter leur taux de rebond et si en plus, ça ne cliquait pas. C’est loin d’être le cas donc je ne vois pas pourquoi ils arrêteraient. Si le marché de la publicité en ligne allait si mal que ça, on ne verrait pas des startups (Taboola par exemple) avoir le succès qu’ils ont aujourd’hui…

          1. Il y a des forces introduites avec l’utilisation d’internet qui modifient complètement le rapport de force producteur/consommateur. C’est le concept de la Longue traîne, traité en long en large et en travers par Chris Anderson : http://fr.wikipedia.org/wiki/Longue_tra%C3%AEne.

            Le contenu à accès payant ? Désolé, je n’y crois pas.
            Aujourd’hui, plus besoin de grands groupes de presse, on peut avoir accès à de l’information tout aussi pertinente avec une multitudes de bloggueurs spécialisés dans leur domaine.
            Et oui désolé, ces grands groupes de média sont voués au mieux à se morceller , au pire à disparaître (il n’y a qu’à regarder l’état d’agonie dans laquelle se trouve la presse française papier aujourd’hui).

            Toutes ces start-ups qui font naître de nouveaux algos autour de la publicité en ligne, ce n’est qu’une fuite en avant de la technologie pour tenter d’endiguer un phénomène inéluctable. Tout ça pourquoi au final, me pister toute la journée ? Beurk, non merci, j’en veux pas ( et j’ai déjà un smartphone).

            Mais bon, restez sur le Titanic les gars, vous ne risquez rien je vous dis…

          2. « ces grands groupes de média sont voués au mieux à se morceller » Analyse non pragmatique et donc désolé de vous le dire mais à prendre avec des pincettes ;)

          3. Je n’ai jamais dit que le marché de la e-publicité se portait mal, bien au contraire. Mon propos est le suivant depuis le départ : la e-publicité, telle qu’elle est matérialisée dans sa grande majorité aujourd’hui, n’est pas adaptée au média Internet et au comportement de ses utilisateurs. AdBlock et cie nous en fournissent la meilleure preuve. Cela ne veut pas dire non plus qu’il n’existera jamais de modèle adapté et efficace pour communiquer auprès des internautes.

            Je vous pose donc cette question : préférez-vous partir en guerre contre AdBlock et consorts, et donc indirectement contre les internautes, pour imposer la publicité coûte que coûte, ou réfléchir à un nouveau business model inspiré des formidables possibilités permises par les technologies du Web ? Modèle qui ne serait pas forcément calé sur Thrillist qui fonctionne aux US, nous sommes d’accord. Je citais cet exemple simplement pour dire que certains ont essayé d’innover et que ça a marché. Donc pourquoi pas nous ? L’idée est bien de trouver une formule adaptée à notre marché et ses spécificités.

            Après on peut toujours se dire qu’AdBlock explose parce que les internautes sont tous des espèces de connards en puissance qui ne veulent qu’une chose : emmerder le système ! Pardon d’être vulgaire, mais votre vision me semble tellement caricaturale que c’est ainsi que je la résumerai.

            Pouvez-vous donc développer vos idées et opinions sur la question posée plutôt que de chercher à me contredire méthodiquement point par point. Sinon, le débat n’avancera pas…

          4. Certains médias essayent de changer. Il y a hitek par exemple qui propose des box tous les mois avec des gadgets qu’ils font payer via un abonnement, il me semble. Ils font ça depuis quelques mois mais ils ne peuvent pas se passer de la publicité en ligne et puis c’est quand même du e-commerce donc un boulot qui n’a plus rien à avoir avec celui d’un média. Pourquoi innover ? c’est ça la grande question. Dans les commentaires, on peut lire qu’il faut changer de modèles et patati patata ! mais la publicité est partout. Elle est dans nos rues, à la TV, dans les journaux depuis des années. Pourquoi faut-il absolument que ce soit différent sur internet ? Je suis d’accord sur le fait que mes propos peuvent paraitre caricaturaux mais en même temps, il y a une part de vérité dans ce que je dis. Les internautes chercheront toujours du gratuit et pour pouvoir accéder à du contenu gratuit, il n’y a pas 36 000 modèles, c’est et ça restera la publicité. On ne va pas se mentir, 3/4 des publicités affichées sur des sites internet sont mis en place via Google Ad Sense. C’est donc Google qui a quasiment un monopole sur l’e-publicité. Jusqu’à preuve du contraire, Google n’est pas connu pour faire du surplace et pourtant, il propose toujours des annonces standards aux webmasters. Si ils le font, c’est que c’est efficace pour les annonceurs, les éditeurs mais aussi les consommateurs. Si un truc marchait beaucoup mieux, il passerait à autre chose…

