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Après JD.com en Chine, Walmart s’appuie sur Rakuten au Japon pour monter en puissance en Asie

2018 aura définitivement marqué un virage international dans la stratégie de Walmart. Bien décidé à freiner la domination croissante d’Amazon dans le monde entier, le géant américain de la distribution multiplie les opérations pour tisser sa toile à l’international. La dernière en date se situe du côté du Japon, où Walmart a ouvert sa première boutique en ligne, fruit de sa collaboration avec le géant nippon Rakuten.

Baptisée «Walmart Rakuten Ichiba Store», elle est accessible sur Rakuten Ichiba, la plus grande marketplace au Japon. Sur cet espace en ligne, les Japonais peuvent acheter 1 200 produits de marques américaines, notamment des vêtements et des jouets pour les enfants. Walmart prendra en charge les commandes aux États-Unis avant d’être expédiées par avion sur l’archipel nippon où Rakuten assurera les livraisons. Une logistique conséquente à mettre en place pour Walmart mais qui doit permettre à la firme américaine de s’approprier une part du marché japonais du commerce en ligne, estimé à 148 milliards de dollars par an et sur lequel Walmart s’attaque directement à Amazon.

En début d’année, Walmart et Rakuten avaient annoncé leur rapprochement. Dans le cadre de cette alliance, un service d’épicerie en ligne, baptisé «Rakuten Seiyu Netsuper», a été lancé en octobre au Japon via la chaîne de supermarchés Seiyu GK, contrôlée par Walmart, afin de contrer Amazon Prime Now, lancé à Tokyo l’an passé. Dans le même temps, Walmart s’est appuyé sur Kobo, société canadienne détenue par Rakuten, pour vendre des liseuses ainsi que des livres électroniques et audio du géant japonais aux États-Unis, une manière de concurrencer frontalement la liseuse Kindle d’Amazon. 

Walmart veut devenir un e-commerçant au rayonnement mondial pour contrer Amazon 

Ce partenariat renforcé s’inscrit dans la stratégie de Walmart pour décupler sa force de frappe dans le commerce en ligne. En difficulté avec ses supermarchés, le géant américain, qui subi de plein fouet la concurrence du mastodonte Amazon, multiplie les opérations aux États-Unis et dans le reste du monde pour devenir un e-commerçant compétitif à l’échelle mondiale. Pour faire de cette ambition une réalité, Walmart s’est distingué ces derniers mois en rachetant le numéro un indien du commerce en ligne pour 16 milliards de dollars ainsi qu’en s’alliant au Chinois JD.com pour injecter 500 millions de dollars dans l’épicerie en ligne Dada-JD Daojia, fruit d’une fusion entre JD Daojia, une plateforme de JD.com permettant de faire ses courses en ligne, et Dada, un service qui fait appel à des coursiers indépendants pour effectuer les livraisons. En septembre, le géant américain a également déboursé 225 millions de dollars pour s’offrir la start-up californienne Cornershop, qui développe un service de livraison à la demande au Mexique et au Chili, pour accélérer en Amérique latine.

Dans le même temps, Amazon a cependant continué à gagner du terrain à l’international, notamment en lançant son service de livraison de produits d’épicerie à Londres, Berlin ou encore Tokyo. Pour rappel, le géant américain a mis la main en 2017 sur la chaîne de supermarchés bio Whole Foods Market pour 13,7 milliards de dollars, soit la plus grosse acquisition de l’histoire d’Amazon. L’an passé, la firme de Jeff Bezos s’est également emparée de Souq.com pour s’attaquer au Moyen-Orient. La firme de Jeff Bezos n’entend pas ralentir la cadence dans les prochaines années puisqu’elle prévoit d’ouvrir jusqu’à 3 000 magasins sans caisse Amazon Go d’ici 2021. Le premier du genre en dehors des États-Unis devrait prochainement ouvrir ses portes à Londres.

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Maxence Fabrion

Journaliste chez FW - DECODE MEDIA Pour contacter la rédaction : redaction.frenchweb@decode.media

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