          5. Parce que le Web (et pas Internet svp) n’est pas un support traditionnel de la publicité et que son fonctionnement, ses codes, sont très différents. Comparer de la pub radio à des « bannières » au fonctionnement complexe (RTB, DSP, Ad Exchange, DMP, est-ce que cela vous dit quelque chose ?) me semble fallacieux.

            Vous parlez de Google, mais cette société qui repose exclusivement sur les revenus d’AdWords et AdSens a justement un *gros* problème : son business est fatalement voué à disparaître. Et toute leur R&D est concentrée sur le besoin de trouver la prochaine source de croissance et de CA du groupe.

            A contrario, des sociétés comme Secret Media font exactement l’inverse : elles ne font qu’accentuer les dissensions entre l’audience et les annonceurs (les marques) qui sont les premiers à en souffrir au lieu de leur proposer une alternative. Se dire qu’il faut un anti-AdBlock afin de pérenniser le marché de la pub est un non-sens : il faut au contraire en revoir les fondamentaux justement parce que sur le Web c’est 1) possible et 2) différent (relation directe avec l’internaute, ciblage volontaire, etc.).

          6. Nuancez vos propos ! « son business est fatalement voué à disparaître » c’est une interpretation personnelle.

          7. Non, je ne pense pas et c’est même une évidence pour beaucoup : quand une entreprise repose à 99% sur un seul produit, elle est gravement en danger. Google ne souhaite pas devenir un Yahoo! à qui il a pris la place de leader de la pub sur le Web. Leur trésorerie doit leur permettre d’effectuer cette transition, quitte à terme à se scinder en plusieurs entités et éviter les sanctions pour abus de position dominante ou trust.

            Relisez les différentes déclarations des fondateurs de Google, étudiez les produits qu’ils développement. Ils n’ont plus rien à voir avec la vache à lait AdWords mais visent des marchés beaucoup plus pérennes : les OS embarqués, l’automobile, la santé, etc. La pub n’est qu’un pis-aller.

  8. Bien sûr il faut que les éditeurs puissent gagner de l’argent, mais forcer l’affichage coute que coute de publicités à ceux qui ont fait une action explicite pour ne pas en avoir, ne me semble pas une solution. Quelle serait la performance de la publicité sur ce type de public?

    1. En pratique, les taux de clic, l’engagement et la visibilité sont meilleurs. Simplement car nous travaillons uniquement avec des éditeurs premiums et que les marques qui paient des emplacements premiums le font pour diffuser des campagnes de qualité avec une stratégie travaillée.
      Je pense que pas loin de 90% des impressions publicitaires ne crées aucune valeur: pas vues, ignorées, mal ciblées (timing, contexte, profil). En revanche, supprimer tt les pubs n’est pas une solution au problème de fonds, ce serait comme refuser de payer ses impôts sous pretexte qu’une partie de l’argent public est mal employé :)

      1. Souhaitez vous répondre à la question que vous utilisez votre statut sur ce site pour écrire un article à charge contre l’un de vos concurrents ? Et que de ce fait, ce n’est plus un article mais une publicité déguisée… Peut-être est-ce votre vision de l’avenir de la pub sur internet ?

        1. Je ne vois pas en quoi AdBlock Plus est un concurrent. Une question simple: y a t il une affirmation dans ce texte que vous contestez ?

      2. Oui ca ce tient sur le principe. On peut supposer que la publicité sur les sites premium est a priori de meilleure qualité. Quoique… Sur ces fameux sites premium, je suis souvent victime de publicités complètement inintéressantes. Et malheureusement de grands sites médias font dans le sapin de noël côté pub. Donc en théorie, oui, en pratique c’est pas toujours vrai.

    1. La publicité c’est un annonceur, une agence de com, une agence media, une régie, un éditeur (ca c’est la version simple). Autant dire que le sujet est plus complexe. et surtout l’éditeur est celui qui se prend la vague.

      1. Dans le fond je suis d’accord. J’ai une vision simpliste. Mais je crois que c’est le cas de la plupart des internautes : ils ne se soucient pas de savoir qui va souffrir de l’utilisation en masse d’ad blockers, et ils ne sont pas (encore)/plus prêts à se résigner à utiliser leur navigateur web en mode « dégradé » ( – avec pub).

        D’où l’urgence pour les éditeurs de se réinventer, pour ne pas commettre les mêmes erreurs que les majors de l’industrie du disque avant eux !

        1. nous sommes d’accord la réaction de nombreux internautes est légitime, maintenant il faut que les annonceurs revoient leurs copies. Hors avant que l’impact se fasse sentir à leur niveau, de l’eau aura coulé sur les ponts, hors la propagation des adblocker est ultra rapide. L’impact pour les medias financés par la pub est violent d’autant que les modeles des éditeurs sont fragiles.

        2. La pub « non intrusive » n’existe pas: si un annonceur paie, c’est pour obtenir de la visibilité.

          La seule alternative au financement par la pub, c’est le financement par les utilisateurs. Le problème de ce modèle, c’est qu’il écarte la grande majorité des 3 millards de personnes qui ont aujourd’hui accès à Internet. Et je ne parle même pas du consentement à payer de ceux qui en ont les moyens :)
          Le véritable enjeu est là: veut on un internet ouvert à tous « grâce » à la pub, ou réservé à une élite.

          1. Pensez vous *honnêtement* que les utilisateurs exclus dans le système du financement par les utilisateurs sont les mêmes que ceux qui permettent un financement par la pub, à savoir ceux qui cliquent et convertissent ?

            Pour ma part je suis prêt à payer 10€ par mois en plus pour un accès à Internet et que ces 10€ soient reversés selon le temps / la valeur que j’accorde aux sites que je visite, si ça me permet de ne plus avoir aucune pub.
            En attendant des systèmes plus intelligents: Adblock (et pas Adblock Plus).

          2. @Barth 10e par mois ne couvrent pas les couts de production d’une rédaction comme la notre, encore moins s’il s’agit de répartir cette somme entre plusieurs éditeurs. D’ailleurs ce n’est pas le modele que proposent la plupart des medias, les usages ont changé, et nous nous sommes tous adaptés à cette donne en proposant la gratuité d’accès. Au delà des antipubs, les excès publicitaires conduisent à un raz le bol des internautes qui est aujourd’hui légitime. Le succès des adblockers est la sanction. Elle pénalise à court terme les éditeurs qui ne sont qu’un maillon de la chaine, et finalement celui qui interesse les internautes. Il est nécessaire que les annonceurs, les agences de com, les agences d’achat d’espaces prennent en compte cette donne. Bien entendu que beaucoup construisent des modeles où les revenus display pèsent moins dans leur chiffre d’affaires. le risque avec les adblock est de paupériser l’offre éditoriale. Aujourd’hui sans ces revenus, nous n’aurions pas pu produire un documentaire comme We Love Entrepreneurs, dont la gratuité de l’accès a été offerte.

  9. Le moins que l’on puisse dire c’est que vous n’avez pas peur des exagérations…

    « la violation de la propriété intellectuelle par les AdBlockers »: sérieusement ?

    « peut-on considérer qu’il s’agit d’une dégradation de l’oeuvre originale »: que la pub puisse aider a financer certains contenus, d’accord, mais pour pour affirmer que la pub ferai partie d’une oeuvre, il faut être assez gonflé

    « AdBlock ôte la publicité pour l’internaute et le prive aussi du choix de s’informer sur son acte »: installer un adblocker est un acte volontaire, contrairement à des sites comme facebook qui filtrent le contenu sans la connaissance de l’internaute et dans la plus grande opacité. Qui manipule qui ? Que adblock ne soit pas très net dans son approche, peut être, mais les publicitaires seraient de bonnes âmes injustement privées du droit de nous informer ?

    « certainement pas un service rendu à la liberté d’expression » sans blague ?

    « les sites de “torrents” ayant au moins le mérite de prévenir leurs utilisateurs du caractère illégal de leurs actions. » Les torrents diffusent tout type de contenus, certains illégaux, mais aussi beaucoup parfaitement légaux (œuvres du domaine public, contenus sous creative commons et autres logiciels libres volumineux). Merci d’éviter de telles simplifications, ce n’est pas très malin.

    Votre publi-communiqué convaincra peut etre certaines marques, mais ne semble pas convaincre les lecteurs qui ont pris le temps de commenter.

    Votre modèle économique consistant à combattre adblock, marchera peut etre un temps, mais ce n’est que partie remise. A l’avenir il sera de plus en plus dur aux marques d’imposer leur message aux internautes. Si elles ne changent pas leur approche pour travailler avec les internautes plutôt que contre eux, ce n’est pas court circuiter adblock qui suffira à rendre leur message interessant.

    Comme disent les anglo saxons « stop being important, start being interesting »

  10. Montagnon n’en est pas à son 1er coup d’essai de propagandiste sur Frenchweb. Pour ma part, je ne comprends pas pourquoi un internaute serait obligé de voir les publicités qu’il ne veut pas voir. A quand l’obligation de regarder les pub du métro pour monter dans le train ?

    Il y en a un peu marre des fabricants de chandelles : http://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9tition_des_fabricants_de_chandelles

    Frédéric Montagnon lisez cette page, vous comprendrez pourquoi votre combat est perdu. Quand les conservateurs commencent à envahir le web…

    1. Si la publicité affichée sur le site est « propre » (ne bloque pas la navigation) en quoi elle « force » l’internaute a être regardée ? Rien ne force une personne à regarder les pubs dans le métro, rien ne force l’internaute à diriger son regard vers les pubs. Et puis oui, comme le dit Mamscarlett, l’exemple du Métro est probablement bien mauvais, celui-ci étant payant.

  11. Le modèle gratuit par la pub n’existe pas, c’est une arnaque.

    Les gens oublient qu’ils payent chaque pub qu’ils regardent. Si ce n’est pas toutes, chacun paye celles des autres car elle est facturée dans chacun de nos achats.

    En plus d’être une violation abominable, abrutissante, INUTILE, etc de notre tranquilité sur Internet, on remercie les gens qui collent ces pubs en leur offrant de l’argent comme si on avait payé pour aller au cinéma.

    1. Le problème c’est qu’à défaut de tout comprendre et d’avoir leurs avis, les gens défendent les idées d’autrui, car payés par la pub autour des articles, les bloggueurs vous disent qu’Ad Block est dangereux et méchant avec chacun d’entre nous.

      Foutaises. Peuple : Defendez vos idées, pas celles des autres.

  12. Complètement bullshit cet article et pas un pet objectif sachant que Mr Montagnon espère gagner de l’argent avec un outil pour contrer AdBlock.

    Parler du blocage de la publicité comme de la dénaturation d’une oeuvre… quelle inculture !

    1. Pardon mais en droit, ça se défend. Peut-être aviez vous tellement hâte de commenter que vous n’avez pas eu le temps de vous renseigner. Quel dommage !

  13. Les gens ne veulent pas de pubs ? Ok très bien. Ils acceptent de payer alors. Et puis si ils veulent rien de tout ça, ils retournent à l’époque du Minitel et des pages jaunes. Les défenseurs d’Adblock me font penser à ceux qui soutiennent les sites warez. Ils trouvent ça génial et normal le vol. Triste époque !

      1. Ne caricaturez pas, je n’ai jamais dit ça mais attendez, vous trouvez honteux de gagner de l’argent en travaillant vous ? Le modèle gratuit ne se paye que par la publicité. C’est comme ça…

        1. Il suffit d’utiliser Adblock Edge, Open Source, gratuit et sans publicité.. Comme quoi, tout ne tourne pas autour de la pub

  14. Goyave LAB est une JEI appuyée par la région pour lutter contre adblock et permettre la remise en place de publicités, certains modèles economiques en dépendent. A titre d’exemple, une télé sans publicité reviendrait à n’avoir que des chaines payantes ou en payperview, on ne peut imaginer avoir de plus en plus de sites de service et d’actualité payants. A l’inverse de secret media spécialisé dans la vidéo, notre société est spécialisée dans le display (bannière et landing page). Contactez nous pour toutes informations : contact@goyavelab.com

  15. il y a un vrai débat à mener, trop de personnes confondent la publicité d’un site accessible gratuitement avec une publicité dans leur boite aux lettres, un « stop la pub » sur votre porte d’entrée ne fragilise pas l’économie de votre appartement, si demain on vous disait que vos pubs par courrier payent votre loyer, votre « stop la pub » prendrait un sens très différent. Il faut mener un changement des comportements des 2 cotés, l’abus d’annonceur proposant des vidéos obligatoires de 60 secondes pour lire un article en 10 seconde a engendrer la réaction adblock, les popup et autres pollutions visuelles ont entraîné cela, il faut être capable de revenir à un format plus performant, moins polluant, tout en assurant la visibilité des annonceurs. A la télévision, nous avons des publicités toutes les heures et non toutes les 15mn comme aux usa, donc des choix marketing raisonnables peuvent tout de meme etre fait, à cumuler avec des solutions antiadblock pour les mettre en place.

  16. Sérieusement ?

    Du publi-rédactionnel ? L’auteur est indiqué en bas mais en haut c’est « les experts », ce qui est encore pire.

    Avec un joli FUD sur la légalité sur le particulier d’utiliser une solution (on ne dit surtout pas que c’est illégal, mais on distille le doute et les sous-entendus, sans argumentation), et un autre sur l’aspect vie privée (adblock y serait illégitime parce que la liste en question n’est pas activée par défaut, mais pas ghostery, qui lui non plus n’est pas activé par défaut dans les navigateurs)

    Le tout par quelqu’un qui a a pur intérêt business dans l’affaire, dont c’est même le coeur d’activité.

    C’est sacrément dommage tout ça parce qu’il y a largement de quoi discuter d’Adblock Plus et du fait qu’il fait payer les sites pour les mettre sur liste blanche (en voilà un vrai argument). Maintenant c’est certain que si l’effet est de faire migrer les gens vers une alternative comme ublock, ça n’aide pas le business de l’auteur

    Pas glorieux ce billet, ni pour son auteur, ni pour Frenchweb

  17. Je pense que deux visions radicalement différentes du Web s’opposent à travers le débat maintenant récurrent des adblockers qui condamnent à terme les sites de contenu en accès libre en bloquant systématiquement la publicité qui les fait vivre.

    Les sites qui proposent « gratuitement » du contenu financé par de la « publicité » qui n’en est plus vraiment (je m’expliquerai) ne sont qu’une toute petite partie d’un tout qui s’appelle World Wide Web.

    Ce Web répond à des standards définis de longue date et reposent sur le principe d’un serveur qui délivre du contenu à la demande d’un client.

    Au milieu des années 90, lorsque la connexion au Web se faisait avec des modems 2.400 kbps, il n’était pas rare de couper le téléchargement des images afin de gagner en vitesse de chargement d’une page.

    Autrement dit, le client est maître du traitement de ce qu’il reçoit d’un serveur : il peut en faire ce que bon lui semble, comme arrêter le chargement, exclure l’exécution de scripts, bloquer des images ou des contenus gérés via des plugins, etc. C’est l’essence même du Web contrairement à la TV, la radio, la presse écrite.

    Certains sites proposent donc du contenu en partie ou totalement financé par de la publicité. Cette publicité fait vivre ces sites et permettent d’avoir accès à des contenus éditoriaux, de la musique, des vidéos, etc.

    Cette publicité est à bien des égards différentes de celle que l’on subit qui dans le métro, qui à la télévision ou à la radio pour reprendre l’exemple utilisé dans ce débat.

    La radio émet un message publicitaire de manière totalement linéaire qui vient interrompre l’écoute d’une émission. Elle ne connaît rien de son auditeur ni s’est capable de s’adapter automatiquement à l’audience, en dehors de la thématique de la station radio ou du programme diffusé. La publicité ne vous suivra pas sur d’autres fréquences radios ni ne cherchera à vous envoyer un e-mail en croisant plusieurs bases de données radiophoniques.

    L’écoute d’un titre ne sera pas brutalement interrompue par un message publicitaire ou couvert par une publicité et encore moins conditionné par l’écoute d’un spot.

    La publicité à la radio ne se mélangera pas aux paroles de la chanson du moment. Elle ne changera pas non plus de station à votre insu. Vous n’aurez pas non plus à remplir des questionnaires révélant vos données personnelles afin d’avoir accès à la fréquence de votre choix.

    Aucun cookie ne sera installé dans votre poste radio et celui-ci ne pourra pas être pisté grâce à des techniques de fingerprinting qui rendent caduc toutes les initiatives du type « Do Not Track ».

    A force de détourner les principes fondamentaux du Web et d’en abuser, les régies publicitaires et leurs clients se sont mis à dos des millions d’internautes.

    Il est donc temps de leur répondre non pas par la menace d’hypothétiques sanctions pénales mais en réfléchissant à de nouvelles formes de publicités dans le respect total de la nétiquette, des standards et de la vie privée des internautes.

  18. Bonjour,

    Je trouve que les commentaires résument tout le débat : d’un coté ceux qui trempent dans le business de la publicité en ligne et de l’autre les internautes utilisateurs. A part piquer le pognon des annonceurs et faire son beurre sur un modèle qui commence à être vraiment usé (c’est pas les articles sur la fin du display qui manquent pourtant…), c’est à se demander si les marketeux sont vraiment internautes !!! Le seul truc que ça m’aura appris de passer par ces métiers, c’est de savoir comment me protéger efficacement de toutes ces m* de pubs (spam/display/retargeting/et autres bouses). Y’a encore de l’argent à prendre chez les annonceurs, et tant que ce sera le cas toutes ces techniques de publicité obsolètes ne sont pas prêtes de s’arrêter (hélas) car c’est plus facile de pratiquer la politique de la terre brulée plutôt que de prendre des risques à innover vraiment avec une vraie stratégie digitale (de contenus notamment)… Plutôt que de forcer les bloqueurs des bloqueurs (…) des bloqueurs de pubs, on pourrait réfléchir à un modèle qui plait à tout le monde ? Je suis sûr qu’on pourrait y arriver !! A bon entendeur,

  19. Les développeurs d’Adblock gagnent de l’argent avec ? Tant mieux, ils pourront continuer à le rendre meilleur et à éliminer toutes ces pubs intrusives.

  20. Rappelons que ce blog est fièrement propulsé par wordpress, logiciel libre et gratuit. Et là, l’auteur ne se presse pas pour contribuer…

  21. « AdBlock ôte la publicité pour l’internaute et le prive aussi du choix de s’informer sur son acte »

    Heu, les gens qui font la démarche d’installer AddBlock le font JUSTEMENT parce qu’ils savent que ce logiciel bloque la pub. C’est une démarche VOLONTAIRE, sa liberté est respectée. Si masquer des publicités intrusives est illégal, c’est que le monde va beaucoup, beaucoup plus mal que je ne l’envisageais. Nous sommes en permanence exposé a des publicités, et en masse. Nous sommes noyée dessous. La seule chose que je trouve scandaleuse, c’est qu’on ne propose pas un Addblock « de base » avec le téléchargement d’un navigateur, avec possibilité de l’activer ou désactiver au moment du premier lancement du navigateur ! Voilà jusqu’où il faut aller ! Je sais bien que de nombreux site vivent et tournent grâce aux publicités, mais il est temps de changer ce système.

  22. Adblock plus n’exerce aucune activité illégal, quand je demande une page web sur internet via mon navigateur, le serveur me l’envoie sous forme d’octets via le réseau. Une fois la page reçu mon navigateur l’affiche, libre à lui d’afficher ce qu’il veut, je pourrai même ouvrir la console (Ctrl+Shift+K sous firefox) pour retirer les éléments qui ne me plaisent pas sur la page. Si un plugin le fait à ma place, c’est le même principe.

    Le serveur délivre une page, il n’y a pas de raison législatives qui m’oblige à regarder cette page dans son intégralité.

  23. Dans un monde idéal tout serait vraiment gratuit, on sait toute que rien ne l’’est gratuit
    réellement, mais la e-pub peut et pourra trouver son salut uniquement par la qualité, et non de manière intrusive. Vous pouvez inventer un logiciel ou coder le contenu pour faire passer la pub mais s’ils sont moches et polluent visuellement, les internautes refuseront le contenu et la e-pub. Actuellement, l’internaute prendre quelques secondes pour savoir s’il reste le site ou pas. Aujourd’hui la e-pub se retrouve devant un choix, soit d’aller contre l’internaute, soit d’améliorer la qualité des e-pub. Il faut dire qu’Adblockplus
    n’est pas le problème mais plus le symptôme du problème. Il y a un article ce
    paradoxe , »http://blog.economie-numerique.net/2015/11/05/la-e-pub-et-les-applications-de-blocage-de-pub-en-ligne », c’est un article très instructif. comment faire vivre les acteeurs de l’internet sans trop pénaliser les internautes.

  24. chaque PC que j’assemble ou répare se retrouve par défaut avec Adblock Edge et Firefox. et les utilisateurs adorent.

    une petite fiotte m’a fait la remarque qu’il n:y avait plus de pubs sur les ordis de sa boite, genre c’est pas bien, et OpenOffice fait de la concurrence déloyale.
    je lui ai expliqué les risques de la pub, devant le boss, de ce qu’est un spyware et ce que font les tracking cookies, et pourquoi ca devrait être interdit dans une boite, même sur le PC de la compta de surfer avec internet explorer ou pire, Windows 10 qui intègre un logiciel espion.

    Donc oui, je vous encule, et j’aime ça.

  25. ok bloquons mais avec modération. Mais certains pubs sont trop agressives, popup qui ne se ferment pas, fausses annonces de virus. Pubs non ciblées. Pour le reste c’est supportable…

  26. Sur le site de New York Times, une publicité pour leur abonnement numérique s’affiche par-dessus l’article, et il faut cliquer sur un bouton « close » pour pouvoir commencer à lire, et cela à chaque fois qu’on va sur ce site.

  27. personnellement, j’ai ce que l’on pourrait appeler un usage « modéré » d’adblock, c’est à dire que sur tout site que je considère digne d’intérêt ou que je visite régulièrement, je désactive adblock.
    Mais malgré tout je dois avouer la limite de ma méthode : je visite souvent certains sites digne d’intérêt mais utilisant des publicités composant 30% de la page.
    Celles qui ont la mauvaise habitude de comporter des scripts ouvrant des fenêtres pop-up les 2 à 3 premiers clics à chaque chargement d’une page ou toutes les 5 minutes.
    Pour ceux-ci, je me vois forcer d’utiliser adblock car la moindre action sur le site peut ouvrir de VERITABLES publicités intrusives qui, elles, sont bien bloquées par adblock !
    En tout cas, on peut considérer que cette surcharge de publicité sont une réaction naturelle à l’utilisation d’adblock, en effet, quand peu de personnes regardent les publicités, pour atteindre un revenu correct, on doit en rajouter.
    Certains sites sont malins et insèrent des publicités sous forme de vidéos dailymotion qui ne sont pas blocables par adblock.

    P.S. : Je remarque que sur ce site 115 publicités ont été bloquées par adblock pendant que j’écrivais ce pavé, c’est un record personnel ! Je n’avais jamais dépassé les 50

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